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Vous voulez le drapeau tricolore et la Marseillaise ? Mais vous n'y pensez pas dit le CSA !
©Reuters

À vos spots citoyens

Vous voulez le drapeau tricolore et la Marseillaise ? Mais vous n'y pensez pas dit le CSA !

Les sages de cette institution ne veulent pas de vagues. Et surtout pas de symboles que certains estimeraient stigmatisants…

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le CSA est un machin chargé de veiller à ce que les télévisions et les radios ne portent pas atteinte aux bonnes mœurs. Un sein qui dépasse, et le CSA fronce les sourcils. Une plaisanterie jugée homophobe, et le CSA gronde. Un sous-entendu considéré comme islamophobe, et le CSA tempête. Ça, on y est habitué - ce qui ne veut pas dire qu'on aime – depuis un certain temps. Mais le CSA a jugé bon de sortir de ce ronron plus ou moins consensuel.

Et il a choisi – le temps de la campagne électorale – de se transformer en CSP (Comité de Salut Public). Dans un document de 11 pages (11 pages !), aussi précis et détaillé que le mode d'emploi d'une voiture informatisée, il vient de donner ses directives et ses interdits aux candidats à la présidentielle pour leurs spots de campagne. Soyons honnêtes : nous n'avons pas lu les 11 pages. Aucun être humain normalement constitué (sauf les membres des équipes de campagnes grassement payés pour cette tâche) n'en est capable. Mais heureusement, des candidats ont fait fuiter l'essentiel de cette Bible.

L'essentiel étant que le CSP (ex-CSA) interdit vigoureusement de faire figurer dans les spots le drapeau tricolore. Pour faire bonne mesure la Marseillaise est également proscrite. Raison invoquée : ce drapeau et ce chant pourraient susciter des élans d'un "nationalisme exacerbé" ! Cet oukase vise manifestement certains candidats plus que d'autres. Il est évident que, par exemple, Benoît Hamon, Nathalie Arthaud ou Philippe Poutou n'en ont strictement rien à f… du drapeau tricolore et de la Marseillaise.

Ainsi encadrés, les candidats vont devoir faire très attention à leurs spots. N'ayant pas lu les 11 pages, nous ne savons pas s'il est leur est permis de se faire filmer avec en fond une église, le Mont-Saint-Michel, la Tour Eiffel, la façade du Bataclan, des pom-pom girls et des filles plus ou moins dénudées (sans doute que oui si elles sont issues de la diversité). Mais nous savons que la Marseillaise et les trois couleurs sont à bannir.

Oublions la Marseillaise. Déjà qu'on la siffle pendant les matchs de foot… En plus, elle est sanguinaire : le CSP ne veut pas qu'un sang impur abreuve les sillons de la campagne avec son cortège de féroces soldats. Mais le drapeau tricolore ? Comment et par quoi le remplacer ?

Nous avons des solutions. Pour Fillon, on voit bien un drapeau gris-noir de la couleur de ses costards… Pour Marine Le Pen, le bleu marine s'impose. Elle l'a préempté et elle aura à cœur d'enlever un peu du marine pour se rapprocher du bleu des Républicains, ce qui peut utilement rapporter des voix… Pour Benoît Hamon, le vert sera au rendez-vous : celui de l'écologie et celui de l'islam… Pour Macron, le drapeau sera blanc : comme ça on pourra y écrire n'importe quoi, tout et son contraire, comme le programme de l'ancien ministre de l'économie...

Pour Jean-Luc Mélenchon, ce sera le noir : ce personnage fort en gueule sort tout droit d'un film d'Audiard : Le drapeau noir flotte sur la marmite… Pour Philippe Poutou et Nathalie Arthaud le rouge est de rigueur : aux puces de Saint-Ouen, on peut encore trouver quelques drapeaux de cette couleur. Et pour Cheminade, Asselineau et Lassalle ? Ah ben ça on ne sait pas ! Car on ne sait vraiment pas qui c'est…

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