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A Strasbourg, on négocie le prochain volet de la PAC.
A Strasbourg, on négocie le prochain volet de la PAC.
©Reuters

Pénurie de blé !

2 milliards supplémentaires de manque à gagner sur la PAC : l'agriculture française n'est pas au bout de ses surprises

A Strasbourg, on négocie le prochain volet de la PAC. Si tout le monde risque d'avoir un effort à faire, la France pourrait s'en sortir plus mal que les autres... à l'inverse de l'Allemagne que sa Chancelière a su défendre.

Alors que s’ouvre un débat au parlement européen à Strasbourg sur les affectations générales des crédits de la Politique agricole commune (PAC), c’est d’ores et déjà à l’après que l’on pense, à ce que chaque pays obtiendra précisément. Et là, de mauvaises surprises pourraient attendre la ferme France.

Le vote en séance plénière du parlement européen des quatre rapports pour la Politique agricole commune 2014-2020 (Pac 2014-2020) est une étape importante. Il doit en effet y être décidé du degré de verdissement de cette Pac, comprenez de l’importance de la part environnementale demandée aux agriculteurs. Les débats devraient être passionnés, avec en ligne de mire un cadre général à respecter par tous les pays européens pour leur agriculture.

Au-delà de ce premier choix, d’autres tractations vont s’ouvrir, dans les jours qui suivent. Il s’agit du contenu précis de l’enveloppe dévolue à chaque pays. WikiAgri et Atlantico vous ont déjà informés d’un manque à gagner de 6 milliards d’euros sur le second pilier de la Pac sur l’ensemble de la période 2014-2020. Mais ce n’est pas tout. Car les tractations en question concernent ce que l’on appelle la convergence des aides. Comprenez : le rééquilibrage des aides de la part des pays les mieux dotés, en faveur de ceux qui le sont le moins.

L’Allemagne et la France sont les deux pays qui perçoivent le plus d’aides européennes pour leur agriculture. Pour autant, leur sort ne sera probablement pas lié. Car l’Allemagne est défendue bec et ongles, chaque jour, par sa chancelière, et ne lâche pas un pouce de terrain. Parallèlement, les arguments manquent pour la France pour s’opposer à cette convergence, compte-tenu de sa propre politique nationale visant à demander un effort supplémentaire aux plus riches… Comment refuser à l’Europe ce que l’on demande chez soi ?

Si l’on part du barème fourni en son temps par la Commission européenne, cette convergence doit représenter globalement 4,39 % des aides. Soit plus de 200 millions d’euros par an pendant 7 ans pour la France. Mais l’ardoise devrait en réalité se révéler bien plus salée, compte-tenu du fait que l’Allemagne devrait payer beaucoup moins, et donc qu’il faudra compenser avec des pays plus enclins à la solidarité communautaire…

Si l’on met bout à bout les 6 milliards oubliés du second pilier, et ce qui devrait représenter plus de 2 milliards au titre de la convergence des aides, le budget agricole dévolu à la France sera très inférieur à ce qu’il est aujourd’hui pour les prochaines années. N’en déplaise aux affirmations répétées du Président de la République François Hollande, tant au moment du vote du budget européen que lors de sa visite au salon de l’agriculture…

Cet article a simultanément été publié sur le site Wikiagri.

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