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Selon un sondage Harris Interactive pour Grazia, 63% des Français interrogés ne veulent pas que Ségolène Royal intègre le gouvernement.
Selon un sondage Harris Interactive pour Grazia, 63% des Français interrogés ne veulent pas que Ségolène Royal intègre le gouvernement.
©Reuters

Je reviendrai !

63% des Français contre le retour de Royal au gouvernement : la marque "Ségolène" est-elle vraiment has-been ?

Alors que Ségolène Royal ne cache pas son désir d'intégrer le gouvernement, la majorité des Français ne souhaitent pas voir l'ancienne candidate à la présidentielle faire son retour en politique d'après une enquête Harris Interactive pour le magazine Grazia.

François Belley

François Belley

François Belley est publicitaire. Il est l’auteur du roman « le je de trop », de l’essai « Ségolène la femme marque » et du blog « La politique spectacle décryptée par un fils de pub ! »

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Atlantico : Alors que Ségolène Royal fait la couverture du magazine VSD et ne cache plus son désir de revenir au gouvernement, la majorité des Français ne souhaitent pas voir l'ancienne candidate à l'élection présidentielle faire son retour en politique d’après une enquête Harris Interactive menée pour le magazine Grazia. Comment expliquez-vous le mélange d'amour et de haine qu'inspire la personnalité de Ségolène Royal ?

François Belley : Il faut d'abord noter que Ségolène Royal est un produit totalement à part sur le marché politique. Malgré le nombre d'échecs retentissants qu'elle a vécu, elle est toujours là. On connaissait son sourire, les Français ont découvert ses larmes après sa défaite aux primaires, puis aux législatives. Il n'en demeure pas moins que Ségolène Royal existe toujours politiquement. Si 64% des Français sont hostiles à son retour, presque 40% estiment qu'elle pourrait avoir sa place au gouvernement. Un peu comme Bernard Tapie, Ségolène Royal est une sorte de sphinx qui renaît de ses cendres. 

Il y a effectivement de la fascination et de la répulsion pour Ségolène Royal car c'est un personnage hors normes qui fait de la politique comme on fait du marketing. Elle a le sens de l' image et sait jouer avec l'émotion : sourire lorsqu'il le faut, pleurer lorsqu'il le faut. Par ailleurs, elle reste médiatique grâce à son parcours privé puisqu'elle est l'ancienne compagne du président de la République actuel.

Dans votre livre, Ségolène la femme marque, vous comparez l'ex-candidate à la présidentielle à une "marque" politique. Est-ce que "la marque Ségolène" est toujours tendance ?

Ségolène Royal reste "une marque" pour trois raisons. La première est son importante notoriété. Elle existe médiatiquement, donc elle existe politiquement.

Deuxième point, son identité politique est claire pour le "consommateur/ électeur" qui la positionne très facilement. L'esprit participatif est par exemple associé au personnage. François Hollande et Martine Aubry sont des "produits" politiques issus du parti socialiste. A l'inverse, Ségolène Royal n'a pas besoin du parti socialiste pour exister. Elle existe en tant que "Ségolène" et non en tant que marque PS.

Troisième élément, elle s'inscrit dans la durée. Daniel Cohn-Bendit est lui aussi une vraie marque politique parce qu'il a su incarner son "personnage" dans la durée à travers sa provocation et ses formules. Il a su garder le même cap comme Nicolas Sarkozy ou Arlette Laguiller dans des registres différents. Ségolène a su également s’inscrire dans le temps à coup de formules, de provocations et d'images chocs pour faire mouche.

Aujourd'hui, Ségolène Royal reste donc bien une marque, même si celle-ci est effectivement moins tendance qu'auparavant. Elle a perdu en crédibilité et en visibilité. Ségolène Royal est forcément moins dans l'air du temps d'autant plus que le "consommateur électeur"est versatile.

Malgré les mauvais sondages, Ségolène Royal peut-elle reconstruire son image de marque ?

Si demain, elle retourne au gouvernement, il n'est pas impossible qu'elle redevienne populaire. Comme Manuel Valls, elle pourrait jouer avec beaucoup de dextérité de la communication et des images. Il serait intéressant de voir comment les Français apprécieraient son retour de manière concrète. Ils constateraient probablement qu'elle a de l'expérience et de l'influence. Elle a été plusieurs fois ministre et a été candidate au second tour de l'élection présidentielle contre Nicolas Sarkozy.

Ségolène Royal conserve tous les atouts et les valeurs de "la marque", notamment sa combativité et sa pugnacité. C'est un gros capital à l'heure où le Premier ministre et même le président de la République se cherchent un style. A l'heure où Jean-Marc Ayrault se cherche une âme de chef de guerre, tout le monde connaît la détermination de Ségolène Royal. Elles est certes moins attractive qu'avant. Mais il ne serait pas inintéressant de comparer sa cote de popularité à celle de Michel Sapin ou Laurent Fabius. Le sondage qui vient d'être réalisé sur son éventuel retour n'est pas forcément inquiétant lorsqu'on le compare à la cote de popularité du gouvernement et du Président de la République.

Pour gagner en popularité, elle doit maintenant gagner en proximité. L'ancienne candidate à la présidentielle doit donc sans doute renouer avec le terrain et l'action pour reconquérir du crédit. Si elle revient au gouvernement, elle saura créer l'évènement autour d'elle comme Nicolas Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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