"Au secours, Jésus revient !". Eh bien même pas peur… | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Politique
"Au secours, Jésus revient !". Eh bien même pas peur…
©DR

C'est la faute à Fillon !

"Au secours, Jésus revient !". Eh bien même pas peur…

Il parait que les soutanes prolifèrent avec arrogance. Et qu'elles vont faire élire l'ancien Premier ministre de Sarkozy.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

Voir la bio »

C'est une Une qui cherche à faire peur. La France corsetée dans un chapelet ayant valeur ici de fils de fer barbelés. Avec un titre annonciateur d'un cataclysme sans précédent, d'une catastrophe nationale et historique : "Au secours, Jésus revient !". C'est Libération qui lance ainsi un vibrant "Aux armes, citoyens républicains et laïques". Et l'effroi nous gagne quand le journal nous révèle que les lobbies catholiques vont désigner le prochain président de la République.

Et tout ça à cause du score victorieux et écrasant de François Fillon lors du premier tour de la primaire de la droite et du centre. Cet homme serait en effet un catholique de l'espèce la plus pernicieuse : un "traditionaliste". La formule est d'Alain Juppé, qui a très vite de l'eau dans son vin de Bordeaux, s'étant aperçu un peu tard de l'effet désastreux de ses outrances.

On entrevoit donc l'apocalypse qui s'annonce. Le retour de la soutane, la messe en latin, des bénitiers installés à l'entrée des écoles, l'obligation de faire maigre le vendredi… Et peut-être même pire : les Juifs contraints de payer pour la réfection des églises afin d'expier le mal qu'ils ont fait à Jésus, les musulmans à qui l'on interdira d'égorger des moutons pour l'Aïd el-Kebir. Et la France toute entière à genoux implorant le pardon pour avoir été si longtemps violemment anticléricale.

Ces bêtises sont dans l'air du temps. Quelqu'un qui a un peu peur de l'islam sera appelé islamophobe. Un autre qui osera s'affirmer fier d'être français sera décrété xénophobe. Un autre encore qui émettra des doutes sur les 35 heures deviendra un larbin à la solde du capitalisme le plus sauvage. Un autre enfin qui soutiendra que les églises font plus partie du patrimoine national que les mosquées sera définitivement étiqueté catholique traditionaliste.

La Une de Libération n'est que la partie émergée de l'iceberg. Dans sa partie immergée, on trouve l'extrême gauche, un gros morceau de la gauche et aussi (on l'a bien vu lors des attaques de Juppé contre Fillon) certains pans de la droite. Tous bouffent du curé afin de pouvoir se mettre à table avec un imam. Tous crient "Jésus revient !" comme s'il était jamais parti… Nos églises, nos cathédrales, nos basiliques, nos calvaires témoignent en effet de sa présence. Tel est notre paysage. Il n'est absolument pas nécessaire d'être catholique pour s'y sentir bien.

Mais quand on se refuse à combattre un ennemi bien réel, il est assez pratique de s'en fabriquer un virtuel. C'est qu'on est anticlérical, que diable ! Mais pas contre la seule religion qui s'avance en conquérante. La France – combien de fois faudra-t-il le répéter –, est l'un des pays les plus déchristianisés d'Europe. Le taux de remplissage des mosquées est incomparablement plus élevé que celui des églises et on compte en France plus de musulmans pratiquants que de catholiques pratiquants. Mais s'il y a aujourd'hui des gens, de plus en plus nombreux, qui se blottissent contre la croix, c'est qu'on leur a bouché l'horizon avec un croissant de plus en plus énorme.

Mais arrêtons maintenant de taper sur Libération et sur sa très imbécile Une. La rédaction de ce journal est juste bête et pas bien méchante. En effet, Laurent Joffrin, son directeur, a été mis hors de cause concernant l'assassinat du père Hamel à Saint-Étienne-du-Rouvray. Et il dispose d'un solide alibi s'agissant du meurtre au couteau commis dans une maison de religieux de l'Hérault..

 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !