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Beaux livres sous le sapin : faites votre choix.
Beaux livres sous le sapin : faites votre choix.
©Reuters

Spécial beaux livres de Noël

Beaux livres sous le sapin : faites votre choix !

Des éditions luxe, glamour en diable, des ouvrages d’art, de photographie, des coffrets précieux, des fac-similés et des livres jolis à petits prix, Noël sera beau sous le sapin !

Barbara Lambert

Barbara Lambert

Barbara Lambert a goûté à l'édition et enseigné la littérature anglaise et américaine avant de devenir journaliste à "Livres Hebdo". Elle est aujourd'hui responsable des rubriques société/idées d'Atlantico.fr.

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"Audrey à Rome"

Dans les années 50, Rome était un plateau de cinéma à ciel ouvert : on l’appelait  « Hollywood sur Tibre ». Après « Vacances romaines », Audrey Hepburn revint plusieurs fois tourner à Cinecitta. La possibilité de vivre loin des paparazzi, de mener une existence « normale », tout en profitant de la dolce vita, la décidèrent très vite à franchir le pas et à s’installer dans la capitale italienne. Elle y résida plus de vingt ans, des années 50 aux années 70, de l’époque Mel Ferrer à celle d’Andrea Dotti, son deuxième mari. « Rome, à cause de son indolence – ou peut-être grâce à elle – a toujours protégé ma mère ; elle lui a laissé son rythme et son espace », écrit son fils, Luca Dotti, à l’origine du livre. Réalisé à partir d’archives en partie inédites, on y découvre une Audrey Hepburn inattendue, à la fois actrice, mère, épouse, et amoureuse – une Audrey Hepburn plus femme, plus libre, plus mystérieuse : « italienne ».

Par Ludovica Damiani et Luca Dotti, Gallimard, 192 p., 25 euros.

« François Truffaut »

Pour marquer le trentième anniversaire de sa disparition, La Cinémathèque française consacre une grande exposition à François Truffaut jusqu’à la fin janvier. Le catalogue qui en est issu n’est un simple recueil de photos de tournage et de témoignages. Nourri d’archives personnelles, c’est un véritable « journal » de travail, informé, parfois grave, souvent joyeux, toujours extrêmement vivant. Grâce à lui, on comprend le processus à l’œuvre derrière chaque film, comment Truffaut travaillait, pensait, dirigeait, réalisait. On mesure aussi plus pleinement la dimension autobiographique de ses films. Le tout dans une mise en pages très réussie où alternent des clichés en noir et blanc et des photos en couleurs dont on aimerait, en vrai, pouvoir faire des tirages tant ils sont vibrants.

Sous la direction de Serge Toubiana, Flammarion/La cinémathèque française, 240 p., 35 euros.

« Barbra Streisand »

On l’aime ou on la déteste, il n’y a pas de milieu. Si vous l’aimez, une chose est sûre : ce livre est fait pour vous. C’est un « must » - qui a son prix. Pour savoir « qui est Barbra Streisand », les photographes Steve Schapiro et Lawrence Schiller ont suivi la star pendant ses cinq premières années à Hollywood. Ce sont ces images que présente l’ouvrage de taille immense, au fil de pages couleurs sépia à reflets nacrés. Pour figurer « Barbra », il fallait au moins ça... Des photos de films sont là, bien sûr, extraites, notamment, de « Nos plus belles années », « Funny Girl » ou « Une étoile est née »… Et puis, il y a les témoignages, les anecdotes de ceux qui l’ont fait tourner, avec qui elle a chanté et… qui l’ont aimée. Un « collector », un vrai !

Par Steve Schapiro, Lawrence Schiller, Patt Morrison, Lawrence Grobel, Nina Wiener, TASCHEN, 340 p., 500 euros. En vente au Store Paris, 2 rue de Buci, 75006 Paris et au Store Paris Marais, 24 rue Vieille du Temple, 75004 Paris.

 

« Une histoire de l’élégance masculine. 1 Savile Row. Gieves & Hawkes »

A ceux qui préfèrent l’élégance italienne au « chic anglais », la consultation de ce livre n’est pas seulement nécessaire : elle est indispensable. Consacré à la maison Gieves & Hawkes de Londres, qui habille la famille royale depuis George III, l’ouvrage présente le grand « œuvre » de l’illustre tailleur dans les somptueux décors du célébrissime 1, Savile Row et du non moins majestueux château de Wentworth. Entre les photographies, à tomber, la maquette, sobre et racée, le texte, très documenté, teinté comme il se doit d’humour anglais, on ne sait plus, en vérité, où donner des yeux – et cela d’autant plus que l’ouvrage, de belle taille, est aussi grand qu’élancé. Mais ce divin opus ne se contente pas d’illustrer l’élégance masculine, il l’incarne, la met en forme, en exprime la formule : à le parcourir encore et encore, on réalise en effet que ce n’est pas seulement ce mélange de finesse et de simplicité qui fait le chic. C’est aussi quelque chose qui est à mi-chemin entre l’animal et le civilisé, le dompté et l’indompté. Une leçon à méditer…

