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Bars à sourire : les dentistes grincent des dents...
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Blanchissement des dents ? Attention...

Bars à sourire : les dentistes grincent des dents...

Les "bars à sourire" pullulent un peu partout en France. Ce nouveau concept a pour but de redonner à notre sourire ses lettres de noblesses. Cependant l'ordre national des chirurgiens dentistes monte au créneau. Selon eux, ces salons spécialisés dans le blanchiment des dents mettraient en danger la santé de leurs clients.

Alain Moutarde

Alain Moutarde

Alain Moutarde est  chirurgien dentiste et docteur en chirurgie dentaire.

 

Il est secrétaire général de l'Union nationale des chirurgiens dentistes (ONCD)

 

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Atlantico : Quels sont les dangers des bars à sourire, ces salons spécialisés dans le blanchiment des dents ?

Alain Moutarde : Depuis un an, nos patients ont alerté notre attention sur ces établissements d’éclaircissement dentaires. Compte tenu des informations qui sont dans leurs publicités nous nous sommes un peu inquiétés. Nous avons effectué des requêtes auprès des TGI ( tribunaux de grande instance) de province et de Paris. Ces requêtes ont entraîné des inspections de la part d’huissiers. Lors de ces contrôles, ces derniers ont constaté  que les produits utilisés avaient des concentrations redoutables. Notamment dans un établissement en Province, où la concentration était 350fois supérieur à la réglementation autorisée.

Le danger des éclaircissements dentaires se trouve dans la concentration du produit. Jusqu’à 0.1% les dispositions européennes déclarent ces produits comme des substances cosmétiques. De 0 à 0,1%  ces produits sont en vente libre. De 0 à 6% ils sont en distribution par le biais d’un chirurgien-dentiste qui peut délivrer la première application de gel. Il n’existe pas de danger dès l’instant où la réglementation est respectée en termes de concentration des produits.

 

Que pensez-vous de l'utilisation du perborate de sodium pour éclaircir les dents ? 

Le perborate de sodium est un produit dangereux au regard de la santé publique. C’est un produit toxique qui ne doit pas être utilisé. Par conséquent, lorsque des établissements utilisent le peroxyde d’hydrogène ou le perborate de sodium, ils violent la loi : il existe une réglementation européenne très précise sur ce sujet. 

 

Cette expansion du phénomène a-t-elle des conséquences pour votre métier ? 

Pas du tout ! Nous sommes tout à fait hors marché si marché il y a. Je trouve légitime qu’un patient puisse vouloir obtenir un éclaircissement dentaire, c’est une contingence sociétale, les individus peuvent très bien avoir un beau sourire. Cependant, en tant que président de la commission de la vigilance et des thérapeutiques à l'ONCD je me dois de relever toutes les contre-indications. A savoir, de manière caricaturale, si une personne fume deux paquets par jour, et bois 20 cafés il faudra commencer par changer ses habitudes afin d’avoir une meilleure hygiène de vie. Et là nous pourrons éventuellement poser les questions d’un éclaircissement dentaire.

Ce phénomène n’a pas d’impact économique sur notre activité. Nous ne faisons pas la même chose, ce n’est pas un établissement d’officine d’éclaircissement dentaire qui est autorisé à utiliser une concentration de produit de 0 à 0,1% qui va pouvoir nous concurrencer : de telles quantités se trouvent actuellement dans certains tubes de dentifrices. Il n’y a pas danger pour le consommateur à en user cependant il ne faut pas en abuser.

Toutefois lorsque que la concentration d’un produit est de l’ordre de 0.1 à 6% cela doit s’effectuer par un chirurgien-dentiste qui va poser l’indication, le produit et surtout qui va en gérer les conséquences. 

 

Propos recueillis par Caroline Long

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