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Comment booster sa créativité ? En y travaillant
©Reuters

C'est bête, hein

Comment booster sa créativité ? En y travaillant

Une série d'études de professeurs en management montre qu'un élément clé, qu'on oublie souvent, de la créativité, est tout simplement la persévérance.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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Il n'y a pas de secret. Pour obtenir quelque chose, il faut y travailler. C'est aussi vrai de la créativité. On pense souvent que la créativité est un pur don, quelque chose d'inné et de non maîtrisable. On l'a ou on l'a pas. 

Pourtant, le simple fait de persévérer augmente notre créativité. C'est ce que montre une série d'études réalisées par deux professeurs en management, Brian J. Lucas et Loran Nordgren, dont les résultats sont publiés dans la très sérieuse et prestigieuse Harvard Business Review.

Lors d'une étude, les professeurs ont demandé à des étudiants de produire des idées de plats de Thanksgiving. Après dix minutes, les examinateurs leur ont demandé de prédire combien d'idées en plus ils pensaient qu'ils pourraient trouver si ils continuaient pendant dix minutes de plus. Ensuite ils leur ont demandé de trouver autant d'idées en plus que possible pendant ces dix minutes de plus. En moyenne, les étudiants ont prédit qu'ils pourraient trouver 10 nouvelles idées. Mais en réalité, ils en ont trouvé 15 en moyenne. 

L'expérience a été reproduite avec de nombreux groupes, toujours avec le même résultat : "Nous avons demandé à des comiques professionnels de trouver des blagues pour un sketch ; à des adultes de créer des slogans de publicité pour un produit ; à des gens de trouver des tactiques qu'une association pourrait utiliser pour augmetner les dons. Dans chaque expérience, les participants ont sous-estimé de manière significative le nombre d'idées qu'ils pouvaient générer."

Et surtout, ils n'ont pas seulement mesuré la quantité. Pour chaque expérience, les professeurs ont demandé à un autre groupe de juger la créativité des idées. Sur la majorité des études, les idées jugées les plus créatives étaient celles que les gens ont trouvé lorsqu'ils ont persisté. Donc non seulement les gens sous-estiment leur capacité à générer des idées créatives, ils sous-estiment leur capacité à générer les idées les plus créatives.

Les résultats en psychologie expérimentale sont rarement complètement probants car le problème de reproduction des expériences psychologiques est toujours compliqué--est-ce qu'une expérience en laboratoire nous apprend vraiment ce qui se passe dans notre esprit dans la vraie vie?--mais il semble que ce résultat se retrouve néanmoins dans des séries d'expériences dans des contextes différents. 

Et il fait sens. En effet, il fait penser à une autre idée, de Carol Dweck, professeur de psychologie à Stanford, qui étudie les états d'esprits. Celle-ci compare l'"état d'esprit de croissance" et l'"état d'esprit fixé." Les gens qui ont un état d'esprit fixé pensent que leurs talents--leur intelligence ou leur créativité--sont une donnée fixée, qu'ils n'en ont qu'une quantité donnée. A contrario, les gens qui ont un état d'esprit de croissance pensent que leurs talents peuvent se développer par la persévérance et le travail. Les travaux de recherche du professeur Dweck montrent que ceux qui réussissent le mieux ne sont pas tant ceux qui ont des talents de départ les plus forts, mais ceux qui ont cet état d'esprit de croissance. Le livre de Dweck, considéré comme un classique, a récemment été recommandé par Bill Gates.

Et on le sait : ce qu'ont en commun tous les plus grands génies créatifs est qu'ils ont travaillé extrêmement dur, avec une énorme persévérance. 

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