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Changement de cap chez LR  : le nouveau pari de Laurent Wauquiez
©GUILLAUME SOUVANT / AFP

La bataille pour le centre-droit est lancée

Changement de cap chez LR : le nouveau pari de Laurent Wauquiez

Les députés LR seraient prêts à voter les réformes des députés LaREM.

Olivier Gracia

Olivier Gracia

Essayiste, diplômé de Sciences Po, il a débuté sa carrière au cœur du pouvoir législatif et administratif avant de se tourner vers l'univers des start-up. Il a coécrit avec Dimitri Casali L’histoire se répète toujours deux fois (Larousse, 2017).

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Atlantico : Comment appréciez-vous ce changement de posture pour celui qui, jusqu'à présent, était dans l'opposition frontale ?

Olivier Gracia : Le premier élément à mes yeux, c'est qu'il s'agit là d'un aveu d'échec. Car concrètement, Laurent Wauquiez s'est positionné très vite contre Emmanuel Macron. Il avait compris qu'il n'avait pas d'autre alternative et de construction idéologique possible que celle que l'opposition systématique. Emmanuel Macron avait réussi ce pari fou de réunir le centre-gauche et le centre droit. Et quand on dépossède la droite républicaine de son centre-droit, il est toujours naturel et légitime de vouloir s'accaparer la droite un peu plus dure. C'est ce qu'a fait Laurent Wauquiez.

Il a construit son discours de rupture sur cela tout en réalisant que ce n'est finalementpas une stratégie payante. La droite républicaine ne peut pas survivre sans les modérés et il est très compliqué de vouloir asphyxier la droite dure. Elle a son électorat et son parti propre. C'est très compliqué de marcher sur les terres du RN. Évidemment il y a un retour en arrière, mais qui est cohérent avec ce qu'était Laurent Wauquiez avant d'être président de Républicains. On dit souvent qu'avant toutes ses déclarations de droite dure, il était quelqu'un de modéré. Il revient à ses premiers amours.

Aujourd'hui il est dans cette conquête pour deux éléments :

Premièrement, montrer une forme de pragmatisme. On lui a beaucoup reproché de s'opposer à des réformes d'Emanuel Macron sans vraiment de fondement. Il faut comprendre qu'Emmanuel Macron a plus d'arguments pour plaire à la droite républicaine qu'à la gauche socialiste. Donc des reformes mis en œuvre jusqu'ici pourraient être applaudîtes par la droite républicaine.

Deuxièmement, Laurent Wauquiez se rapproche de la macronie, mais s'en éloigne aussi subtilement. Il ne faut pas voir ici les prémices d'une alliance. Il a compris qu'il y avait toute une partie du centre-droit qui, aujourd'hui, se désolidarise du président. 

Le vent tourne, des électeurs modérés vont se retrouver sans parti. C'est là que Laurent Wauquiez à une chance de les reconquérir.

Dans un contexte où les électeurs du centre et du centre-droit retirent progressivement leur soutien à Emmanuel Macron, cette nouvelle stratégie du leader des républicains peut-elle s'avérer payante selon vous ?

C'est compliqué à dire. La droite modérée ne va pas oublier tout le travail de Laurent Wauquiez de ces derniers mois visant à débarrasser la droite de ces gens-là. C'est un retournement de veste assez lunaire (nous verrons dans les proportions, on ne sait pas encore comment il va construire cela) mais il est amusant de voir que maintenant, il a la volonté de récupérer cet électorat. Ça ne va pas être facile. Les électeurs ne sont pas si volages que ça.

Tout dépendra du travail de Laurent Wauquiez et peut être que lui aussi, à sa manière, va proposer un remaniement de son équipe s'il veut vraiment ramener des personnalités de centre-droit. 

En extrapolant quelque peu, peut-on imaginer une alliance au vue des élections européennes du mois de mai 2019 avec le centre-droit ? 

C'est possible. Cela dépendra de sa stratégie. S'il parvient vraiment à convaincre. Cela dépendra aussi de son intelligence. Quand il dit qu'il est prêt à voter des réformes, ce n'est pas pour soutenir Macron, c'est un signe pour les électeurs de centre droit qui signifie : "regardez, j'ai suffisamment de pragmatisme pour voir qu'il y a aussi du bon chez le président. Car quel que soient aujourd'hui les sensibilités du centre-droit et d'Emmanuel Macron, il y a quand même un respect pour le travail accompli par le gouvernement et qui correspond à la philosophie de centre droit.

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