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Les prix du pétrole ont chuté en ce début d'année 2014.
Les prix du pétrole ont chuté en ce début d'année 2014.
©Reuters

A la baisse ?

2014 sera-t-elle l'année de la chute des prix du pétrole ?

Après l'annonce de l'arrêt des manifestations ayant bloqué les exportations libyennes, les prix du pétrole ont chuté. Avec les diverses tensions géopolitiques, il est difficile de prédire une baisse durable des prix du pétrole. Focus.

Florent Detroy

Florent Detroy

"Florent Detroy est journaliste économique, spécialisé notamment sur les questions énergétiques, environnementales et industrielles. Voir son site."
 
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Atlantico : Les prix du pétrole ont chuté en ce début d'année 2014, après  l'annonce de l'arrêt des manifestations qui ont bloqué les exportations libyenne et ralenti l'économie chinoise. Cette chute reflète le rôle principal de la politique et de l'économie locale en Chine, en Libye, au Nigeria, en Iran et autres pays à forte production pétrolière, dans la détermination des prix du pétrole. Cette baisse pourrait-elle se révéler durable ?

Florent Detroy Si la Lybie, l’Iran et le Nigeria réussissaient à produire autant de pétrole que leur potentiel leur permet, nous serions pratiquement certains de voir le contrat sur le Brent tomber sous les 100$ sur l’année. Mais le pétrole, en particulier sur le Brent, reflète tout autant la rencontre de l’offre et de la demande ces dernières années que l’instabilité politique de ces pays. C’est ce qui explique son  maintien autour des 110$ le baril en 2013. Pour 2014, la tendance est légèrement baissière, mais la Libye est encore loin de ses capacités de 1,4 millions de baril/jour, la route est encore longue avant que l’Iran exporte à nouveau 1,5 millions barils par jour (715 000 actuellement), et le Nigéria devrait continuer d’être victime de sabotage ou de problème techniques. Malgré l’accord trouvé en début de mois en Lybie, la situation reste tendue dans le pays. La bonne nouvelle toutefois, c’est que les marchés semblent moins effrayés par les chocs politiques. Les cours du pétrole sont restés étonnement peu volatiles l’année dernière.

Comment devrait évoluer l'offre pendant l'année ? Comment le gaz de schiste américain change-t-il la donne ? Quels autres facteurs entrent en jeu ?

L’offre est particulièrement imprévisible tant que la Syrie reste un point de fixation dans tout le Moyen Orient. Tout aussi préoccupant actuellement est l’Irak. Le pouvoir y est particulièrement fébrile aujourd’hui. Une déstabilisation du pays pourrait réduire sa production, qui était revenue à son plus haut depuis 20 ans à 3 millions de barils/jour. Si on fait abstraction de ces conflits, il faut reconnaître que la consommation européenne en pétrole reste atone, ce qui ne plaide pas pour un prix moyen autour des 110$ en 2014. La demande sera par contre toujours soutenue par la Chine, dont la progression de la consommation énergétique se maintient. En ce qui concerne le gaz de schiste, il entre d’abord en concurrence avec le charbon, moins avec le pétrole. Après un moteur au gaz ultra performant est peut être en train d’être inventé et viendra concurrencer l’essence. 

Qui (ou quoi) pourrait jouer contre une baisse des prix ?

En dehors d’accidents politiques ou industriels imprévisibles, un facteur va être important, l’autorisation d’exporter du pétrole donnée par Washington. Si les compagnies américaines peuvent enfin exporter du pétrole, pratique interdite actuellement, le prix du Brent et du WTI, coté à New York, devraient converger. A l’inverse, le Brent va rester haut et le WTI va continuer de baisser.

Propos recueillis par Marianne Murat

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