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Qui virer ? Qui garder ? 
Les mesures radicales 
pour sauver l’équipe de France
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Les Schtroumpfs

Qui virer ? Qui garder ? Les mesures radicales pour sauver l’équipe de France

Les Bleus rentrés à la maison, il est temps de dresser un bilan de cet Euro plus que mitigé... Philippe David distribue les bons et les mauvais points aux joueurs et au sélectionneur, et annonce sans équivoque ce qui doit changer dans l'avenir...

Philippe David

Philippe David

Philippe David est cadre dirigeant, travaillant à l'international.

Il a écrit trois livres politiques : "Il va falloir tout reconstruire", ouvrage qui expliquait le pourquoi du 21 avril,  "Journal intime d'une année de rupture", sorti en 2009 aux éditions de l'Ixcéa, qui retrace les deux premières années de présidence Sarkozy et  "De la rupture aux impostures", Editions du Banc d'Arguin (9 avril 2012). 

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Revue d'effectifs des Bleus. Qui a déçu ? Qui a émergé ? Et surtout : que faire pour la suite ?


Gardiens :

-Lloris : Une des rares grandes satisfactions de l’Euro. Il a empêché que les matches contre la Suède et l’Espagne se soldent par des scores bien plus lourds. Le titulaire indiscutable à son poste.

-Mandanda et Carasso n’ayant pas joué, rien à dire pour eux.

 

Défenseurs :

-Matthieu Debuchy : Une des autres rares satisfactions. Il avait marqué les esprits à Brême avec ses deux passes décisives et est devenu le titulaire indiscutable à son poste. Rien à redire sur l’état d’esprit et la combativité. Reviendra immanquablement chez les Bleus.

-Patrice Evra : Titularisé contre l’Angleterre, il fît une faute aussi bête qu’inutile qui coûta le premier but. Remplacé par Clichy dès le match contre l’Ukraine, on ne l’a plus vu pour la suite de la compétition. A 31 ans on peut penser que l’équipe de France fait partie du passé pour lui si ce n’est comme doublure de Clichy.

-Gaël Clichy : Titularisé en lieu et place d’Evra  pour le match contre l’Ukraine, il a fait preuve d’une combativité irréprochable. S’il fût responsable sur le second but suédois (la défense centrale apathique n’ayant pas rattrapé son erreur de marquage), on ne peut pas lui reprocher le premier but espagnol puisqu’il était abandonné seul sur le coté gauche. Reviendra lui aussi chez les Bleus.

-Anthony Reveillère : Titularisé uniquement face à l’Espagne, il se fit enrhumer sur le premier but et causa le penalty du second. Ayant été convoqué suite à la blessure de Sagna, on peut penser qu’à  bientôt 33 ans l’équipe de France fait partie du passé pour lui.

-Laurent Koscielny : Le Gunner n’a joué qu’un match, celui contre l’Espagne, en profitant de la suspension de Mexès. Il n’y eut rien à dire sur sa performance qui fut plus que correcte vu l’absence d’automatismes qu’il avait avec Rami. Reviendra à coup sur chez les Bleus.

-Philippe Mexès : Il réussit deux premiers matches corrects (il faut dire que tant face à l’Angleterre que face à l’Ukraine la défense centrale fut peu sollicitée) avant de faire naufrage contre la Suède. Suspendu face à l’Espagne pour deux cartons jaunes, le second reçu contre la Suède étant aussi bête qu’inutile. Il a disputé à 30 ans sa première phase finale de grande compétition qui sera peut-être la dernière. Reviendra sûrement chez les Bleus mais pas automatiquement comme titulaire.

-Adil Rami : Pas un grand Euro pour lui. Après deux matches où la défense centrale fût peu sollicitée   il fît également naufrage contre la Suède avant de faire une prestation très moyenne face à l’Espagne. Vu son âge, reviendra sûrement en équipe de France .

 

Milieux de terrain

-Yoann Cabaye : L’autre grande satisfaction de cet Euro. Bon face à l’Angleterre et excellent face à l’Ukraine (avec un but et un poteau), son absence se fît sentir contre la Suède. Face à l’Espagne il fut moins en vue même s’il fût le meilleur milieu de terrain français dans ce match. Il est devenu le métronome du milieu et un titulaire indiscutable. Reviendra immanquablement chez les Bleus avec un rôle clef.

-Alou Diarra : Il fit trois prestations honnêtes avant d’être impliqué dans l’affaire du vestiaire qui fut peut-être la cause de son absence lors du match contre l’Espagne. A 31 ans, on devrait le revoir sous le maillot Bleu dans le rôle de « vieux briscard » chargé d’intégrer les nouveaux.

