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"Le nouveau budget de l'Etat va additionner la somme des mécontentements sans résoudre les problèmes essentiels."
"Le nouveau budget de l'Etat va additionner la somme des mécontentements sans résoudre les problèmes essentiels."
©Reuters

Editorial

Budget 2014, deux certitudes dans un océan de flou : toujours plus de déficit et des impôts nouveaux

Sous le vocable d’économies pour le budget 2014 se dissimule une série d’impôts nouveaux pour le contribuable.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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C’est une constante en France : la sacro-sainte dépense publique demeure sur un piédestal et il n’est pas question de la déloger. Le projet de loi de finances soumis aux députés ne déroge pas à la règle.

Les déficits vont continuer d’augmenter et la machine à créer de nouvelles taxes de s’emballer, malgré les dénégations officielles, toujours contredites par les faits. Dernière preuve de la malhonnêteté intellectuelle du gouvernement : l’exécution du budget 2013 accusera un déficit supérieur à 4%, en dépit de toutes les promesses annoncées. Malgré le choc fiscal de 32 milliards opéré par l’Etat, le trou continue de se creuser, car les recettes sont inférieures aux prévisions en raison de la vieille règle selon laquelle l’excès d’impôt tue l’impôt. Et l’on voit mal comment  le dérapage d’aujourd’hui ne se poursuivrait pas demain. Le gouvernement assure que 80% des efforts prévus pour l’an prochain porteront sur des économies. Mais la difficulté essentielle vient de ce que les rentrées fiscales resteront insuffisantes, en raison de la mollesse de la conjoncture, malgré une amélioration de 0,9% de la croissance prévue par les services officiels. Ainsi, le nouveau tour de vis fiscal n’empêchera pas les dépenses d’augmenter d’au moins cinq milliards. Certes, c’est un progrès par rapport aux 20 milliards que l’on aurait enregistrés si rien n’avait été fait. Mais l’endettement du pays se trouvera encore alourdi alors que les intérêts de la dette représentent déjà le deuxième poste dans la loi de finances, derrière l’éducation nationale, et que le loyer de l’argent commence à remonter sur le marché international, avec pour conséquence une augmentation des annuités des emprunts.

Notons également l’hypocrisie du discours officiel : les réductions annoncées dans le train de vie de l’Etat résultent en grande partie d’une aggravation de la pression fiscale sur les ménages : le quotient familial est raboté, les majorations de retraite pour les enfants seront fiscalisées, les cotisations sociales augmentées, sans oublier une cascade d’autres dispositions qui se traduisent en fait par une ponction supplémentaire sur le pouvoir d’achat des particuliers : sous le vocable d’économies pour le budget de l’Etat se dissimule une série d’impôts nouveaux pour le contribuable.

Au total, le budget va additionner la somme des mécontentements sans résoudre les problèmes essentiels. Bruxelles avait accordé un sursis à la France pour remettre de l’ordre dans ses finances publiques et revenir à la fameuse règle des trois pour cent de déficit, qui est la norme européenne. Mais le gouvernement prétend s’en tenir toujours à la soi-disant méthode douce des réformes pour éviter de créer des soubresauts trop brutaux dans l’opinion.

La conclusion est dramatique, car l’imagination porte seulement sur la multiplication de petites taxes bouche-trous sans aborder l’essentiel, c'est-à-dire sans s’attaquer à une révision générale et déchirante du périmètre de la dépense  publique. L’Etat croit toujours avoir le temps devant lui alors qu’il est le dernier de  la  classe, au moment où nos partenaires mettent les bouchées doubles.

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