Closergate : ces hypocrites pudeurs françaises sur le respect de la vie privée | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
France
François Hollande aurait une liaison avec Julie Gayet
François Hollande aurait une liaison avec Julie Gayet
©Reuters

Shocking ?

Closergate : ces hypocrites pudeurs françaises sur le respect de la vie privée

En France, pays réputé pour son amour de la gaudriole, on a des pudeurs que d’autres n’ont pas. Encore une de nos fameuses exceptions.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

En ces temps-là (c’était il n’y pas si longtemps), la France avait un président nommé François Mitterrand. Et son épouse, la première dame du pays, portait le doux prénom de Danielle. Le président avait une tendre et durable liaison extra-conjugale avec Mme. Pingeot. De cette relation amoureuse était née une petite fille appelée Mazarine. Le Tout-Paris (hommes politiques, journalistes, éditeurs) était au courant. Mais le Tout-Paris n’était pas tout le monde.

Et personne n’en su rien. A l’époque un écrivain, un sympathique hurluberlu provocateur, Jean-Edern Hallier, se promenait tristement en ville cherchant désespérément un éditeur pour son manuscrit où il racontait par le menu les amours de François Mitterrand et de Mme. Pingeot et aussi les gazouillis de la petite Mazarine. Aucun éditeur n’osa, ou ne voulut, prendre son texte. Ainsi fut préservé le jardin secret de François Mitterrand. Était-ce bien ? Était-ce mal ?

En ces temps-là, le prince héritier de la couronne d'Angleterre s'appelait Charles. Il portait le joli titre de prince de Galles. Et il avait une liaison adultérine (hors mariage) avec la tumultueuse et torride Camilla Parker Bowles. Toute la presse anglaise était au courant et en parlait, fournissant tous les détails qu’elle pouvait glaner. Un jour, un journal fit plus fort que les autres. Il avait mis sur écoute le téléphone du prince de Galles.

Et ainsi fut enregistrée - puis publiée avec un gros titre - une charmante et délicate conversation. Le prince Charles parlant à un de ses potes et vantant les mérites de Mlle. Parker Bowles confia à son ami que « son rêve était d’être le tampax de Camilla » ! La reine d’Angleterre ne pipa mot. Buckingham Palace resta silencieux et n’entreprit aucune mesure de rétorsion. C’est qu’en Angleterre le respect de la liberté de la presse était un principe bien plus sacré que le respect de la vie privée. Était-ce bien ? Était-ce mal ?

En ces années-là, c’est Bill Clinton qui présidait aux destinés des Etats-Unis. La vision du string d’une jolie stagiaire de la Maison Blanche, Monica Lewinsky, l'ayant émoustillé, il la convoqua dans son bureau et là-bas Monica lui fit certaines choses qu’il trouva délicieuses. Ces choses là se surent et pendant des mois la presse américaine (y compris les très sérieux Washington Post et New York Times) se livra une concurrence acharnée pour donner le maximum de détails sur les fellations de la jolie stagiaire et sur ce que le président lui faisait avec son cigare. L’affaire faillit coûter son job à Clinton. Non pas à cause de ses ébats avec Monica Lewinsky mais parce qu’il avait nié les faits. Et l’opinion publique américaine a le mensonge en horreur. Était-ce bien ? Était -ce mal ?

Mais nous en France on n’est pas comme ça. On adore quand ça baise. Mais on s’offusque dès qu’on en parle. C’est pourquoi la classe politique unanime s’est dite révoltée par les révélations d’un magazine assurant que le chef de l'Etat rendait nuitamment visite à une actrice (impossible dans ce cas précis de parler de liaison extra-conjugale...). Cachez cette liaison que je ne saurais voir ! Le magazine en question vit, de façon très prospère, des photos et des articles qu’il publie sur les infidélités de telles ou telles stars. Sur les coucheries de X avec Y, vedettes de petit écran. Et sur quelques images de seins nus volés à certaines célébrités. Son erreur est d’avoir pris le chef d’Etat pour une star. Il faut peut être y voir aussi une certaine forme de dépit ou de basse vengeance. En effet, le journal en question a vu son bonheur lui échapper quand il a su que DSK n’élirait pas domicile à l’Elysée.

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !