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La gauche est toujours obsédée par Nicolas Sarkozy.
La gauche est toujours obsédée par Nicolas Sarkozy.
©Reuters

Mort ou vif ? Vif !

Avis aux amateurs de ball-trap : Sarkozy sert plus la gauche en étant vivant que mort

Et si Nicolas Sarkozy était finalement plus une aubaine qu'une menace pour la gauche ?

RDV Revue de presse : Brad Pitt volage et Hollande sur la plage...

Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
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Atlantico : Comment définiriez-vous le rapport de la gauche à Nicolas Sarkozy ? Peut-on parler d'obsession ? En quoi ?

Benoit de Valicourt : En effet je crois qu’on peut parler d’une obsession de la part de la gauche vis-à-vis de Nicolas Sarkozy comme si la gauche avait besoin d’identifier et de personnaliser un adversaire pour lui permettre de créer l’unité non pas autour d’un projet mais contre une idée incarnée. C’est un peu comme si la gauche ne pouvait exister qu’à travers l’idéologie de ses adversaires et non pas par ce qu’elle est à même de proposer aux Français, la gauche a besoin d’un mal à combattre alors qu’il y a tant de maux dont souffrent les Français. Aujourd’hui on remarque que tout est fait pour focaliser les attaques de la gauche sur Nicolas Sarkozy même sur ce qui relève davantage d’une « trahison interne » et qui n’a pas de prise directe avec les affaires financières de la classe politique ou la gouvernance de la France. N’eut-il pas été préférable pour les membres du gouvernent et de la majorité de mesurer leurs commentaires souvent trop excessifs dans cette affaire Buisson, allant parler d’une « affaire exceptionnellement grave », sans doute plus grave que le nombre de chômeurs en France !

Le discours tenu par l'exécutif consiste bien souvent à comparer son  bilan à celui que laissait Nicolas Sarkozy. Que représente-t-il pour François Hollande et le gouvernement, aujourd'hui ? S'agit-il d'une mesure à laquelle se comparer en permanence, ou au contraire d'une ombre qu'on cherche à maintenir en vie pour effrayer – et donc galvaniser – les troupes ?

Je ne sais pas s’il est bien sérieux pour l’exécutif de comparer son bilan à celui de Nicolas Sarkozy pour deux raisons principales : d’une part, parce qu’il convient de comparer ce qui est comparable (conjonctures identiques, politiques similaires, …) et d’autre part, personne ne s’est jamais grandi en dénigrant ses adversaires. Et manifestement, à ce jeu des 7 erreurs, la gauche est perdante, les côtes de popularité du président Hollande et de Jean-Marc Ayrault en sont les cruels indicateurs. Donc, brandir l’ombre de Nicolas Sarkozy pour effrayer et donc galvaniser les troupes est juste contre-productif. L’amour et la haine sont souvent étroitement liés, il n’y a rien de pire que l’indifférence …

Plusieurs fois, les médias ont estimé que Nicolas Sarkozy faisait peur à la gauche. Dans quelle mesure est-ce vrai ? Au fond, Nicolas Sarkozy n'est-il pas l'ennemi commun de toutes les gauches ? Son retour n'unirait pas l'ensemble de l'aile gauche autour d'un candidat comme ce fut le cas en 2012 ?

Sans aucun doute Nicolas Sarkozy fait peur à la gauche car nous le savons tous, l’élection de Monsieur Hollande est une élection par défaut. Le casting ayant été changé à la dernière minute à gauche et la volonté des médias de ne pas soutenir Nicolas Sarkozy ont permis l’élection de François Hollande, il n’y a donc aucune autre raison objective à cette victoire à la Pyrrhus ! Aujourd’hui, l’exécutif sait qu’il n’est pas légitime, que les droites sont majoritaires dans le pays et qu’il n’y a qu’une seule solution pour combattre la droite, non pas sur le terrain les idées, mais à travers Nicolas Sarkozy et la « droitisation » de son discours, la montée du Front National qui est autant de points en moins dans les intentions de vote de l’UMP et enfin, l’exploitation des questions sociétales qui ne peuvent que diviser mais plus encore, exacerber les positions des plus radicaux emportés par les passions.

Le retour de Nicolas Sarkozy aurait en effet l’avantage d’unir la gauche mais encore faut-il qu’elle le veuille et je n’y crois absolument pas tant la question de l’égo est plus importante que l’unité des idées.

Quels effets la disparition de Nicolas Sarkozy du champ politique aurait-elle sur la gauche ? La gauche a-t-elle besoin d'un homme à détester pour ne pas se fragmenter et parvenir à conserver un semblant d'unité ? Aujourd'hui quelle autre figure que Nicolas Sarkozy pourrait vraiment  jouer ce rôle ?

Vouloir faire disparaître Nicolas Sarkozy, c’est comme s’attaquer à l’Hydre de Lerne ! Plus l’ancien président sera agressé, plus il deviendra victime et plus il sera renforcé. Le calcul de la gauche n’est pas le bon, elle se trompe d’adversaire et devrait davantage lutter contre son extrême qui est un frein à la stabilité économique et politique du pays.

Existe-t-il un autre homme à droite à détester par la gauche ? Je crois qu’ils sont nombreux ! Mais quitte à détester quelqu’un, autant choisir celui qui a les meilleures qualités pour jouer le rôle et c’est sans aucun doute Nicolas Sarkozy qui cristallise autant la haine que l’amour !

La gauche veut-elle tirer trop tôt ?

La gauche n’a pas le choix, elle sait qu’elle n’est pas légitime, elle sait que son action ne produit aucun effet et que ses adversaires sont au sein même de sa grande famille recomposée. Pour masquer ces réalités, elle ne peut que tirer sur celui qui incarne une autre vision de la France, sans pour autant être l’homme providentiel, au-dessus de la mêlée, apaisant toutes les crispations car manifestement qui sème le vent récolte la tempête !

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