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Gifle du 1er mai : seuls 32% des Français font encore confiance aux syndicats
©wikipédia

Sondage exclusif Atlantico-Ifop

Gifle du 1er mai : seuls 32% des Français font encore confiance aux syndicats

D'après un sondage exclusif Ifop pour Atlantico, actuellement seul un Français sur trois accorde sa confiance aux syndicats. Un record de défiance sachant qu'en 2002, ils étaient encore 56%.

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet

Jérôme Fourquet est directeur du Département opinion publique à l’Ifop.

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 La confiance accordée aux syndicats

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Atlantico : Selon le sondage Ifop pour Atlantico, en Avril 2014, seuls 32% des Français font encore confiance aux syndicats alors qu'en décembre 2002 ils étaient 56%. Comment expliquer cette défiance ?

Jérôme Fourquet : Le premier constat de ce sondage est que nous sommes face à un record de défiance vis-à-vis des syndicats tout à fait spectaculaire. En 12 ans, jamais une telle défiance n'avait été observée. Deux Français sur trois ne font pas confiance aux syndicats. Cette défiance est-elle propre aux syndicats ? Une partie de cette perte de confiance est générale. Les Français ne font plus confiance à la "France d'en-haut". Baromètres après baromètres, la cote des politiques s'érode. La crise économique provoque également une perte de confiance en l'avenir. Les syndicats ne sont pas exempts de cette critique.

A lire également sur Atlantico : Syndicats sous influence : sectes trotskystes, partis politiques, françs-maçons, entreprises… ceux qui agissent dans l’ombre

Néanmoins, certains éléments sont directement imputables aux syndicats et expliquent ce désamour important. Le rôle des syndicats étant de défendre les intérêts des salariés, de s'opposer au gouvernement lorsque cela est nécessaire, de proposer des solutions alternatives sur la sortie de crise. Et sur ces différents éléments, le grand public estime que les syndicats n'ont pas permis d'avancées décisives.

Sur la mission de défense des intérêts des salariés, on le voit bien sur les fiches de paie, que ce soit dans le public ou dans le privé, c'est "la soupe à la grimace". La défense des salariés se fait également face au licenciement. On peut aujourd'hui faire la liste des grands conflits, tous ont été perdus, qu'il s'agisse de Petro Plus ou de Florange. Même sur ces combats symboliques, les syndicats ne sont pas parvenus à inverser la courbe ou à sauver l'emploi.  

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[1] Sondage Ifop pour le Journal du Dimanche réalisé par téléphone du 5 au 6 décembre 2002 auprès d’un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[2] Sondage Ifop pour le Journal du Dimanche réalisé par téléphone du 29 au 30 janvier 2004 auprès d’un échantillon de 1007 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[3] Sondage Ifop pour le Journal du Dimanche réalisé par téléphone du 29 au 30 septembre 2005 auprès d’un échantillon de 959 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[4] Sondage Ifop pour Dimanche Ouest France réalisé par téléphone du 20 au 21 avril 2006 auprès d’un échantillon de 1008 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[5] Sondage Ifop pour Sud Ouest Dimanche réalisé par téléphone du 26 au 27 mars 2009, auprès d’un échantillon de 960 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
[6] Sondage Ifop pour la Lettre de l’Opinion réalisé par questionnaire auto-administré en ligne du 16 au 18 juin 2010 auprès d’un échantillon de 1035 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
[7] Sondage Ifop pour France Soir réalisé par téléphone du 8 au 9 octobre 2010 auprès d’un échantillon de 955 

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En octobre 2010, la confiance des Français dans les syndicats étaient encore à 53%. Quels événements peuvent expliquer une telle chute en quatre ans ?

Sur les réformes considérées comme reniant un certain nombre d'acquis sociaux, la confiance des Français dans les syndicats a connu une forte baisse depuis octobre 2010. Par exemple sur la réforme des retraites menée et votée par la droite, les syndicats se sont mobilisés et ont connu à ce moment-là une remontée dans leur cote de confiance. Malgré ces efforts, la loi a été promulguée. La deuxième loi a également été combattue par les syndicats, même si la mobilisation fut moins virulente.  

Le mouvement syndical, à l'échelle nationale, ne parvient pas de manière significative à imposer ses vues aux autres partenaires sociaux, au gouvernement et aux entreprises. Que ce soit sur le pacte de cohésion sociale ou le pacte de compétitivité, les syndicats ne sont jamais parvenus à enrayer ces réformes.

Ce qui se passe en 2010 est particulièrement intéressant car nous sommes en plein conflit des retraites et la crise n'a débuté que depuis deux ans. Aujourd'hui, la crise a bien évidemment eu plus d'impact, ce qui accentue la perte de confiance dans un contexte où le taux de chômage est élevé.

Olivier Besancenot, disait que le "mouvement social" ne relèvera la tête que le jour où la grève et la mobilisation dans la rue seraient parvenues à obtenir un résultat tangible. Et hormis le CPE, toutes les réformes de ces dernières années sont passées.

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Cette défiance est-elle la même auprès de tous les Français ?

On constate une confiance plus forte à gauche qu'à droite ainsi qu'un découpage entre le public et le privé. Un salarié sur deux dans le public fait confiance aux syndicats contre un tiers seulement dans le privé. Cela s'explique par le fait que les syndicats sont perçus comme défendant les "insiders des insiders" du marché de l'emploi, c'est-à-dire les salariés du public.

Par ailleurs, la gauche est aujourd'hui au pouvoir, ce qui complique la mobilisation des syndicats.

De plus, deux des principaux leaders syndicaux à la CGT et à la CFDT ont quitté leurs fonctions. Un Syndicat comme un parti politique a besoin d'être incarné. Ce changement de leaders a causé une visibilité moindre, médiatiquement.

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