Plaidoyer pour Christine Lagarde | Atlantico.fr
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"Christine Lagarde a gardé de sa précédente carrière d’avocate et de chef d’entreprise une rigueur et un souci du professionnalisme".
"Christine Lagarde a gardé de sa précédente carrière d’avocate et de chef d’entreprise une rigueur et un souci du professionnalisme".
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Affaire Tapie

Plaidoyer pour Christine Lagarde

Mise en cause dans "l'affaire Tapie", Christine Lagarde trouve en Gaspard Koenig un fervent défenseur. Ancien collaborateur de la ministre de l'Économie, il la défend avec fougue en insistant sur sa "rigueur et un souci du professionnalisme qui tranchent dans l’univers politique".

Gaspard Koenig

Gaspard Koenig

Gaspard Koenig a fondé en 2013 le think-tank libéral GenerationLibre. Il enseigne la philosophie à Sciences Po Paris. Il a travaillé précédemment au cabinet de Christine Lagarde à Bercy, et à la BERD à Londres. Il est l’auteur de romans et d’essais, et apparaît régulièrement dans les médias, notamment à travers ses chroniques dans Les Echos et l’Opinion. 

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"On loue la vertu, mais on la hait, mais on la fuit, mais elle gèle de froid, et dans ce monde il faut avoir les pieds au chaud". Ces mots que Diderot prêtait à son Neveu de Rameau pourraient s’adresser à l’un des neuf parlementaires PS qui ont écrit une lettre au procureur général de la Cour de Cassation pour demander l’ouverture d’une enquête de la Cour de Justice de la République sur Christine Lagarde dans « l’affaire Tapie ».

Que les socialistes louent la vertu, nul ne peut en douter, c’est pour le moment le seul argument de leur programme. Qu’ils la haïssent, leur acharnement contre Christine Lagarde le prouve désormais. On peut reprocher mille choses à la ministre de l’Économie, mais sans doute pas « l’abus d’autorité », pour reprendre les termes du de l’accusation. Christine Lagarde a gardé de sa précédente carrière d’avocate et de chef d’entreprise une rigueur et un souci du professionnalisme qui tranchent dans l’univers politique. Sa seule ambition : bien faire le job qu’on lui a confié. Depuis quatre ans qu’ils la voient à la manœuvre, tous les parlementaires le reconnaissent. Personne ne peut penser qu’elle a délibérément agi contre l’intérêt général – en l’occurrence, contre les intérêts financiers de l’État.

Mais voilà justement ce qui déstabilise et irrite les socialistes : l’honnêteté dans les affaires ; l’honnêteté en politique. Ils n’y croient pas ; ils ne veulent pas ou ne peuvent pas y croire. Qu’on ait pu gagner de l’argent sans être un escroc, qu’on soit au gouvernement sans arroser ses copains, voilà qui dépasse leur cadre conceptuel. On se souvient du mot de Mitterrand, confronté aux « affaires » du second septennat : "il faut d’ailleurs relativiser tout ça. Richelieu, Mazarin, Talleyrand ont pillé des trésors. Qui s’en souvient ?". Voilà pourquoi les socialistes ont toujours eu de la sympathie pour Bernard Tapie, qui confirme leurs idées fixes sur l’argent et le pouvoir. Voilà pourquoi ils ne supportent pas Christine Lagarde. Trop "clean" pour eux.

En tous les cas, le fonds de la manœuvre, opportunément exécutée dans les premiers mois de la course à la présidentielle, ne fait guère de doute. Même s’il est peu probable que la procédure aboutisse jamais, les dirigeants socialistes seront parvenus à associer le nom de Christine Lagarde à l’infâmante Cour de Justice de la République. En s’attaquant au symbole même de l’intégrité, en ternissant une des survivantes de la « République irréprochable », ils se donnent les mains libres pour dénoncer, dans la meilleure tradition poujadiste, « les années Fouquet’s ».

Finalement, comment mieux fêter le 10 mai 1981 qu’en ourdissant une de ces combinazione politiciennes dont le Florentin avait le secret ?

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