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L'année 2016 sera en France une année sans élection, avant le grand rush de la présidentielle et des législatives en 2017.
L'année 2016 sera en France une année sans élection, avant le grand rush de la présidentielle et des législatives en 2017.
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Atlantico Business

2016 : les quatre crises politiques possibles qui inquiètent les chefs d’entreprise et vont obliger François Hollande à prendre position (ce qu’il ne sait pas faire...)

L'année 2016 sera en France une année sans élection, avant le grand rush de la présidentielle et des législatives en 2017. En général, les années pré-présidentielles, il ne se passe rien. Les candidats ne font rien, ils promettent des choses qui seront irréalisables. Les électeurs le savent. Pour les hommes politiques c'est une année plutôt calme.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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L'année 2016 ne sera pas ordinaire. Elle sera ponctuée par quatre grands événements politiques qui peuvent changer la face du monde en modifiant les perspectives économiques et les rapports de force géopolitique.

1e En janvier, l’Espagne va tirer les leçons des élections législatives au cours desquelles on a vu la majorité gouvernementale perdre ses positions et se retrouver obligée de s’entendre avec des partis qui plaident pour une autre politique économique (moins d’austérité) , d’autres rapports avec l’Europe et des liens entre les régions et Madrid différents de ce qu' ils sont actuellement. Le changement annoncé peut être explosif pour tout le monde. La formation du gouvernement et sa stratégie sera regardée à la loupe. Particulièrement en France ou François Hollande se retrouve lui aussi avec une majorité très fragile.

2Fin Janvier, les élections à Taïwan... la candidate démocrate Tsai Ing-wen est bien placée pour l'emporter. Peu importe diront beaucoup d'Occidentaux. Sauf que si c'est le cas, les relations avec Pékin risquent de devenir exécrables. Pékin a durci sa position depuis un an, pour étouffer les dérives à l’intérieur même de la Chine. La libéralisation économique et le capitalisme ne suffisent pas à satisfaire un peuple qui s’enrichit et qui a besoin de libertés démocratiques. Les dirigeants chinois ne savent toujours pas comment gérer une démocratie faite avec plus de 1 milliard d’individus. D'autant que le modèle chinois ne fabrique plus une croissance assez rapide pour absorber les populations agricoles qui ont soif de confort et des lumières de la ville. Ce mouvement risque fort de se coaguler à l'occasion des élections taïwanaises. D'autan que six mois plus tard, c'est Hong Kong, la province rebelle qui vote aussi pour ses élections législatives. Hong-Kong c'est le bureau d'import-export de la Chine et son coffre-fort bancaire.

3e En mai, la Grande-Bretagne organise son référendum sur son appartenance à l'union européenne. La date du référendum doit être fixée prochainement par David Cameron qui espère avoir obtenu des pays membres, les conditions exigées pour rester dans l'UE. Théoriquement, les conditions sont acceptables par tous les membres qui en profiteront aussi : plus de transparence dans les décisions, les flux financiers et les contributions. Le point de blocage porte essentiellement sur les migrants. David Cameron ne peut plus en accueillir plus qu’il n’en a  aujourd'hui. D'autant que la Grande-Bretagne pratique une immigration choisie en fonction des compétences et que la situation actuelle ne permet pas d'exercer ce choix. Le gouvernement britannique est parfaitement conscient qu'une sortie de l'Union européenne déstabiliserait l'économie britannique, et surtout les marchés financiers. Le risque est financier plus que social ou politique. Les dégâts seraient aussi importants pour les autres pays membres qui ont besoin de la City pour boucler leurs opérations de marché. La France de François Hollande ne s'est toujours pas déterminée avec clarté sur les demandes britanniques. Il s'avère difficile pour un président socialistes de défendre l'appartenance de la Grande Bretagne à l'Europe alors que le seul intérêt est de protéger le monde capitaliste le plus financier. Difficile d'expliquer que nous avons besoin de ce capitalisme-là, et de tous les outils de la City pour (par exemple) couvrir près de 20% de notre dette extérieure.

La sacro-sainte contrainte des marchés qui n’est rien d'autre que l'interpénétration des économies obligera les uns comme les autres à trouver un compromis. Mais pour y arriver il faudra sans doute encore se faire peur.

4e Novembre : les élections américaines. Actuellement le candidat aux primaires républicaines Donald Trump gagne sans cesse du terrain. Reste que le président américain est très attendu par le monde entier. Sur le terrain économique, la croissance américaine donne le ton et le rythme , la politique monétaire impacte la conjoncture mondiale . les taux américains d'aujourd'hui seront les nôtres demain. Quanta la géo-politique au Moyen-Orient elle dépend principalement du dialogue avec Moscou. La France et l'Europe paraissent peu préparées à réagir au changement.

Parmi les événements politiques qui vont impacter la conduite des affaires en France, il y aura aussi les primaires à droite pour designer quel sera le candidat de droite et avec quel programme. Pour François Hollande c’est très certainement plus important que les élections en Chine, ou aux Etats-Unis, mais il ne fait que de la politique.

Pour les milieux d’affaires et les chefs d’entreprise, c’est très diffèrent. Ce qui compte c’est l’Europe et le monde. Alors pour la France, ils ne souhaitent qu’une chose, voir des candidats qui ne s’intéresseront qu'à la perspective mondiale et aux hommes capables d’assumer des contraintes qui sont incontournables.

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