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Les conseillers de l’ancien Président tentent, grâce au débat autour de François Bayrou, de dépasser la question de la personnalité de Nicolas Sarkozy, globalement rejetée, pour imposer un débat sur la ligne politique.
Les conseillers de l’ancien Président tentent, grâce au débat autour de François Bayrou, de dépasser la question de la personnalité de Nicolas Sarkozy, globalement rejetée, pour imposer un débat sur la ligne politique.
©SEBASTIEN BOZON / AFP

Primaire de droite

Comment le camp Sarkozy compte sortir du trou d’air dans lequel est tombée la campagne de l’ancien Président

Nicolas Sarkozy devrait continuer à dénoncer l'alliance Juppé-Bayrou jusqu'à la veille du premier tour. Il espère ainsi attirer des juppéistes hésitants. Il entend surtout convaincre les électeurs que la primaire n'est pas un choix entre différentes personnalités mais entre plusieurs lignes politiques, celle d'Alain Juppé risquant d'être dénaturée par son alliance avec le maire de Pau.

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand

Christelle Bertrand, journaliste politique à Atlantico, suit la vie politique française depuis 1999 pour le quotidien France-Soir, puis pour le magazine VSD, participant à de nombreux déplacements avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Hollande, François Bayrou ou encore Ségolène Royal.

Son dernier livre, Chronique d'une revanche annoncéeraconte de quelle manière Nicolas Sarkozy prépare son retour depuis 2012 (Editions Du Moment, 2014).

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C'est un pari comme les aime Nicolas Sarkozy. Un pari risqué. Qui ne supporte ni demi-tour ni marche arrière. Un pari du genre : "ça passe ou ça casse". D’ailleurs, une partie des plus proches conseillers de l'ancien Président s'interrogent : "oui, c’est vrai, on peut se demander si les électeurs sont sensibles aux nuances de ce débat", avant de se réfugier derrière une conviction : "le public qui va venir voter à la primaire est un public plus politisé que la moyenne, plus averti".

 

Voilà pourquoi le candidat Sarkozy ne devrait pas lâcher François Bayrou avant le premier tour de la primaire. Il tient là, en effet, une arme, subtile, mais puissante. Il s'agit de démontrer aux électeurs de droite que le candidat Juppé, une fois désigné, devra sacrifier une partie de son programme pour satisfaire son allié Bayrou. Juppé/Hollande même combat, soufflent-ils, l'un a trahi l'électorat de gauche et l'autre trahira celui de droite. "Nous pouvons convaincre les électeurs si nous arrivons à faire passer l'idée qu'il ne s'agit pas d'un règlement de compte mais d'un débat profondément politique", explique un conseiller qui ajoute que "la question n’est pas Bayrou mais comment faire pour que les propositions du candidat de droite en matière de sécurité, de lutte contre le terrorisme ou la délinquance, de laïcité, soient tenues".

 

Il s'agit, avant tout, de séduire les électeurs d'Alain Juppé qui seraient encore hésitants. "On ne sent pas un enthousiasme aujourd'hui, avoue Eric Woerth, on voit que les électeurs peuvent encore changer d'avis". Mais l'ancien locataire de l’Élysée n’exclut pas, aussi, selon son ancien ministre, d'attirer à lui, des centristes : "ça n'est pas parce que quelques chef ont pris position que les électeurs les suivront. Une partie des électeurs centristes sont encartés LR, il faut qu'ils restent, je tiens à cette idée. Personne ne peut revendiquer le monopole du centre, ils peuvent être séduits pas le discours de Nicolas Sarkozy". Pas évident après l’épisode sur les Gaulois. Mais pour Eric Woerth, "c'était une jolie formule, on va continuer à l'expliquer". Sans oublier, selon un autre conseiller, "la droite, car ça reste le réservoir le plus important", et la droite de la droite.

 

Pour ce faire, les conseillers de l’ancien Président tentent, grâce au débat autour de François Bayrou, de dépasser la question de la personnalité de Nicolas Sarkozy, globalement rejetée, pour imposer un débat sur la ligne politique. Convaincus que leurs électeurs se sont droitisés, les sarkozystes poussent les feux pour les convaincre que seul Nicolas Sarkozy portera un programme idéologiquement pur, sans compromis ni compromission. Et un proche de l'ancien Président d'enfoncer le clou : "La question qui se pose aujourd’hui est : quelle est la capacité de Nicolas Sarkozy à expliquer que la primaire n'est pas un choix de tempérament mais un choix de ligne politique ?". Pour la Sarkozie, l’affaire est entendue : transparence et cohérence seront les points clés des semaines qui viennent.

 

Alors bien sûr, explique Eric Woerth : "Nicolas va revenir sur la question de l'autorité et sur ses propositions économiques de manière de plus en plus synthétique mais il va continuer à expliquer qu'un président réformateur ne peut pas avoir une majorité qui ne l'est pas. Le comment est aussi important que le quoi". Au risque d'en oublier de critiquer la gauche ? "Nous ne sommes pas en compétition contre la gauche, la gauche ne fait pas partie de cette primaire", répond du tac au tac l'ancien ministre.

 

L'entourage de l'ancien chef de l’État croit encore en ses chances car l'électorat est toujours plus à l'écoute dans la dernière ligne droite. Nicolas Sarkozy va donc mettre toutes ses forces dans cette fin de bataille. Il mise beaucoup sur le débat télévisé du 17, il tiendra aussi quatre grands meetings, un à Lyon, un autre à Bordeaux sur les terres d'Alain Juppé, pour finir par Nîmes et Nice. Quatre grandes villes, quatre fédérations importantes et surtout quatre villes symboles, Nîmes et Nice tout particulièrement pour avoir été le théâtre d'attentats terroristes dramatiques.

 

Les proches de l'ancien Président n'en sont pas moins inquiets quant à l'issue du premier tour. Les sondages, même s'ils les considèrent comme peu fiables, ne les poussent pas à l'optimisme. "Nicolas a récemment progressé car il était bas, mais plus il va monter plus la progression va être difficile, je ne vois pas de tendance de fond", explique un conseiller pour qui une défaite de Nicolas Sarkozy serait grave car la question de la ligne politique se posera alors de façon encore plus cruciale : "si le candidat de la droite à la présidentielle est tenté par des options centristes, certains électeurs, eux, pourraient se laisser tenter par un autre camp. La droite va devoir être très attentive à sa ligne politique".

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