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Avec Fillon, c'est la première fois que les Français choisissent comme les entrepreneurs
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Les entrepreneurs parlent aux Français

Avec Fillon, c'est la première fois que les Français choisissent comme les entrepreneurs

Les Français me rassurent en votant pour le travail. En effet, on ne peut pas reprocher à Fillon de ne pas avoir travaillé. Votre serviteur, à sa demande et celle de Pierre Danon, a produit ses mesures pour l’éducation numérique et j’ai participé avec Philippe Hayat aux mesures PME, il y a déjà plus de 15 mois.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Fillon n’entraîne pas un engouement proche de l’hystérie. En même temps, l’hystérique ce n’était pas lui. Fillon, c’est le diesel au moment où l’on souhaite la disparition. C’est donc un survivant, une particule fine. Fillon, c’est un peu mou de l’extérieur, mais c’est plus agréable que la raideur de certains, l’arrogance en moins. Il faut dire que le Canada rend rugueux !

Fillon a travaillé, ce qui est rassurant, car je pensais que la forme l’emportait sur le fonds, que les petites phrases l’emportaient sur les grandes idées, que le travail ne payait pas. Les Français me rassurent en votant pour le travail. En effet, on ne peut pas reprocher à Fillon de ne pas avoir travaillé. Votre serviteur, à sa demande et celle de Pierre Danon, a produit ses mesures pour l’éducation numérique et j’ai participé avec Philippe Hayat aux mesures PME, il y a déjà plus de 15 mois. On ne peut pas lui reprocher d’avoir fait appel à la société civile pour construire ses idées pour l’entrepreneuriat en France. C’est rassurant un politique qui consulte les français qui travaillent plutôt que les prétendus experts politiques et économiques, qui ont déjà bien du mal à expliquer le passé !

En effet, en tant que président d’une association d’entrepreneurs, non politiques, nous avions, avons et aurons toujours l’obligation de répondre présent à tous les candidats, quels qu’ils soient (sauf les extrêmes), et leur donner l’avis d’un terrain qu’ils ne connaissent pas ou peu, pour n’avoir jamais ou rarement travaillé.

C’est bien la première fois que les français votent comme les entrepreneurs. Majoritairement les entrepreneurs rejetaient Sarkozy, dont ils refusaient la violence et une volonté de revanche qui n’apporterait rien à la France. Une large méfiance pour Jupé dont le seul avantage était, d’après nous, de ne faire qu’un mandat, tant l’âge l’aurait rattrapé en 2022. Mais l’homme du minitel et de prisunic, ne nous inspirait rien de terrible, cette rigueur pré-mortem est vraiment dérangeante. Fillon n’excitait personne, son programme économique en revanche semblait plus crédible. Or, dans une élection ou personne n’emballe les français, il faut toujours un vote par dépit, et Fillon est le moindre dépit. Le moindre mal.

Pour ceux qui pensent que le digital transforme en profondeur la société, bouleverse nos fondamentaux, pourrait nous donner cette croissance qui nous manque tant et des champions que nous n’avons pas, ils restent de marbre. Personne n’a prononcé le mot pendant la primaire, sauf NKM, du bout des lèvres, comme prise d’une toux imprévue.

Une automatisation qui pourrait balayer les jeunes de basse qualification ? Personne n’en parle. Une vague qui remplace massivement des salariés par des indépendants, modifiant par le bas, ce que leur refuse le haut ? Personne n’en parle. Des députés de gauche et de droite, coalisés dans une ignorance aussi coupable, pour charger, interdire et fiscaliser le numérique français, nous privant d’avenir et de champions mondiaux du digital ? Personne pour n’avouer, il est vrai, sa légèreté, son incompréhension, son ignorance. Bref, personne n’en parle et c’est dramatique.

Nous aurons donc Fillon, certainement. Donc potentiellement président, car Hollande n’arrivera jamais à réunir son camp face à lui et leur faire croire qu’il est plus dangereux que Sarkozy qui était leur gagnant idéal. La tête de turc, le punching-ball, celui qui provoquait la levée des boucliers et des gousses d’ail. Fillon, avec ses belles poches, valises, sous les yeux, évoquent le gars qui bosse. Cela rassure. Fillon, avec son style endormi sur mode veille, ne peut pas cristalliser la haine que Sarkozy pouvait provoquer, même si ses idées sont bien ancrées à droite pour certaines d’entre elles. Fillon, c’est toute la leçon tirée de la Fontaine, à savoir partir à point pour l’emporter avec certitude. Nous n’avons plus de lièvres, mais la tortue, et verront si sa carapace pourra nous protéger du pire et si sa lenteur sera la garantie d’une vision à long terme, celle d’une France qui prend son temps pour éviter la précipitation. Mais ce sera au pilote de course, à qui nous demanderons de prendre les virages à la corde, si nous voulons cesser de dégringoler dans la course à la domination mondiale.

Pour nous tous, il sera intéressant de suivre le programme de Macron, afin de voir ce qu’il pourrait ou non apporter face à celui de Fillon. Et Juppé, car on ne sait jamais. Même si ce dernier a presque l’âge des 2 autres cumulé ! A chaque semaine, ses surprises.

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