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Comment les “constructifs” sont déjà en train de préparer la déconstruction (peu probable) de la droite
©BERTRAND GUAY / AFP

Bataille à venir

Comment les “constructifs” sont déjà en train de préparer la déconstruction (peu probable) de la droite

Dans une interview accordée à RTL, Dominique Bussereau, proche d'Alain Juppé, s'est inquiété de la capacité de Laurent Wauquiez, favori pour les prochaines du parti, à unifier les Républicains.

Tristan Quinault-Maupoil

Tristan Quinault-Maupoil

Tristan Quinault-Maupoil est journaliste politique au Figaro.fr. 

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Atlantico : Alors que les militants républicains désigneront leurs prochain dirigeant en décembre, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, vise la présidence du parti en s'appuyant notamment sur le cœur des militants. Dans une interview donnée à RTL, Dominique Bussereau, proche d'Alain Juppé, s'est inquiété de sa capacité à unifier les Républicains. Dans quelle mesure Laurent Wauquiez peut-il parvenir à obtenir cette unité du parti, indispensable pour une victoire présidentielle ?

Tristan Quinault : Il est vrai que Laurent Wauquiez a principalement envoyé des signaux à l’aile droite du parti, et ce dès la deuxième partie du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Depuis il multiplie les déclarations que certains qualifient de droitières. Au point que des figures du Front national ou de Debout la France le félicitent tandis que les centristes s’en offusquent. Si Laurent Wauquiez est élu et s’il veut garder une unité dans le parti, il devra adresser des signaux aux plus modérés… Cela pourrait prendre la forme d’une nomination d’un numéro deux du parti qui soit d’une sensibilité moins droitière que la sienne. Il peut aussi compter sur la chute de popularité d’Emmanuel Macron et les couacs au sein de la majorité qui rendent les « Constructifs » moins attractifs. 

En cas de défaite probable des autres courants de la droite au cours du prochain scrutin, quels sont les mouvements qui pourraient tirer intérêt à une scission du parti ? Quels sont les risques de voir cette scission se réaliser, à quelles conditions ?

Les Constructifs préparent déjà le terrain. Ils feront leur rentrée début septembre à Trouville. Surtout, le Premier ministre Edouard Philippe, le député Franck Riester et d’autres parlementaires préparent la construction d’un parti digne de ce nom. Pour l’heure les Constructifs se résument à un groupe à l’Assemblée nationale et « une amicale » au Sénat. Ils ont prévu d’accélérer. Ils parient sur la victoire de Laurent Wauquiez, les exclusions d’Edouard Philippe, Thierry Solère et Franck Riester des Républicains (une procédure est en cours). De quoi provoquer l’exode des juppéistes, lemairistes et autres centristes. Le but est que le parti soit fin prêt pour la fin de l’année, date du Congrès des Républicains, pour que ces « modérés » se tournent en toute confiance vers ce nouveau mouvement.

Quels sont les alliés "objectifs" de Laurent Wauquiez dans cette recherche d'unité ? Quels sont ses adversaires politiques actuels qui n'auraient intérêt à voir la droite se fissurer ?

Valérie Pécresse ou encore Xavier Bertrand ont préféré ne pas candidater à la présidence des Républicains. Ce qui ne les empêchent pas d’être sévères avec Laurent Wauquiez. Néanmoins, leur départ des Républicains n’est pas à l’ordre du jour. Ils préfèrent structurer leur propre micro-parti ou leur mouvement interne aux Républicains. En somme : avoir un pied en dehors du parti pour rassembler plus largement, mais avec l’autre pied à l’intérieur de LR pour ne pas se couper totalement de ce socle très important de militants qui se mobilise facilement lors des élections. De fait, c’est une stratégie qui servira Laurent Wauquiez. Car les Constructifs ne pourront pas revendiquer l’adhésion de ces figures connues et LR gardera une ère d’influence plus large que de son cœur droitier.

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