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Alliance GSK-Google : comment la médecine bio-électronique pourrait révolutionner le traitement de bien des maladies
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Science-fiction

Alliance GSK-Google : comment la médecine bio-électronique pourrait révolutionner le traitement de bien des maladies

Le groupe pharmaceutique GSK a annoncé lundi 1er août la création d’une coentreprise avec Verily Life Sciences, filiale de Alphabet (Google), destinée à guérir les maladies chroniques grâces à des appareils bio-électroniques. Un pas de plus pour les tenants du transhumanisme.

Laurent Alexandre

Laurent Alexandre

Chirurgien de formation, également diplômé de Science Po, d'Hec et de l'Ena, Laurent Alexandre a fondé dans les années 1990 le site d’information Doctissimo. Il le revend en 2008 et développe DNA Vision, entreprise spécialisée dans le séquençage ADN. Auteur de La mort de la mort paru en 2011, Laurent Alexandre est un expert des bouleversements que va connaître l'humanité grâce aux progrès de la biotechnologie. 

Vous pouvez suivre Laurent Alexandre sur son compe Twitter : @dr_l_alexandre

 
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Atlantico : La filiale de recherche médicale de Google vient de signer un partenariat inédit avec GSK pour guérir les maladies chroniques grâce à des appareils bio-électroniques. En quoi la médecine bio-électronique consiste-t-elle sur un plan purement technologique ?

Laurent Alexandre : Tout d'abord, il faut savoir que la médecine bio-électronique existe déjà depuis les années 1960, avec des appareils médicaux comme le peace-maker par exemple, qui permet de régulariser le rythme cardiaque. 

La nouveauté, c'est l'échelle à laquelle veulent travailler les chercheurs de Google et GSK. Actuellement, les appareils électroniques utilisés pour faire fonctionner le corps humain, comme l'implant cérébral destiné à soigner la maladie de Parkinson par exemple, sont assez gros, donc très invasifs, et consomment beaucoup d'énergie. Le but est ainsi de miniaturiser ces appareils afin qu'ils ne détruisent plus aucun tissu et consomment moins d'énergie, en fabriquant de tous petits implants pour les accrocher par exemple autour des nerfs périphériques.

Qu'est-ce que la médecine bio-électronique est-elle censée apporter en termes thérapeutiques ? Où en est la recherche en la matière ?

La plupart des activités du corps humain sont contrôlées par des signaux électriques envoyés aux organes depuis le système nerveux, ces signaux pouvant être corrompus par une maladie chronique. L’idée est donc de modifier grâce à des mini-décharges électriques émanant de micro-implants accrochés aux nerfs le cours des signaux électriques circulant dans les nerfs, et ainsi de pouvoir soigner tout ce qui concerne les maladies inflammatoires, telles que les rhumatismes, le diabète de type 2, l'asthme ou encore le Lupus. Quelques essais ont déjà donné des résultats probants.

Néanmoins, nous sommes encore au tout début de la recherche dans ce domaine, puisque l'objectif est d'arriver à créer des implants commercialisables en 2023.

Les fondateurs de Google ainsi que son ingénieur star Ray Kurzweil sont connus pour leur engagement et leur activisme transhumaniste. En quoi la médecine bio-électronique peut-elle s'intégrer au projet transhumaniste ? Quelles en sont selon vous les dérives possibles ?

Par nature, la médecine s'inscrit dans le projet transumaniste, dans le sens où elle lutte contre la maladie, donc contre la nature. La médecine bio-électronique s'inscrit ainsi en plein dans cette dynamique, et ce d'autant plus qu'elle allie les appareils électroniques à la science, renvoyant à l'imaginaire du Cyborg et faisant miroiter des promesses d'immortalité.

Et comme toute médecine, la médecine bio-électronique risque d'être détournée de son usage initial pour détruire et non plus pour soigner (les neuroleptiques destinés aux schizophrènes ont par exemple été utilisés dans les goulags pour calmer les dissidents soviétiques). On peut ainsi imaginer que des hackers prennent à distance le contact de dispositifs bio-électroniques et détruisent des corps humains en modifiant leur fonctionnement, ou que des médecins mal intentionnés puissent prendre le contrôle total du cerveau de leur patient.

Le sujet vous intéresse ?

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