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Les Français ne comprendraient rien à la fiscalité, selon Christian Eckert.
Les Français ne comprendraient rien à la fiscalité, selon Christian Eckert.
©Flickr

Mauvaise foi

Christian Eckert ou le degré zéro de l'autocritique : si le gouvernement recule sur la fiscalité, c’est parce que les Français n’ont rien compris…

Le député socialiste et rapporteur de la commission des finances de l'Assemblée nationale Christian Eckert estime sur son blog que la politique menée en matière de fiscalité par le gouvernement est la bonne. Le problème viendrait d'un manque de communication de l'exécutif et de compréhension de la part des journalistes et des citoyens en général...

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Christian Eckert, député du parti socialiste et rapporteur de la commission des finances de l’Assemblée nationale publiait un article sur son blog, pointant les déficiences actuelles du gouvernement. Selon lui, Il s’agirait avant tout d’un problème de communication. Le fond n’est pas mis en cause, seules les interprétations excessives, voire erronées des journalistes, de l’opposition et de la population sont responsables du contexte actuel.

« Quant aux journalistes, il sont contraints de se plonger dans le droit fiscal jusque-là la chasse gardée de quelques-uns d’entre eux très spécialisés. Ils découvrent le sens des mots « petite rétroactivité », « plus-values mobilières », « abattement proportionnel », « taxation au fil de l’eau », « exit tax », « Madelin », « défiscalisation outre-mer », « ISF-PME », « produits hybrides », « TTF intraday », « niche Girardin »… Ils s’efforcent d’en parler comme si tout cela leur était familier. C’est peu de dire qu’ils s’y fourvoient très souvent, mais comment leur en vouloir face à des sujets aussi complexes… »

Malgré une évidente volonté de ne pas heurter, par exemple les journalistes, « nous avons pour la presse un respect infini », il était difficile d’être plus méprisant.  Ce mépris est affiché un peu plus clairement quelques lignes plus loin « Il est donc plus facile faute de vouloir (ou tout simplement pouvoir) aller au fond, de s’en tenir à des propos simplistes capables de rassembler tous les suffrages, d’animer sans crainte les repas dominicaux ou encore les conversations au café du commerce : « On paie trop d’impôts, on ne voit plus à quoi ils servent, la fiscalité est trop complexe ». D’aucun vont encore plus loin, et en rajoutent sur « l’assistanat », quand ce n’est pas la faute à « ces immigrés qui coûtent cher »

Selon le député, les Français ne comprennent vraiment rien et c’est cruel car la politique menée est la bonne. « Le constat un peu cruel est que les français y voient surtout un manque de lisibilité».

Puis, le député fait son mea culpa, indiquant que « notre première faute a été de peu insister sur l’état des lieux », « notre deuxième faute relève de manque de réalisme», « Notre fierté est cependant d’avoir bien agi ».

Ce dernier point est essentiel, il n’y aucune remise en cause de ce qui a été fait, aucune prise de conscience de la réalité. Le manque de résultats sur le chômage, dont le député fait part, ne paraît pas être une source de doute sur le diagnostic effectué par le parti socialiste.

Pour Christian Eckert, « la politique de sérieux budgétaire dans la justice » prônée par le gouvernement est une évidente réussite dans la réalité. Le climat pré-insurrectionnel actuel est de mauvaise foi, finalement.

Pourtant, en prenant un peu de distance sur la réalité du pays, et en observant les politiques menées en dehors de la zone Euro, le constat est édifiant. Le fait que les Etats-Unis soient parvenus à réduire leur taux de chômage à 7.2%, Le Royaume Uni à 7,7% et que le Japon affiche 4.00% de croissance devrait mériter un peu d’attention. Car il est incontestable que les recettes utilisées à l’étranger sont à l’origine de résultats plus convaincants.

La réalité est que le diagnostic opéré par le parti socialiste n’est pas le même que celui réalisé dans ces pays. Notre gouvernement est encore attaché à une vision classique de crise cyclique alors même que les Etats Unis, pour l’exemple, ont sacralisé la dimension monétaire de ce qui est aujourd’hui appelé la « grande récession ». Une crise monétaire se traite par la voie monétaire, par la relance monétaire. Ce constat a également été fait au Japon comme au Royaume Uni.

Et si d’aventure les Etats Unis, le Royaume Uni et le Japon avaient raison, les mesures prises par François Hollande, par le gouvernement et sa majorité, seraient au mieux inutiles et au pire dangereuses. Il est en effet peu probable de guérir un patient si le diagnostic est erroné. Mais ce doute, qui pourrait simplement provenir du constat de ce qui est fait ailleurs avec succès, n’est simplement pas à l’ordre du jour. Circulez.

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