-Yann M’Vila : Homme de base depuis l’arrivée de Laurent Blanc, il ne put jouer pour cause de blessure lors des deux premiers matches. Titularisé lors des deux naufrages face à la Suède et à l’Espagne, on le vit peu à son avantage mais peut-être n’était-il pas complètement remis…Malgré une saison très moyenne avec Rennes, on devrait le revoir sous le maillot Bleu d’ici peu.

-Samir Nasri : Une bonne entrée en matière avec le but égalisateur contre l’Angleterre, suivi de sa première incartade suite à ce but. Correct face à l’Ukraine avant d’être inexistant face à la Suède et de devenir un des principaux protagonistes dans l’affaire du vestiaire. Remplaçant contre l’Espagne il joua 25 minutes sans qu’on se rende compte qu’il était sur le terrain. Pour terminer, il s’illustra une troisième fois en zone mixte avec un journaliste de l’AFP. On le disait pourtant devenu gérable... On ne devrait pas (plus ?)  le revoir sous le maillot Bleu avant longtemps.

-Florent Malouda : Passé à côté de son match contre l’Angleterre, il ne joua pas contre l’Ukraine (qui fut le meilleur match de l’équipe de France). Il rentra en jeu contre la Suède en n’amenant rien à l’équipe. Titulaire contre l’Espagne, il n’apporta rien non plus, surtout en termes de repli défensif (voir le premier but de Xabi Alonso). A 32 ans, on peut penser que l’équipe de France est désormais derrière lui.

-Marvin Martin : Il aura joué un quart d’heure contre l’Ukraine en faisant bien son travail. Impossible de le juger pour si peu de temps de jeu mais on le reverra en équipe de France.

-Blaise Matuidi : N’a pas passé une minute sur le terrain.

 

Attaquants

-Hatem Ben Arfa : Après un temps de jeu anecdotique contre l’Angleterre, il joua une heure contre la Suède sans rien démontrer, avant d’être à l’origine de l’affaire du téléphone qui fût une des causes du clash dans le vestiaire après le match. On le disait lui aussi devenu gérable, ce qui a peut-être convaincu Laurent Blanc de le convoquer. On ne devrait pas (plus ?) le revoir lui non plus sous le maillot Bleu avant longtemps.

-Franck Ribéry : Titulaire à tous les matches, il fut combatif, tranchant et on sentait bien dans son attitude qu’il voulait tenter de se racheter de 2010. Malheureusement son bilan chiffré est faible avec zéro but et zéro passe décisive. On le reverra cependant surement en équipe de France.

-Karim Benzema : On peut se poser beaucoup de questions sur lui. C’était sa deuxième phase finale de grande compétition et il en est toujours à zéro but marqué. Il y eut, c’est vrai, deux passes décisives contre l’Ukraine, mais c’est beaucoup trop peu pour un joueur de son standing. Est-il réellement un aussi bon joueur qu’on veut bien le dire ou brille-t-il au Real car il est entouré de coéquipiers exceptionnels et du fait que la « Liga » compte 2 équipes hors normes, 3-4 bonnes équipes et une quinzaine de « faire-valoir » contre lesquels on peut enfiler les buts comme des perles quand on joue dans une équipe comme le Real ? Deux questions qui méritent d’être posées…

-Olivier Giroud : Auréolé de son titre de meilleur buteur, il ne joua que des bribes de match. Entré en jeu contre la Suède, il se créa, avant d’avoir touché le moindre ballon, la plus grosse occasion du match. Reviendra à coup sûr en équipe de France.

-Jerémy Menez : Il y a beaucoup à dire sur ses performances. Certes, il a marqué le premier but contre l’Ukraine mais après avoir vendangé pas mal d’occasions, et avoir failli laisser ses coéquipiers à 10 juste avant la mi-temps. Il joua un petit quart d’heure contre la Suède et une demi-heure contre l’Espagne où il ne trouva rien de mieux que d’insulter l’arbitre qui venait de siffler contre lui (il s’en tira avec beaucoup de chance avec seulement un jaune). Pour les replis défensifs ce n’est pas ça non plus. On le reverra en équipe de France mais il faut absolument qu’il apprenne à réfléchir, à se maîtriser et à jouer collectif…Il y a donc pas mal de boulot.

