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Plus on développe les énergies renouvelables, plus on émet incidemment de CO2, ce qui est l’opposé du but affiché !
Plus on développe les énergies renouvelables, plus on émet incidemment de CO2, ce qui est l’opposé du but affiché !
©Reuters

Mauvais choix

Le choix des énergies renouvelables : une erreur catastrophique pour la France

Selon Christian Gérondeau, certaines décisions sur la politique environnementale qui ont été prises ces dernières années ont été particulièrement absurdes. Notamment celle de recourir massivement aux énergies renouvelables. Extraits de "Ecologie la fin" (2/2).

Christian Gérondeau

Christian Gérondeau

Christian Gérondeau est polytechnicien et expert indépendant. Il travaille depuis plus de dix ans sur les questions environnementales.

Il est l'auteur du livre "Ecologie la fin" aux Editions du Toucan et "L'air est pur à Paris: mais personne ne le sait!" aux éditions de L'Artilleur.

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Tout irait donc pour le mieux si des décisions absurdes n’avaient été prises, tout particulièrement depuis quelques années. Alors que nous n’avons besoin de rien, contrairement à nos voisins qui n’ont pas la chance de disposer de notre parc nucléaire, nous avons décidé dans le cadre du Grenelle de l’environnement et au prétexte de répondre aux demandes sans fondement de Bruxelles, de recourir massivement aux « énergies renouvelables » éolienne et photovoltaïque.

Cette décision a été catastrophique sur tous les plans. Les équipements nécessaires ont été importés en quasi-totalité d’Europe au début, puis de Chine de plus en plus. Il faut maintenant de surcroît renforcer à un coût élevé le réseau électrique pour faire face au caractère intermittent et imprévisible des énergies renouvelables.

En 2011, nous avons dépensé 1,2 milliard d’euros pour renforcer notre réseau, dont une part significative est imputable aux énergies renouvelables, et il est prévu que cette somme s’accroisse au cours des années à venir pour faire face aux projets annoncés dans le cadre du Grenelle de l’environnement. Allons-nous continuer longtemps ?

Il faut aussi construire des nouvelles centrales à gaz « en doublure » pour pallier aux défaillances dans le temps des énergies renouvelables. Plus on développe les énergies renouvelables, plus on émet incidemment de CO2, ce qui est l’opposé du but affiché ! Comme on l’a vu enfin, l’électricité produite par ces énergies renouvelables est achetée aux producteurs à des tarifs exorbitants par rapport aux autres sources d’approvisionnement d’EDF. Si l’on ajoute que les éoliennes défigurent pour des décennies les paysages qui sont notre héritage, le bilan se passe de commentaires. Les responsables en place avant 2012 savaient tout cela. Mais ils ont décidé, dans l’illusion de se procurer les bonnes grâces des écologistes, d’abonder dans leur sens et de faire semblant de croire que ces énergies renouvelables répondaient à un besoin.

Le résultat est un désastre national. Selon le référé du 3 novembre 2011 de la Cour des comptes, le surcoût pour le consommateur imputable aux énergies renouvelables atteindra 6,7 milliards d’euros en 2017 ! Dès 2012, il s’élèvera à 4,3 milliards d’euros, soit 60 % de plus qu’en 2010. Et cela rigoureusement pour rien, sauf pour l’enrichissement de promoteurs qui figurent désormais parmi les premières fortunes de France.

Il a déjà été annoncé que les tarifs de l’électricité allaient être augmentés de 30 % d’ici 2016, ce qui sera un drame pour beaucoup de familles pauvres dont certaines auront du mal à payer leur facture, voire à se chauffer !

Une grande partie de cette augmentation est malheureusement désormais inéluctable, car elle découle en large part de projets éoliens ou solaires déjà lancés. Mais une certaine proportion pourrait être évitée si un coup d’arrêt était donné à cette incompréhensible politique.

Pour sa part, la construction du réacteur de nouvelle génération (EPR) de Flamanville doit être uniquement considérée comme un investissement industriel destiné à nous « redonner la main » dans le domaine de la construction des réacteurs nucléaires qui était l’un de nos domaines de compétence, alors que nous l’avons manifestement perdue si l’on en juge par les délais et les surcoûts du chantier en cours en Normandie.

Il faut en effet reconnaître la vérité. Les grands ingénieurs tels que Michel Hug sont depuis longtemps à la retraite. Les multiples contraintes fixées à leurs successeurs et que ceux-ci ont acceptées sans réagir, notamment au nom de l’exigence de « toujours plus » de sécurité sont telles que les délais se réalisation et les coûts des deux réacteurs EPR en cours de construction en Finlande et en France sont sortis de toute limite du raisonnable. Il faut abandonner tout espoir que le courant qu’elles produiront puisse un jour être compétitif avec celui que fournit une centrale à gaz qui peut être construite en moins de deux ans et utiliser un produit dont le cours diminuera probablement du fait de l’arrivée massive et inespérée du gaz de schiste sur le marché mondial, sans même parler de celui que nous possédons peut-être dans notre propre sous-sol.

Il semblerait que les réacteurs nucléaires d’origine asiatique soient dorénavant moins compliqués et moins chers que les nôtres qui doivent satisfaire aux normes les plus improbables sinon absurdes, telle que celle de la résistance à l’écrasement d’un avion à réaction sur leur coeur !

Il n’y a en effet rien de plus facile quand on veut couler un projet que de lui imposer au nom du « principe de précaution » des contraintes qui en font dériver sans fin le coût. Construirait-on quoi que ce soit en France ou ailleurs s’il fallait que les usines, les raffineries, les bureaux ou les logements puissent résister à la chute d’avions à réaction ?

Dans de telles circonstances, il faut que quelqu’un ose dire « non » à ceux qui, au nom du principe de précaution, imposent toujours plus de dépenses au prétexte de la recherche d’une illusoire sécurité absolue. C’est ce qu'ont fait ceux qui ont réalisé notre programme nucléaire il y a plusieurs décennies. Malheureusement, ceux qui osent dire non semblent devenus bien rares à notre époque.

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Extrait de "Ecologie la fin" aux Editions du Toucan (23 mai 2012)

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