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Comment le mythe du leader alpha détruit ses relations (personnelles comme professionnelles)
©flickr/dalliedee

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Comment le mythe du leader alpha détruit ses relations (personnelles comme professionnelles)

Le leader lorsqu'il décide d'agir comme un alpha peut s'avérer destructeur tant au niveau professionnel que personnel. Etre en position de décideur constamment est particulièrement négatif dans notre vie.

Didier J. Durandy

Didier J. Durandy

Après un début de carrière à la Citibank de New York, puis dans le groupe Société Générale à Londres, Didier J. Durandy a créé le cabinet Grant Alexander à Londres, puis Paris, avant de se consacrer à la recherche, à la formation et au consulting en techniques de décision dans 18 pays pour le compte de plus de 150 entreprises. Il est l'auteur de deux ouvrages aux éditions Eyrolles : L'audace de réussir et Décider pour gagner. Plus d'informations sur www.deciderpourgagner.com

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Atlantico : Certains leaders dans le monde de l’entreprise et en général ont tendance à vouloir tout contrôler de façon excessive ce qui peut devenir presque destructeur. Pourquoi certaines personnes agissent de la sorte ?

Didier Durandy Lorsqu’un patron est le mandataire juridique de son entreprise il a tendance à vouloir tout faire parce qu’il est littéralement en charge de tout. Si un de ses collaborateurs fait une faute quelconque il en est responsable ce qui peut le pousser à tout contrôler. C’est une raison concrète et technique de la prise de pouvoir d’un individu qui pousse à réduire les marges de manoeuvre de ses collaborateurs. Par ailleur, le leader, le patron a souvent une compétence et le fait de devoir faire confiance à d’autres concernant des domaines d’activités qu’il ne comprend pas peut être gênant. C’est difficile de déléguer, soit il doit faire confiance à autrui soit il doit prendre toutes les décisions. Dans tous les cas c’est problématique. Le leader a souvent du mal à nouer des relations de confiance concernant certaines compétences.

Certains leader aiment faire, donc se mêler de tout dans l’entreprise : c’est le micro management et c’est souvent une catastrophe. En décidant de tout il décide également de là où il veut s’impliquer ce qui est particulièrement aléatoire et nocif. Parce qu’il aime montrer qu’il est le patron il a tendance à interférer à tous les niveaux. De la même façon, l’obsession du budget de la part du patron peut être problématique. L’autorité se repose ici sur les procédures et les objectifs qui peuvent être très concrets et assez dépersonnalisés.

Il existe plusieurs types d’autorités pratiquées par le leader, la première est hiérarchique c’est souvent le cas des usines dont l’organigramme est pyramidale. Il existe aussi l’autorité par la compétence. C’est parce que le leader possède certaines compétences qu’il va vous obliger à suivre sa marche de manoeuvre. Par ailleurs, la dernière est l’autorité d’influence. Le leader va essayer de vous faire penser différemment en allant jusqu’au chantage. Le leader alpha est souvent autocrate et ne sollicite pas les compétences de ses collaborateurs.

Ce type de comportement est-il nécessairement immuable ? Un leader alpha peut-il changer ? Si oui comment ? Si non pourquoi ?  

C’est il me semble la formation et le besoin qui permettent de changer. Dans des conditions de nécessités pour la survie de son entreprise, le leader autocrate a besoin de se remettre en question. Techniquement, beaucoup de domaines sont trop complexes pour ses compétences. Il a besoin d’aide donc de conseils de ses collaborateurs.

Comment un leader devrait se construire par opposition au modèle de l’alpha ultra décideur dans tous les domaines ?

La première chose à faire, et ce n’est souvent pas facile, est de trouver des personnes compétentes pour nous aider, il faut savoir y mettre les moyens. Il faut payer des collaborateurs compétents au bon salaire pour ne pas retomber dans les travers du micro management. C’est souvent ainsi que le leader arrive à déléguer, à avoir confiance et à s’appuyer sur autrui. L’étude de la décision, le choix et la mise en oeuvre doivent être le fruit d'un travail de groupe pour l'efficacité du choix, il faut que l’étude soit bien faite donc par une consultation de l’équipe. Si les collaborateurs ne sont pas impliqués dans la décision la mise en oeuvre à de grande chance d’être ratée. Si l’équipe ne comprend pas le choix du leader ils agiront en conséquence. Il est donc aussi important que les collaborateurs arrivent à s’imposer pour peser sur le choix du leader.

Comment cela se traduit au niveau des relations personnelles de ce type de personne ?

Certains leader sont très autoritaires au sein de l’entreprise, et lorsqu’ils reviennent chez eux sont très doux au sein du foyer. Les collaborateurs ont besoin de s’affirmer pour que le patron puisse comprendre que certains de ses choix sont irrationnels. Il est primordiale que les employés expriment que les orientations du leader ne sont pas saines. Plus le leader est autoritariste moins le collaborateur participe et cette relation a besoin d’un côté ou de l’autre d’être rééquilibrée.

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