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La mise sur le marché d'un bien n'est pas toujours jugée rentable par les propriétaires, du fait notamment de la fiscalité appliquée aux revenus tirés du foncier.
La mise sur le marché d'un bien n'est pas toujours jugée rentable par les propriétaires, du fait notamment de la fiscalité appliquée aux revenus tirés du foncier.
©Reuters

Paris mon amour

Chers Parisiens, voilà les 5 raisons pour lesquelles vos loyers sont aussi chers

Alors que de nombreux Français cherchent à se loger à Paris, beaucoup déchantent devant le prix au mètre carré, de 21,6 euros en moyenne, deux fois supérieur à la moyenne des autres grandes villes françaises.

Nicolas  Costes

Nicolas Costes

Nicolas Costes est économiste spécialiste du logement. 

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Dans son rapport 2013, l’Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne (OLAP) fait état d’un loyer moyen dans Paris de 21,6€/m² (au 1er janvier 2013). Ce niveau représente près du double des loyers moyens observés dans les principales villes de France (Marseille, Lyon, Toulouse, Bordeaux) qui se situent autour des 12€/m².

Ce niveau de loyer élevé à Paris n’est que le résultat du fonctionnement du marché du logement dont les deux composantes (l’offre et la demande) sont très sensibles aux orientations prises en matière de politiques publiques (urbanisme, fiscalité, réglementation des relations bailleurs-locataires…). Voici donc la liste des raisons pour lesquelles les Parisiens paient des loyers si élevés :

1/ Une offre très contrainte

Le marché du logement parisien est atypique du fait de sa densité déjà très élevée et de la rareté du foncier disponible. L’offre nouvelle, locative notamment, est de ce fait extrêmement faible et largement insuffisante pour répondre à la demande.

2/ Une demande très dynamique

En tant que capitale, Paris est très attractive, aussi bien pour les jeunes, attirés par l’offre de formations (universités, grandes écoles, etc.) que pour les actifs qui disposent d’un bassin d’emplois extrêmement vaste et diversifié (nombreux sièges sociaux, nombreuses administrations, etc.). La demande est donc très importante ; la demande locative l’est d’autant plus que les prix immobiliers très élevés à l’achat font que de très nombreux ménages parisiens sont contraints à la location.

La confrontation de cette demande très dynamique et d’une offre atone se traduit par une hausse des loyers. Sauf à vouloir lancer un grand mouvement de décentralisation des grandes administrations et des sièges sociaux des grandes entreprises afin de faire diminuer la demande, la seule solution à mettre en œuvre pour ralentir la hausse des loyers serait de dynamiser l’offre de logements et notamment de logements locatifs.

Or, de nombreuses réglementations freinent l’ajustement de l’offre locative et constituent des facteurs sous-jacents de hausse des loyers :

3/ Les règles d’urbanisme

Définies notamment de le Plan local d’urbanisme, certaines de ces règles (hauteur des immeubles, stationnement, transformation d’immeuble), parfois très restrictives, constituent des freins au développement de l’offre nouvelle et renchérissent son prix, sans compter les lourdeurs administratives qui font que les délais de constructions peuvent s’allonger.

4/ Les contraintes réglementaires et fiscales concernant la mise en location

La mise sur le marché d’un bien n’est pas toujours jugée rentable par les propriétaires du fait notamment de la fiscalité appliquée aux revenus tirés du foncier.

De même, les investisseurs se sont assez largement désengagés du marché de l’immobilier résidentiel eu égard au risque encouru et au niveau de protection jugé élevé dont bénéficient les locataires ; le risque d’impayé associé à la mise en location d’un bien et la gestion coûteuse et longue des conflits locatifs les ont conduits à retirer leurs biens du marché locatif en les laissant vacants ou en les vendant.

5/ L’obligation légale de construire 25% de logements sociaux dans certaines communes

Cela peut paraître paradoxal mais l’obligation de construire des logements sociaux peut se traduire par une hausse des loyers dans le parc locatif privé. Dans les agglomérations où le foncier est rare, les élus locaux, contraints de respecter la loi SRU (la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains, NDLR) , réservent une grande part des surfaces disponibles au développement de l’offre sociale. Mécaniquement, l’offre locative non sociale se développe moins et ses loyers augmentent dès lors que la demande reste forte.

Au-delà des difficultés grandissantes que les parisiens éprouvent pour se loger, le niveau de loyer atteint à Paris nuit à la compétitivité des entreprises qui sont contraintes de proposer des salaires toujours plus élevés pour contenir le poids des loyers dans le budget des ménages et ainsi attirer la main-d’œuvre.

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