Bratislava : La désolante inaction du duo Hollande - Merkel sur le front de l'antiterrorisme et de la défense européenne (et pourtant, le contexte s'y prête) | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Europe
Bratislava : La désolante inaction du duo Hollande - Merkel sur le front de l'antiterrorisme et de la défense européenne (et pourtant, le contexte s'y prête)
©REUTERS/Leonhard Foeger

Occasion perdue

Bratislava : La désolante inaction du duo Hollande - Merkel sur le front de l'antiterrorisme et de la défense européenne (et pourtant, le contexte s'y prête)

Alors que les questions de défense et de coordination de la lutte antiterrorisme étaient à l'ordre du jour du sommet européen de Bratislava cette semaine, les conclusions annoncées notamment par la France et l'Allemagne paraissent bien décevantes au vu du contexte actuel.

Eric Denécé

Eric Denécé

Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R).

Voir la bio »

Atlantico : Cette semaine a eu lieu à Bratislava un sommet réunissant les chefs d'Etat européens. Si plusieurs sujets ont été abordés, les questions de défense et d'antiterrorisme étaient notamment scrutées de près. Quelles ont été les principales mesures ou déclarations du Conseil européen, et notamment de François Hollande et Angela Merkel dans leur déclaration de clôture (voir ici) ?

Eric Dénécé : En matière de défense et d’antiterrorisme, ce sommet européen est un "non événement", c’est-à-dire que rien n’en est sorti, si ce n’est la répétition de principes généraux et de mesures déjà évoquées (et dont la mise en oeuvre laisse à désirer) : sécurisation des frontières de l’union, échanges de renseignement, renforcement de la coopération, etc. C’est donc extrêmement décevant. L’absence de volontarisme des dirigeants européens et leur incapacité à proposer des solutions, tant en matière de sécurité internationale qu’intérieure, est particulièrement préoccupante. Les incantations n’ont jamais fait avancer les choses.

Les positions affichées par les chefs d'Etat français et allemand sont-elles suffisantes selon vous au regard du contexte sécuritaire que traverse l'Europe actuellement ?

Evidemment, non. Ils semblent manquer à la fois de volonté et d’imagination, alors même que le contexte est favorable à une avancée de la politique européenne de sécurité et de défense grâce à deux événements : la menace terroriste takfirie, qui touche tous les Etats membres ; et le départ prochain du Royaume-Uni de l’Union européenne. En effet, Londres a toujours été un frein à la construction d’une Europe de la Défense. Mais Berlin et Paris semblent en panne d’inspiration sur ce dossier et sont accaparées par des échéances électorales qui les mobilisent davantage.

Alors que le Royaume-Uni, plus grande puissance militaire de l'Union européenne avec la France, s'apprête à quitter l'Union, le Brexit peut-il mettre à mal la politique de défense de l'UE, ou au contraire la renforcer ? Sur ce point, le couple France-Allemagne doit-il franchir un nouveau cap en termes de leadership ?

Le Brexit devrait logiquement faciliter l’aboutissement de nouvelles initiatives concernant la défense européenne. Toutefois, ni Berlin ni Paris ne paraissent aujourd’hui vouloir relancer ce processus. Tout au plus ressortent-ils de vieux projets non aboutis des cartons… Mais le départ des Britanniques de l’Union ne va pas faire disparaître comme par magie tous les obstacles à ce dossier. En effet, beaucoup de pays - dont l’Allemagne - considèrent que leur défense se fonde davantage sur l’Otan que sur l’UE. De plus, les pays de l’Est - en particulier la Pologne - vont prendre le relais de Londres et se faire les auxiliaires de la politique de Washington, laquelle cherche depuis les années 1950 à contrecarrer la construction d'une défense européenne. La France, qui est toujours favorable à une telle initiative, demeure bien isolée. Elle ne cesse d’ailleurs de demander plus d’engagement à ses partenaires, en particulier pour lutter contre le terrorisme au Sahel et assurer la formation des armées locales.

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !