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Un briquet allumé en Floride : une quinzaine de morts en Afghanistan
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Cauchemar

Un briquet allumé en Floride : une quinzaine de morts en Afghanistan

Coran brûlé aux USA, l'Afghanistan s'enflamme. L'EDITO de Gilles Klein.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Vous ne connaissez pas Joakim Dungel, un Suédois de 33 ans qui travaille en Afghanistan. Lui ne connaissait pas Wayne Sapp, un Américain qui vit en Floride, à des milliers de kilomètres de là. Pourtant Sapp a tué Dungel, à distance, avec son briquet. Le sort est cruel, l’histoire paraît relever de la fiction, du scénario de cinéma, mais c’est la triste réalité.


Dimanche 20 mars, le pasteur Sapp, a mis à exécution les menaces de son collègue, le pasteur Terry Jones, qui annonçait à la rentrée 2010 vouloir brûler des exemplaires du Coran, dans son Dove World Outreach Center, une minuscule congrégation religieuse de Gainesville, en Floride. Face aux critiques venues du monde entier, d’Obama au pape Benoit XVI, il avait renoncé. Pourtant, le 20 mars, devant quelques dizaines de personnes, en présence de Jones, le dénommé Sapp a enflammé avec un briquet, un exemplaire du Coran qu’il avait auparavant laissé tremper dans du kérosène. La scène a été filmée, et la vidéo mise en ligne sur Internet.

Moins d’une semaine plus tard, vendredi 1er avril, il est 16h30 à  Mazar-I-Sharif, dans le nord de l'Afghanistan, plusieurs centaines de personnes protestent devant des bâtiments de l’ONU occupés par l’Unama (United Nations Assistance Mission in Afghanistan) qui a 23 bureaux dans le pays où elle emploie 1 500 personnes dont 80 % sont de nationalité afghane. Elles dénoncent l’autodafé qui a eu lieu aux USA. Certaines sont armées, d’autres désarment des agents de sécurité, la police toute proche n’intervient pas face au nombre. Sept personnes travaillant pour l’ONU sont tuées : le Suédois Dungel, la Norvégienne Siri Skare (53 ans), un Roumain dont le nom n’a pas été communiqué, et quatre soldats népalais, eux aussi non identifiés.

Ce samedi, à nouveau, mais à Kandahar, au sud de l’Afghanistan, des milliers de manifestants défilent en criant « Mort à l’Amérique, mort à Karzaï » (le chef de l’état afghan). Ils se dirigent vers le bureau de l’ONU, la police leur barre la route : neuf personnes sont tuées, soixante-treize blessées. Des voitures, et une école pour filles (mal vue des Musulmans intégristes) sont brûlées.

En Floride, le pasteur Terry Jones déclare qu’il ne sent pas responsable ajoutant que les coupables sont les Musulmans radicaux qui ont utilisé comme prétexte son action symbolique pour déclencher des violences.

 

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