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L'Allemagne en appelle à sa population pour s'attaquer à la partie immergée de l'iceberg néo-nazi
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Meurtres politiques

L'Allemagne en appelle à sa population pour s'attaquer à la partie immergée de l'iceberg néo-nazi

Après l'arrestation d'un homme soupçonné d'avoir aidé la cellule terroriste NSU, la police appelle la population en renfort pour retrouver d'autres complices potentiels.

Ralf W., 36 ans, a été arrêté mardi dernier. Selon le parquet fédéral de Karlsruhe, il est soupçonné d'avoir soutenu la cellule terroriste "Clandestinité nationale socialiste" (NSU)  à agir dans l'ombre pendant plusieurs années. Il s'agit du quatrième suspect arrêté dans cette affaire qui a éclaté mi-novembre.

 

Trio de néo-nazis

 

C'est lors de la découverte des corps d'Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt, deux membres de cette cellule, que le réseau néo-nazi est découvert. Peu de temps après, une troisième personne, Beate Zschäpe, se rend.

 

La cellule terroriste NSU, qui travaille dans l'ombre depuis 1998, est soupçonnée d'être à l'origine des meurtres de neuf vendeurs de kebabs entre 2000 et 2006, d'une policière en 2007, de deux attentats à Cologne, et de 14 braquages de banques.

 

Aujourd'hui, 420 bureaux de police travaillent d'arrache-pied sur cette affaire, et épluchent pas moins de 2500 pièces à conviction, afin de trouver des complices potentiels. Car pour les forces de l'ordre, il ne fait aucun doute que ce trio de néo-nazis a bénéficié de l'aide de nombreuses personnes pour rester dans la clandestinité.

 

Pendant des années, les membres de cette cellule multiplient les voyages à l'intérieur du pays, louent 56 véhicules entre 2000 et 2011, changent d'appartement très souvent, rapporte le journal The Local.

 

Une organisation minutieuse qui semble difficile sans la participation de nombreux complices.

 

"Ils ne laissent rien au hasard La plupart des meurtres ont été minutieusement préparés", a déclaré Jörg Ziercke, chef de la police criminelle.

 

La population appelée à l'aide

 

Du coup, la police lance un appel :"Nos questions à la population sont les suivantes : où étaient-ils, que faisaient-ils, depuis 2000 voire même avant ? Qui les a vu dans des parkings, dans des campings, ou en train de louer des voitures ou autres véhicules ?" a demandé Jörg Ziercke.

 

Actuellement, Beate Zschäpe et deux autres complices présumés, Holger G. et André. E, sont en détention, rapporte la BBC.

Mais pour Bernd Wagner, criminaliste, cette cellule ne serait en fait que la partie visible de l'iceberg.

Si deux membres, (Uwe Mundlos et Uwe Böhnhardt ) sont morts et un troisième (Beate Zschäpe) s'est rendu, le problème n'est pas pour autant résolu, explique-t-il dans une interview pour le Frankfurter Rundschau. "Dans les cercles néo-nazis, il y a, depuis des années, une résistance qui s'organise en réseaux", affirme-t-il.

 

Le NPD au coeur du débat

 

Un phénomène qui inquiète l'Allemagne, et qui ravive le débat sur une éventuelle interdiction du Parti national démocratique (NPD). D'autant que le dernier suspect arrêté, Ralf Wohleben, avait des responsabilités dans ce parti dans le Land de Thuringe.

 

Certes, le NPD n'a pas connu de succès électoral, mais il siège aux assemblées régionales de Saxe et de Mecklembourg-Poméranie-occidentale. Et perçoit un million d'euros par an d'argent public au titre du financement des formations politiques. "S'il est avéré que le NPD a eu des contacts avec cette cellule, ce sera un argument fort en faveur de son interdiction", a déclaré Jörg Ziercke.

D'après le Sueddeutsche Zeitung, les ministres de l'Intérieur des Länder devraient se décider sur ce sujet dans les semaines à venir.

 

Selon un sondage publié par la chaîne TV, ARD, 74% des personnes interrogées se disent favorables à l'interdiction du NPD et 80% estiment qu'il faudrait modifier les lois protégeant la vie privée afin de permettre aux services de sécurité de conserver des informations sur les personnes soupçonnées d'appartenir à des mouvements d'extrême droite potentiellement violents.

 

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