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Sondage

55% des Français considèrent que le bilan de Nicolas Hulot comme ministre est négatif

Un sondage exclusif Harris Interactive Atlantico et RMC qui montre aussi que 77% des Français pensent que les enjeux écologiques et environnementaux seront désormais mal pris en compte par le gouvernement.

A la demande de RMC et Atlantico.fr, Harris Interactive a interrogé un échantillon représentatif de Français sur la démission de Nicolas Hulot. Il s'agissait notamment de savoir comment les sondés jugéaient l'action de l'ancien ministre au sain du gouvernement.

 

 

Jean-Daniel Levy : 77% des Français s’attendent à ce que les enjeux écologiques et environnementaux soient mal pris en compte dans la politique menée par le gouvernement.

Il s’agit là probablement de la résultante d’une double logique : logique pré-électorale et logique de l’action gouvernementale. Logique pré-électorale, en effet car les Français n’ont pas identifié qu’Emmanuel Macron, dans le cadre de sa campagne eut parlé fortement d’écologie et d’environnement. Le Président qui plus est n’en a pas fait un axe fort lors de ses prises de parole précédant l’élection. Logique de l’action gouvernementale car Nicolas Hulot n’est pas parvenu, aux yeux des Français, à pouvoir véritablement faire bouger les lignes. Qui plus est ce sont surtout des renoncements qui ont été identifiés : lors des Etats Généraux de l’Alimentation, lors des débats sur le glyphosate, sur le nucléaire par exemple. Si Nicolas Hulot personnalité clairement identifiée, appréciée pour sa sincérité, pour sa capacité à pouvoir dénoncer des situations, expert de l’écologie et l’environnement, n’est pas parvenu à ses fins pourquoi et comment d’autres y parviendraient ? Telle semble être en substance la question des Français. Et ceci d’autant plus que les précédents ministres de l’écologie ont été jugés comme n’ayant pas réussi à mener à bien leurs mission.

Quels enseignements retirer de ce sondage réalisé le 28 août 2018, après l’annonce par Nicolas Hulot de son départ du gouvernement ?

1. Que, quelques heures après l’annonce de Nicolas Hulot, 84% Français approuvent sa décision, quand seulement 16% la désapprouvent. L’approbation est particulièrement marquée parmi les Français se déclarant proches des formations politiques d’opposition (92% à la France Insoumise, 94% au Rassemblement National). Même au sein des sympathisants de La République En Marche, plus de 6 personnes sur 10 approuvent cette décision de l’ex-Ministre de la Transition écologique et solidaire. Le choix de Nicolas Hulot est donc perçu comme la conséquence logique de ses divergences avec l’exécutif.

2. Que le bilan de Nicolas Hulot au Ministère de la Transition écologique et solidaire apparaît mitigé : 45% tirent un bilan positif de ces 15 mois écoulés, quand 55% portent un regard plutôt négatif. Les jugements à cet égard s’avèrent relativement homogènes, quelle que soit la sensibilité politique des personnes interrogées. À l’exception notable des sympathisants de La République En Marche : ceux-ci sont 63% à identifier une action positive de Nicolas Hulot au Ministère.

3. Qu’à l’avenir, 77% des Français s’attendent à ce que les enjeux écologiques et environnementaux soient mal pris en compte dans la politique menée par le gouvernement. Seulement 23% des personnes interrogées s’attendent à une bonne prise en compte de cette dimension à l’avenir, même si les sympathisants LREM se montrent une nouvelle fois plus optimistes : 54% d’entre eux pensent que ces enjeux seront bien pris en compte.

4. Que la présence de Nicolas Hulot sur la scène politique continue de susciter des jugements contrastés : 30% souhaiteraient qu’il occupe un rôle plus important qu’aujourd’hui dans la vie politique française, quand 26% souhaiteraient au contraire le voir moins présent, 44% privilégiant une forme de continuité. De façon transversale, les sympathisants de gauche (et tout particulièrement ceux d’Europe Écologie Les Verts) espèrent davantage que Nicolas Hulot jouera un rôle plus important à l’avenir, quand ceux du Rassemblent National souhaitent au contraire un effacement plus marqué. Pour autant, seuls 28% des sympathisants de LREM souhaitent que Nicolas Hulot joue un rôle moins important en politique à l’avenir. Si elle a surpris par son timing les observateurs et les responsables politiques, l’annonce par Nicolas Hulot de son départ du gouvernement n’apparaît donc pas comme un bouleversement aux yeux des Français : ils approuvent cette séparation, qui vient selon eux sanctionner un bilan mitigé et des perspectives réduites pour la suite du quinquennat. Seuls les sympathisants LREM revendiquent à la fois un soutien du chemin parcouru par le gouvernement et un optimisme pour l’avenir des politiques écologiques.

 

 


 

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