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Au début XXe siècle, les techniques de contraception étaient encore rudimentaires.
Au début XXe siècle, les techniques de contraception étaient encore rudimentaires.
©Flickr/genue.luben

Bonnes feuilles

Comment éviter une grossesse au début du XXe siècle ? Grâce à une injection d'eau vinaigrée...

Au début du siècle dernier, les techniques de contraception étaient encore rudimentaires. Le Dr Forel dévoile la vie sexuelle de nos ancêtres, loin de la morale de son temps. Un siècle plus tard, son best-seller invite encore à poursuivre l'exploration des choses du sexe. Extrait de "La question sexuelle exposée aux adultes cultivés" (3/3).

Dr Auguste Forel

Dr Auguste Forel

Auguste Forel est né en 1848 et mort en 1931. Médecin suisse, il fut professeur de psychiatrie à l’université de Zurich. En 1921, il fait partie des fondateurs de la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle, rendue célèbre alors par ses tapageuses campagnes pour l’avortement, la contraception, l’égalité politique de la gemme, la prévention de la prostitution ou encore la stérilisation des malades mentaux, dont on sait la sombre destinée.

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Un léger effort de bon sens suffira pour faire comprendre qu’il ne peut pas être bien difficile d’accomplir le coït ni de satisfaire son appétit sexuel sans que conception s’ensuive. Il suffit simplement d’empêcher la semence de pénétrer dans la matrice. On peut y arriver de diverses façons, à l’aide de certains moyens préventifs employés soit par la femme, soit par l’homme, pendant le coït.

Moyens préventifs employés par la femme.

Aussitôt après le coït, la femme peut se faire une injection dans le vagin avec de l’eau tiède acidulée de vinaigre. C’est une pratique qu’on emploiera toujours lorsqu’un autre moyen employé par l’homme a manqué son but, ou qu’il est arrivé un accident ou une maladresse quelconque. Mais l’injection n’est qu’un préservatif tout à fait relatif et insuffisant, car les spermatozoïdes microscopiques peuvent fort bien être entrés sans attendre dans la matrice, par le museau de tanche.

On a prétendu qu’un coït accompli peu de jours seulement avant les règles n’était jamais suivi de conception. C’est inexact : les conceptions sont, il est vrai, plus rares en pareil cas, mais nullement impossibles. Quiconque se repose sur un moyen aussi incertain risque fort d’être bientôt désabusé. On s’est servi d’éponges, imbibées d’un désinfectant, et que la femme place tout au fond du vagin avant le coït. Elles sont munies d’un petit cordonnet de soie, qui permet de les retirer plus facilement. Ces éponges sont aussi fort peu sûres, car la semence s’écoule très facilement à côté et peut alors entrer malgré elles dans la matrice. En tout cas, elles doivent être suffisamment larges et avoir la forme d’un hémisphère creux. Malgré cela, ce système demeure extrêmement précaire.

Les pessaires occlusifs valent à peine mieux. Ce sont des anneaux fermés par une membrane en caoutchouc, anneaux que la femme introduit au fond du vagin et tend devant le museau de tanche avant chaque coït ou au moins après chaque menstrues. Il suffit qu’ils soient mal introduits ou se déplacent d’un côté pendant le coït pour que leur effet préservatif devienne illusoire. En outre, ils n’enlèvent pas la semence du vagin.
En un mot, tous les moyens employés par la femme sont incertains, par la simple raison qu’au fond d’une cavité étroite comme le vagin, on opère dans l’obscurité et qu’on ne peut y voir clairement le résultat de ses manipulations, puis parce que tous les moyens indiqués sont précaires par leur nature même.

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Extrait de "La question sexuelle exposée aux adultes cultivés", Editions Autrement (novembre 2012

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