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Arnaud Montebourg a intégré l’Insead lundi pour une session de formation de cadre dirigeant.
©DR

L'Édito de Jean-Marc Sylvestre

Arnaud Montebourg retourne à l’école, enfin une bonne nouvelle

Arnaud Montebourg a donc intégré l’Insead pour une session de formation de cadre dirigeant. C’est bien et c’est courageux. Mais ce qui est inquiétant, c’est qu'on lui ait confié la responsabilité de Bercy alors qu’il ne connaissait rien à l’entreprise.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Beaucoup de cadres dirigeants font cette démarche pour se préparer à une reconversion ou une promotion. L’Insead de Fontainebleau n’est pas la plus mauvaise des business school du continent.

Peu importe comment il va payer cette formation. Qu’il ait demandé une bourse, c’est un peu gonflé mais il est vrai que la plupart des étudiants se font payer les études par leur entreprise ou ils empruntent très facilement à une banque et remboursent plus tard sans problèmes, grâce au futur employeur. La formation dans une école de commerce est un investissement rentable, donc le financement n’est pas un problème.

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Revenons à Montebourg. Qu’il veuille suivre une formation à l’entreprise est une excellente idée, mais ce qui est terrifiant dans cette décision, c’est qu’il ne l’a pas prise avant.

Arnaud Montebourg a eu des responsabilités considérables au gouvernement, il a dirigé la politique économique, il a parlé et agit pour les entreprises. Et de son propre aveu, et  c’est terrible, cet ancien ministre a quand même reconnu qu’il n’avait jamais mis les pieds dans une entreprise, qu'il ne savait pas comment une entreprise créé de la valeur, et qu’il était temps qu’il aille à l’école. Ca veut dire qu’il ne connaissait rien à l’économie de marché, à l’innovation, à la compétitivité, à la mondialisation. Autant de thèmes qui sont la base de l’enseignement qu'il va recevoir.

Ce qui est encore plus grave, c’est qu’il y a très peu de responsables politiques qui connaissent l’entreprise. Au gouvernement, à part Emmanuel Macron, il n’y a pratiquement personne qui gère de près ou de loin ce qui pourrait ressembler à une entreprise. Au Parlement, la quasi-totalité des députés sont, soit des professionnels de la politique et du militantisme, soit des fonctionnaires.

Depuis que l’on a vu qu'un ancien d’HEC et de l’ENA devait attendre d’être président de  la République pour mettre les pieds en Chine pour la première fois, plus rien n’étonne.  

L’expérience d’Arnaud Montebourg devrait être obligatoire pour tout élu. Au minimum, il aurait pu apprendre l’anglais avant de passer aux responsabilités. Cette expérience va le transformer. Mais quel marqueur d’inexpérience et d’incompétence ! On s’étonne que les Français ne croient plus leurs élites politiques. On rêve.

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