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Ne pas céder aux sirènes de la littérature d’ailleurs. Acheter de vrais livres écrits par des auteurs parisiens confirmés.
Ne pas céder aux sirènes de la littérature d’ailleurs. Acheter de vrais livres écrits par des auteurs parisiens confirmés.
©Flickr/sergeymk

A la rescousse

Auteurs en détresse : pourquoi il est urgent de sauver la littérature parisienne authentique

Natacha Braque pousse un cri du cœur pour relancer la littérature de Saint-Germain, encourageant les lecteurs à lire et à relire ces livres si uniques. Extraits de "Rivegauchez-vous" (1/2).

Natacha  Braque

Natacha Braque

Natacha Braque est une auteure sous pseudonyme. Elle a écrit le pamphlet "Rivegauchez-vous" aux éditions de l'Opportun.

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On me demandera : pourquoi les ouvrages de littérature parisienne authentique ont-ils besoin d’être protégés et défen­dus ? Je répondrai par une métaphore accessible au plus grand nombre : parce qu’ils sont aussi fragiles que le millefeuille de chez Lipp ou que le macaron géant à la truffe blanche et aux noisettes du Piémont à l’extrême vanille de Pierre.

Notre littérature, celle du presque rien, du si peu, de l’infime, du non-dit hurlé, de l’intime extimé, du robinet qui fuit, du bas qui file, du pétard qui s’éteint, du Lexomyl qui se délite, de l’auréole de thé sur la table du Buci… a un besoin vital d’être lue pour exister. Car à peine a-t-on fini de la lire qu’on l’oublie aussitôt. Et c’est pour cela qu’il faut encore et toujours la relire. D’où ce cri d’urgence que je lance à nos lecteurs et lectrices : Lisez-nous ! Relisez-nous ! Re-relisez-nous. Re-rerelisez-nous… Et je suis prête à continuer ainsi autant qu’il le faudra. Opiniâtrement, sans relâche.

Mes histoires – nos histoires – d’hommes et de femmes de sexes différents qui se rentrent dedans par hasard ou par néces­sité, qui se déchirent dans la cuisine, se rabibochent à la FIAC, font du scooter autour du Luxembourg, achètent un presse-étoupe au Leroy-Merlin de Beaubourg, prennent de la coke ou une tisane, claquent des portes, font leurs courses au Franprix de la rue du Cherche-Midi, sortent de chez leur psy, prennent le train pour l’île de Ré… n’existent que parce que quelqu’un(e), quelque part, les lit… Et les relit.

Oserais-je ajouter…et les re-relit ?

Car si personne ne nous lit plus, à quoi bon écrire dans l’ur­gence ? À quoi bon nous écarteler entre le « rien à dire » (que nous affrontons tous les jours) et le besoin impérieux, bestial, de publier encore et encore ? À quoi bon quitter Paris, notre Paris, pour affronter les embouteillages, la campagne hostile, les moustiques, le désert culturel… et nous emmurer vivant(e)s dans nos chaumières du Perche ou nos mégisseries retapées en Ardèche ?

Si nous endurons tout cela, lecteurs, lectrices, n’oubliez jamais que c’est… pour vous seul(e)s! Alors, de même que nous nous sommes, un jour, engagés en littérature pour vous, de même que nous vous avons tout donné de nous, c’est main­tenant à vous de vous engager en nous donnant, à votre tour, les moyens de continuer.

Concrètement, que pouvez-vous faire pour nous dédommager ?

• Vous racheter en nous rachetant.

• Penser à nous pour vos cadeaux de fin d’année ou vos anni­versaires (n’oubliez jamais que chaque exemplaire acheté, qu’il soit lu ou pas, sera pris en compte dans nos relevés de droits d’auteur).

• Nous recommander sur vos comptes Facebook, Twitter et dans vos blogs.

• Ne pas céder aux sirènes de la littérature d’ailleurs. Acheter de vrais livres écrits par des auteurs parisiens confirmés.

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Extrait de "Rivegauchez-vous" aux éditions de l'Opportun (23 août 2012)

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