-Mathieu Valbuena : Il n’a pas joué une minute et, contrairement aux autres Bleus qui n’ont pas joué, il est nécessaire de parler de lui. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il fut présent dans l’effectif pendant ces deux dernières années, se comporta de manière irréprochable sur et hors du terrain, réalisant toujours de bonnes performances et que tout ce travail ne fut aucunement récompensé pendant cet Euro. On imagine la frustration qu’il a du ressentir mais il est certain qu’il reviendra en équipe de France. La gestion du cas Valbuena par Laurent Blanc est une énigme à laquelle nous aimerions tous avoir des réponses…

 

Le sélectionneur

-Laurent Blanc : Inutile de dire que le bilan est mitigé et incroyablement symétrique. Laurent Blanc a commencé son contrat avec deux défaites (contre la Norvège et la Biélorussie) et terminé son contrat avec deux défaites (contre la Suède et l’Espagne). Entre temps, une série de 23 matches sans défaite avec trois victoires de prestige face au Brésil, l’Angleterre et l’Allemagne (les deux dernières à l’extérieur). Sur le fond, le changement de style avec l’ancien sélectionneur fut patent et le style de jeu de l’équipe était devenu cohérent et s’était amélioré. Dans cette longue série sans défaite, tout alla bien jusqu’au match contre la Suède. On connaît désormais les incidents qui se sont passés après le match mais s’est il passé quelque chose avant ? Vu la cassure dans l’équipe, c’est totalement envisageable.

On peut lui reprocher, comme je l’ai fait hier, de ne pas avoir exclu Ben Arfa pour ses propos après le match contre la Suède. En effet, l’absence de sanction prouvait une nouvelle fois qu’il n’y avait pas de véritable patron à la tête de l’équipe mais Laurent Blanc pouvait-il le faire ? Ses rapports pas franchement amicaux avec Noël Le Graët, le Président de la Fédération, ne sont un secret pour personne et il se murmure depuis un certain temps qu’on verrait le remplacement de Laurent Blanc d’un bon œil à la Fédération, le nom de Paul Le Guen étant fréquemment cité. Le refus de prolonger le contrat de Laurent Blanc jusqu'en 2014 avant l’Euro (par le même Noël Le Graët qui avait soutenu mordicus Domenech après le bien plus cataclysmique Euro 2008) montre qu’il n’y a pas une grande envie de voir « le Président » rester à son poste du côté des plus hautes instances du football français. Laurent Blanc ne sera peut-être même pas preneur, Tottenham désirant s’attacher ses services moyennant une rémunération bien plus élevée que sa rémunération de sélectionneur.

Certes, le bilan de Laurent blanc n’est pas parfait (mais aucun entraîneur n’a jamais eu un bilan parfait). On peut cependant lui reprocher trois choses : la gestion des cas Valbuena et Gourcuff et les deux coups de poker qui ont échoué. Coup de poker humain avec l’appel de Ben Arfa et Nasri (surtout le premier qui n’avait plus joué en équipe de France depuis longtemps) et coup de poker tactique contre l’Espagne qui aura été un fiasco.

Cependant, que changerait un départ de Laurent Blanc ? Rien si on ne change pas les joueurs qui ont eu un comportement inacceptable hors du terrain et insuffisant sur le terrain (et évidemment ceux qui cumulent les deux).

Si jamais celui-ci refusait un nouveau contrat pour aller entraîner en club ou dans une autre équipe nationale (chose difficilement imaginable), ou tout simplement pour prendre une année sabbatique, qui pourrait le remplacer ?

Il faudrait, si c’est un français, un joueur au passé prestigieux (donc de la génération Platini ou Zidane), ayant entraîné au moins un grand club, meneur d’hommes et légèrement psycho rigide pour ne laisser passer aucun début de caprice de diva. Dans la génération Platini, on pense naturellement à Jean Tigana et à Luis Fernandez et dans la génération Zidane à Didier Deschamps. Le problème est que Tigana et Fernandez ne veulent peut-être pas du poste, et que Tigana sort d’un échec avec Bordeaux qui l’avait laissé écoeuré face au comportement des joueurs, et que Luis Fernandez n’a plus entraîné une grande équipe depuis maintenant cinq ans (le Betis Seville). En ce qui concerne Deschamps, il est encore sous contrat avec Marseille (mais les contrats ne veulent pas dire grand-chose dans le football actuel) et son style de jeu très défensif risque de ne pas franchement réconcilier les français avec leur équipe…Si c’était un étranger, on pense naturellement à Fabio Capello qui cumule tous ces atouts, même si on rêverait d’un Josep Guardiola pour le style de jeu et d’un José Mourinho pour le sens tactique mais les deux sont définitivement hors de prix.

Reste maintenant à se décider vite car les qualifications de la coupe du Monde 2014 au Brésil commencent dans quelques semaines et il serait vraiment dommage de ne pas y être. Ce sera en effet la deuxième coupe du Monde organisée dans le pays des « Pentacampeones » et lors de la première, en 1950, la France n’y était déjà pas.

Il y 30 ans exactement, l’équipe de France jouant un football de rêve au Mundial espagnol gagnait le surnom de « brésiliens de l’Europe ».

Ce serait bien de redevenir les brésiliens d’Europe pour pouvoir aller défier les vrais brésiliens chez eux dans deux ans…

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