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Bonne chance 
monsieur le Président !
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Tradition républicaine

Bonne chance monsieur le Président !

La réaction à chaud de Sophie de Menthon. Il va falloir dans le camp de droite surmonter sa déception, soutenir tout ce que le président que l’on n'a pas choisi, fera de bien; prendre sur soi pour ne pas se réjouir d’une bourse qui marquerait son appréhension, de taux d’intérêt qui seraient de mauvaise humeur, en aucune façon ne se repaitre des gaffes, des erreurs ou de mauvais résultats de « l’ennemi » et éviter de ricaner

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Maintenant, il va falloir gérer la grande déception des uns ou le spleen des lendemains de fête des autres…  Et puis va commencer un nécessaire travail sur nous mêmes, nous les électeurs ! La béatitude  des fiançailles est terminée, celle du candidat soupirant qui promettait monts et merveilles, le réveil avec régime de lendemain d’agapes qu’il va falloir observer ne sera pas facile, même si on va le repousser au maximum : encore un instant monsieur le bourreau... Les laborantins de l’économie ou les charlatans de la finance nous guettent avec leurs thermomètres et leurs potions amères à nous faire avaler et nous ne leur échapperons pas.

Il nous faut donc aider le nouveau Président qui se veut comme ils le revendiquent tous «  le Président de tous les Français ». Dans un premier temps comme ses prédécesseurs il devrait tenter de séduire ses opposants  et  donc décevoir un peu son camp, il tentera peut être de faire le grand écart avec les extrêmes du moins ses extrêmes à lui !  Il conviendra de donner le change encore un peu en faisant semblant d’innover… alors que les réformes indispensables sont structurelles, de longue haleine, et en fâcheront plus d‘un, d’autant que pour tout cela pas un centime à dépenser. Beau challenge !

Traditionnellement la droite  lutte contre le libéralisme et fait vaguement une politique de gauche, flatte les syndicats et dépense autant que la gauche, alors que le gauche en général déçoit les syndicats et soigne les entreprises, crée des impôts et des fonctionnaires. Essayons de nous rappeler que sous la gauche les entreprises n’allaient pas si mal ? C’est en tous les cas ce que disent les patrons depuis ce dimanche soir pour se  remonter le moral. Leurs entreprises ne sont ni de droite, ni de gauche mais les vaches à lait de tout le monde… Elles n’ont pas eu la place qu’elles méritaient pendant la campagne parce que qui a peur des chefs d ‘entreprises ?

Il va falloir dans le camp de droite surmonter sa déception, soutenir tout ce que le président que l’on n'a pas choisi, fera de bien; prendre sur soi pour ne pas se réjouir d’une bourse qui marquerait son appréhension, de taux d’intérêt qui seraient  de mauvaise humeur,  en aucune façon  ne se repaitre des gaffes, des erreurs ou de mauvais résultats de « l’ennemi » et éviter de ricaner : « ils le voulaient ? Ils l’ont eu, on vous l’avez biendit! ». Difficile de ravaler son acrimonie lorsque pendant au moins 1 an, on risque nous expliquer que le taux de chômage, le cout  de la vie etc. sont le fait de la gestion précédente. Pitié, monsieur le Président ! évitez nous ça…

Et puis ne traitez pas trop mal ceux que nous avons soutenus malgré leurs défauts, leurs faiblesses parfois, leurs erreurs… Je parle de nos anciens : anciens ministres, parlementaires, membres de cabinet ; n’ayez pas le triomphe revanchard et n’oubliez pas que l’une des qualités du président sortant fut bien d ‘avoir été généreux en tentant l’ouverture malgré l’avis de son propre camp, c’était plutôt sympathique non ?

Nous aimerions que vous soyez également généreux avec les idées et les propositions des autres exprimées pendant la campagne. Nous n’en pouvons plus de vous entendre -tous - ne vous accorder sur RIEN ! Ne jamais reconnaître la justesse d’un constat ou le bon sens de telle ou telle réforme. Rendez à Caesar ce qui est à Caesar, c’est là que se mesure la hauteur d’un chef d’Etat, le rejet de tout ce qui est partisan pour le seul bien du pays…cela ne va pas être facile après la période que nous venons de passer.

Je voudrais profiter de cette occasion pour rendre hommage à Ségolène Royal ! Vous avez été élu grâce à toutes les portes qu’elle a ouvertes  il y  a  5 ans, que l’on ait été d’accord avec elle ou pas, qui a flirté la première avec Bayrou critiquée par tous ? Et finalement vous en bénéficiez aujourd’hui ! Qui a mis au centre de sa campagne les valeurs travail, autorité, discipline qui allaient contre un certain baba cool gauchiste traditionnel et que vous avez finalement revendiquées ? Qui s’est battu contre un machisme incontestable, seule et  victime des ricanements des mêmes qui vous ont appuyé vous, sur ses idées à elle ? Qui a eu le courage de surmonter une défaite difficile que plus d’un homme aurait jugé absolument insurmontable et qui a été capable d’apporter sa popularité sans broncher ? Cela s’appelle avoir de la classe et ce n’est pas la vertu politique la plus partagée!

Alors, notre moral monsieur le Président est entre vos mains et le moral de français c’est la condition essentielle de la croissance, surtout celui des chefs d’entreprise, vous savez cette catégorie a peine évoquée pendant la campagne sinon pour fustiger ceux qui gagnent trop?

Quant à votre comportement, résistez à la tentation de prendre le métro tout  de suite ou de faire les courses quand le frigo est vide, nous avons besoin d’un président pas comme les autres et cela nous inquiéterait de vous rencontrer au supermarché… Pour montrer combien vous êtes modeste, écoutez plutôt les patrons, les vrais qui n’osent plus porter ce nom ; libérez les énergies, faites sauter les blocages, soyez là ou on ne vous attend pas. N’ayez pas peur du libéralisme, c’est un terme à tort dévoyé et investi de tous les maux qui signifie liberté et responsabilité, qui peut être contre ?  Ne faites pas fuir les riches, ils en enrichissent d’autres  et ne donnez pas  de gages à Mélenchon nous n’avons pas besoin de sa révolution à la Marras et d’une lutte des classes dont nous devons sortir par le haut et non par le nivellement d’en bas.

Et alors seulement, dans cette période qui requière au moins le sentiment d’une certaine union nationale, nous serons derrière vous, et cela ne voudra pas dire que nous retournons notre veste comme certains l’ont fait au mauvais moment de la campagne avec un relan   collabo mais que chaque français veut que son pays réussisse.

Ce sera à votre honneur mais bien difficile que  de leur expliquer que l‘Etat ne peut rien sans la responsabilité individuelle et l’effort de chacun. Il paraît que la responsabilité individuelle est une thématique de droite, alors n’ayez pas peur d’être à droite quand il le faut.
C’est le moment de dire au revoir et aussi merci Nicolas Sarkozy, de cette  incorrigible énergie que vous nous avez consacrée, de votre enthousiasme, de votre amour de la vie, et de cette force de caractère qui vous a fait élire… et qui vous a fait battre.

Le moment déstabilisant et forcément nostalgique pour la moitié de la France de tourner la page et de savoir dire :

 Bonne  chance monsieur le président ! 

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