Par Marcus Binney, Simon Crompton, Alasdair MacLeod, Colin McDowell, Peter Tilley, Bruno Ehrs, Flammarion, 200 p., 75 euros

« Niki de Saint-Phalle »

Sur la couverture bleu Klein, percée d’un trou, la belle Niki nous tient en joue. Comment lui résister ? Des années que l’on couve des yeux ses grosses bonnes femmes rigolotes, ses monstres et ses dragons peinturlurés de couleurs vives et gaies, d’éclats de verre ou d’émail brisé. A Paris, sa fontaine, installée à côté du Centre Pompidou, est si étonnante, joyeuse, vivante qu’elle est devenue un lieu de rendez-vous incontournable, aussi bien pour les amis que pour les amoureux. Il aura fallu la grande rétrospective du Grand Palais pour découvrir, derrière cette exubérance rieuse, enfantine, une femme ô combien blessée… et douée, de fait, d’une incroyable force, d’une véritable rage de vivre et de créer. Comme l’écrit celle qui se considérait comme sa « petite-fille », Bloum Cardenas (Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely n’ont pas eu d’enfants), « Niki était un monstre sacré, un phénix qui brûlait la plupart de ses relations, volontairement ou non. C’était une femme violente, complexe et pleine de contradictions. Elle semblait fragile mais pour moi, elle représentait la Force même ». C’est cette force, dans ses aspects les plus lumineux et les plus sombres, que donne à voir ce livre. Signe qu’il est au diapason de l’artiste, ce sont les motifs espiègles, tendres et piquants, les tons vifs et chatoyants qui dominent ici largement.

RMN/Grand Palais, 368 p., 50 euros.

 

« Musée Picasso »

La réouverture du musée Picasso ne s’est pas faite sans encombre… c’est une raison de plus de la fêter ! Constitué par Anne Baldassari, son ancienne directrice, le catalogue présente les 400 œuvres majeures de la collection présentée à l’Hôtel Salé, qui en compte plus de quatre mille et est à ce jour la plus riche au monde. Pour retracer le parcours du Maître, la conservatrice a opté pour l’ordre chronologique, ce qui est encore la meilleure façon de montrer l’évolution de son œuvre, depuis la découverte de la photographie – qui fait dire à Picasso qu’ « (il peut se) tuer. Je n’ai plus rien à apprendre » ­– jusqu’au portrait « Le jeune peintre » de 1972, en passant, bien sûr, par la période bleue. Sous une belle couverture rouge gravée d’une tête de taureau, cet ouvrage savant, juste ce qu’il faut, peut se feuilletter comme un livre d’images : pour le plaisir des yeux – et de l’esprit.

Sous la direction d’Anne Baldassari, Flammarion/Musée Picasso, 564 p., 35 euros.

« Hokusai. La Manga. L’édition complète commentée »

Longtemps, Hokusai s’est réduit à sa « Vague » - « la grande vague de Kanagawa ». Et puis, on a découvert « Le rêve de la femme du pêcheur », cette estampe ô combien brûlante où une pieuvre géante embrasse le sexe d’une femme offerte et pâmée, pour dire les choses de manière chaste et policée. Exposition au Grand Palais oblige, on a découvert encore cette année une nouvelle facette du maître japonais qui, en son temps, inspira Van Gogh et Monet. Celui qui signait certaines de ses œuvres « le fou de dessin », est aussi et en effet considéré comme le père du ou de la « Manga », un mot qu’il a forgé lui-même et qui signifie « esquisse spontanée ». Pendant vingt ans, de 1814 à 1834, l’artiste s’est appliqué à saisir les scènes de la vie quotidienne japonaise, ses paysages, mais aussi ses personnages les plus fantaisistes et les plus étonnants. Au total, quinze volumes réunissant plus d’un millier de dessins que les éditions Hazan ont eu la bonne idée de rassembler en deux superbes volumes présentés dans un bel étui fermé par un ruban. Cerise sur le gâteau : pour la première fois, les œuvres sont reproduites en couleurs, dans leur version originale, avec des commentaires permettant de les décrypter. Un véritable concentré de Japon, mode XIXe, à la fois poétique, truculent et cru : singulier et détonnant.

Par Matthi Forrer, Hazan, 2 volumes de 450 p. chacun sous étui habillé avec rubans , 1000 reproductions couleurs, 57 euros.

