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Après le confinement viendront, nous annonce-t-on, des jours tranquilles quand nous serons tous ensemble, tous unis, tous fraternels, tous écolos. Vraiment ?
©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Le Grand Soir c’est pour demain ?

Après le confinement viendront, nous annonce-t-on, des jours tranquilles quand nous serons tous ensemble, tous unis, tous fraternels, tous écolos. Vraiment ?

Ceux qui nous répètent ça ne sont pas toujours des menteurs. Avant tout c’est leur bêtise qui est en cause.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Joseph Staline meurt et va en enfer. Là-bas il retrouve le Tsar Nicolas II qui n’était pas non plus un enfant de chœur. Le Tsar est heureux de le voir : « Joseph donne-moi des nouvelles du pays. Comment va ma belle Russie ? ». « Elle va bien Nicolas », répond Staline. « Mais dis-moi Joseph, est-ce que les choses ont beaucoup changé depuis mon temps ? ». « Pas tant que ça Nicolas ». « Dis-moi Joseph, les paysans on les mène toujours à coups de fouets comme de mon temps ? ». « Oui », répond Staline. « Et dis-moi encore, les opposants on les envoie toujours en Sibérie ? ». « Oui, répond Staline ». « Et dis-moi encore, la vodka elle titre toujours à 43 degrés ? ». « Ah non, elle est maintenant à 45 degrés », répond Staline. Le Tsar : « Et tu crois que ça valait la peine de faire la révolution pour deux degrés ? ».

Dans Le Guépard alors que les troupes de Garibaldi ont débarqué en Sicile, Tancrède rejoint leurs rangs. A son oncle, le vieux prince Don Fabrizio Salina qui s’en étonne il explique cyniquement : « il faut que tout change pour que rien ne change ». La victoire des insurgés étant acquise, Don Fabrizio Salina lâche mélancolique : « après ce sera différent mais en pire ».

Depuis de nombreux jours s’étale dans les médias l’Evangile selon Saint Bobo. Intellectuels, sociologues, journalistes déversent sur nous des flots de crème pâtissière écœurante et bondieusarde. Après le confinement plus rien ne sera pareil mais en mieux contrairement à la prophétie de Don Fabrizio Salina. L’homme deviendra bon. Son âme sera purifiée. L’air non pollué deviendra respirable.

Avec eux se dessine un monde merveilleux. Comme Alice ils passent de l’autre côté du miroir. Et apparaissent alors des images touchantes et sirupeuses. Il y aura certes des centaines de milliers de chômeurs en plus : mais ceux du 27 iront tendre une main amicale à ceux du 93. Les élèves de Janson de Sailly iront s’unir a ceux du lycée professionnel Paul Eluard de La Courneuve.

Les flics racistes qui ont traité un Arabe de « bicot » se rendront dans les cités pour embrasser les « bicots ». Ces derniers se dirigeront en procession vers les commissariats de leurs quartiers les bras chargés de roses. Et les princes charmants sortis de Polytechnique et de Normale Sup’ épouseront les bergères de Trappes et de Stains.

On pourrait penser – à condition d’être naïf – que ces porteurs de bonnes paroles sont justes de doux rêveurs. Tel n’est pas le cas. Ils haïssent le monde dans lequel nous vivons plus qu’ils n aiment le monde nouveau qu’ils décrivent. Avec eux comme disait Don Fabrizio Salina : « ce sera pareil mais en pire ». Mais sans eux nous serons bien. Nous aussi nous avons le droit de rêver.  

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