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Clause Molière, l’incohérence à portée des caniches politiques
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Clause Sganarelle

Clause Molière, l’incohérence à portée des caniches politiques

Parce qu’en Socialie, il faut bien trouver un angle ou un autre pour empêcher les individus de travailler, certaines régions ont trouvé un moyen assez pratique pour y parvenir : faire jouer une « clause Molière » dans leurs chantiers.

Hash H16

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H16 tient le blog Hashtable.

Il tient à son anonymat. Tout juste sait-on, qu'à 37 ans, cet informaticien à l'humour acerbe habite en Belgique et travaille pour "une grosse boutique qui produit, gère et manipule beaucoup, beaucoup de documents".

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Bien évidemment, les choses ne sont pas présentées ainsi. Si les socialistes (de droite ou de gauche) sont généralement incultes économiquement parlant, ils n’en gardent pas moins un sens aigu du spectacle lorsqu’il s’agit d’enfumer leur électorat

C’est ainsi qu’ils présenteront l’une ou l’autre mesure protectionniste comme un élément de sécurisation — des prix, du territoire, de l’emploi, de la culture ou de n’importe quel truc qui ira bien, peu importe tant que l’électorat suit. Et ce, même si l’analyse, deux minutes de réflexion et une myriade d’exemples d’application dans le passé prouvent sans mal que c’est une erreur grossière.

L’exemple récent de cette fameuse Clause Molière vient immédiatement à l’esprit.

Cette clause a été récemment introduite par différentes institutions républicaines comme les Conseils régionaux des Pays-de-Loire, d’Ile-de-France ou d’Auvergne Rhône-Alpes qui avaient ainsi cherché à endiguer la présence de travailleurs étrangers dans les chantiers sur leurs territoires.

L’idée générale – bien comprise – qui trotte derrière la tête des présidents de région est de lutter, à leur manière, contre la méchante et vilaine possibilité qu’ont les travailleurs détachés d’autres pays de l’Union Européenne de venir travailler chez nous. De ce point de vue, les élus (ici, tous LR) qui appliquent cette trouvaille juridique rejoignent au moins dans l’esprit les récentes déclarations matamoresques du président Macron, tout frétillant à l’idée de remettre en cause la directive européenne encadrant justement le détachement de ces travailleurs.

Pour le moment, il semble que la justice administrative suive la tendance impulsée par ces fougueux politiciens puisqu’en juillet dernier le tribunal administratif de Nantes a validé cette clause.

Et comme de juste, les arguments invoqués sont d’abord sécuritaire : pour Martine Vassal, présidente du conseil départemental des Bouches du Rhône qui vient d’utiliser une telle clause pour ses chantiers, l’imposition d’une même langue sur un chantier est avant tout dictée par des impératifs de sécurité. Elle déclare ainsi à la Provence :

« Si on dit : attention, une poutre va tomber sur un chantier, il faut que tout le monde puisse comprendre pour éviter un drame. Puisque la justice a dit que cette clause était légale, il n’y a aucune raison qu’on ne l’applique pas »

Mais n’oublions pas l’électeur, ce petit ruminant doux, un peu bête, qui a tant besoin qu’on ne lui explique rien et qu’on le choie de mieux possible en l’engonçant, de lois en lois, dans un parfait cercueil matelassé dans lequel il sera à l’abri de tous les aléas de la vie et, à terme, à l’abri de la vie elle-même. Pour ce dernier, rien de tel que rappeler que cette mesure a d’agréables effets bénéfiques (si si) :

« Cette clause permet de lutter contre le taux de chômage élevé. Ce sera aux entreprises d’apporter la preuve qu’elles appliquent bien la clause. Si ce n’est pas le cas, c’est une défaillance du prestataire qui peut aller jusqu’à la dénonciation du marché »

Ah voilà, nous y sommes : non seulement, parler en français sur les chantiers évitera des pluies de poutres et les drames qu’elles provoquent, mais en plus cela permettra de créer ces emploi dont nos compatriotes sont de friands demandeurs.

Il n’est qu’à voir les longues files qui se forment devant chaque chantier de ces Français qui veulent, eux aussi, participer à l’édification de tel ou tel bâtiment ! Il suffit de constater la bousculade à Pôpol Emploi lorsqu’on annonce qu’un poste de maçon se libère ! Et il suffit de voir les mines réjouies des entrepreneurs qui peuvent piocher dans les nombreuses mains levées lorsqu’ils viennent chercher main d’oeuvre à vil prix devant les bureaux de l’ex-ANPE.

Bref, il était temps que nos politiciens agissent pour qu’enfin les travailleurs détachés ne viennent pas piquer le travail tant demandé par nos compatr… Ahem.

On me souffle dans l’oreille que l’industrie du bâtiment est en recherche chronique de main d’oeuvre et que ça dure depuis des années. Il semblerait en outre que les travailleurs détachés concernent très majoritairement ces domaines.

Ah zut. L’argument économique semble quelque peu s’émousser.

L’argument sécuritaire, logiquement, ne tient plus trop non plus : eh oui, si on ne peut pas recruter des Français, on va devoir chercher des bras ailleurs. Dès lors, imposer qu’ils se crient les consignes de sécurité en Français alors qu’ils sont tous Polonais ou Portugais semble non seulement contre-productif, mais aussi carrément dangereux.

Flûte, l’argument sécuritaire est finalement en carton.

À l’analyse, cette « Clause Molière » commence de plus en plus à ressembler à de la fumisterie politique, à moins bien sûr de vouloir ralentir voire stopper certains chantiers (l’activité économique étant, dans l’esprit particulièrement brumeux de nos politiciens, complètement décorrélée de la création d’emploi, parce que, parce que, parce que c’est comme ça et Ta Gueule C’est Magique™).

À ces éléments qui devraient pourtant largement discréditer l’idée s’ajoute un autre, plus philosophique, de cohérence générale de l’ensemble « intellectuel » dans lequel nos élites politiques barbotent joyeusement.

Il est en effet particulièrement étrange pour ces mêmes politiciens de tout faire pour refuser ces travailleurs détachés, migrants temporaires majoritairement économiques, qui remplissent un besoin clair et créent évidemment de la richesse en France, pour au contraire accueillir à finances ouvertes (les nôtres) d’autres migrants, eux aussi majoritairement économiques mais nettement moins temporaires, dont on se demande encore comment ils vont venir s’intégrer.

Le « deux poids deux mesures » est flagrant, l’incohérence d’ensemble évidente mais cela ne semble gêner personne. Après tout, nous sommes en République Française : qui voudrait de politiciens logiques, affûtés, pragmatiques ? Que diable, c’est tellement mieux le paraître, le populisme et la redistribution tous azimuts !

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