« Building Stories », par Chris Ware

Amateurs de « graphic novels », réjouissez-vous ! Chris Ware a encore frappé. Et plus somptueusement que jamais. Livré dans un immense coffret regroupant quatorze livres, brochures, extraits de journaux, tous réalisés bien sûr de la main de l’auteur, son « Building Stories » est une espèce de « Vie, mode d’emploi » revisitée, une tentative insensée de traduire, saisir et embrasser les univers, les pensées, les joies et les peines des habitants d’un immeuble de Chicago. On peut y entrer par le troisième étage, où demeure le personnage principal de l’histoire – une femme hantée par la perte d’un amour de jeunesse, par le second, où vit un couple qui ne cesse de se disputer, ou par le premier, dévolu à la propriétaire du bâtiment. Chaque élément présenté dans le coffret permet de dégager un nouveau point de vue, de confronter les versions des uns et des autres et d’enrichir la vision de l’ensemble. La magie étant que le lecteur est libre de les lire dans l’ordre de son choix et de « construire », ou de reconstruire, l’histoire - les histoires – à sa manière, selon ce qu’il a ressenti, éprouvé, compris, aimé ou pas aimé. Une sacrée belle réalisation, fine, intelligente et sensible.

Delcourt, 69,95 euros.

« Eloge des arborinidés »

C’est un petit livre ivoire illustré de planches botaniques, de cartes et de dessins qu’on aimerait serrer dans un coffret pour pouvoir le protéger. Son auteur, Julien Nouveau, en a eu l’idée alors qu’il jardinait avec sa mère. Le principe : inventer de nouveaux arbres, mieux, une nouvelle espèce d’arbres. Parvenus « à un stade avancé et singulier de leur évolution », explique-t-il en introduction, la « morphologie (des arborinidés) s’affine, leur métabolisme se diversifie, se complexifie, leurs comportements s’enrichissent d’atours tels qu’à leur égard on en vient à parler de mœurs ». De mœurs ? Pour des arbres ? Les arborinidés se comporteraient-ils à la manière des hommes ? Beaucoup plus poétiquement. Il y a ainsi, par exemple, le « genêt manalier », « incapable d’autofécondation », qui « offre à ses congénères le lit de ses fleurs femelles, qu’il étend jusqu’à eux pour pallier la vulnérabilité du pollen mâle, composant par là même le théâtre d’un entremêlement de racines en fleurs, innombrables et odorantes ». Il y a encore l’ « arvorebera », dont les rameaux sont « tels des mâts de misaine gréés de voiles seyant à la navigation ». « Amoureux du large », cet arbre, « parvenu à un certain âge », rompt « l’amarre qui le (retient) à la terre, s’en va et gagne la mer, raconte Julien Nouveau. (…) Les navigateurs croisent parfois ces enclaves de bois perdues au milieu de l’océan (…). Considéré comme signe de bon augure, les marins louent le hasard de cette rencontre à grand renfort de chants ». Vous tiquez ? L’auteur a pensé à ajouter la partition de la chanson des « Trois frères » que les marins entonnent quand ils croisent un arvorebera sur la mer. Un trésor, ce petit livre, on vous dit.

Par Julien Nouveau, Intervalles, 126 p., 19 euros

« Le grand grimoire de la cuisine »

Secrets de cuisine ou recettes magiques ? Les deux ! Sorcière et magicienne, Brigitte Bulard-Cordeau a rassemblé dans son grimoire de quoi enchanter les papilles mais aussi charmer le corps et l’esprit… A partir d’ingrédients naturels et simples (fruits, légumes, aromates…), elle propose ainsi des recettes « pour rester mince et jeune », « devenir désirable », « avoir le feu aux joues », « éviter les larmes », « mettre du piquant », ne plus en « avoir gros sur l’estomac », « découvrir un ange » et chasser ses idées noires… Cuisinière autant que sorcière, elle indique à chaque fois comment les servir, avec quel repas, quelle boisson… Conteuse, la drôle de cuisinière raconte aussi où, quand, comment, souvent pourquoi, ces formules à effets sont nées. Le tout est présenté dans un gros et grand livre aux pages délicieusement jaunies

Par Brigitte Bulard-Cordeau, Le Chêne, 504 p., 29,90 euros.

 

"Cahier de coloriages L’âme du Japon Katsushika Hokusai", "Cahier de coloriages Niki de Saint-Phalle"

Vous cherchez un petit cadeau subtil et futé pour un enfant ? Les cahiers de coloriage des éditions du Chêne ne sont certes pas des « livres », ils n’en demeurent pas moins diablement intelligents. Ce qu’ils proposent ? Rien moins que colorier, « peindre », des œuvres signées Hokusai ou Niki de Saint-Phalle. Histoire de ne pas grabouiller bêtement, chaque représentation est précédée d’une petite fiche explicative qui permet de saisir le contexte, l’histoire et le sens du dessin. Libre à l’enfant de remplir les blancs avec les couleurs de l’artiste ou les siennes, de faire « à la manière de » ou d’ « exprimer son art ». Si avec tout ça, le poussin ne devient pas un génie !

Le Chêne, 90 p. env., 12, 90 euros.

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