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 Tentative de survie électorale : Christian Estrosi ou la droite étranglée entre le FN et En Marche
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Le nouveau ancien maire

Tentative de survie électorale : Christian Estrosi ou la droite étranglée entre le FN et En Marche

La démission de Christian Estrosi du Conseil Régional qu’il avait arraché au Front National avec les voix de la gauche dévoile l’ampleur des lézardes dans les murs après l’effet Macron… Pour bien comprendre quelle mouche a piqué l’ancien et désormais nouveau maire de Nice, un petit rappel arithmétique s’impose.

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe

Éric Verhaeghe est le fondateur du cabinet Parménide et président de Triapalio. Il est l'auteur de Faut-il quitter la France ? (Jacob-Duvernet, avril 2012). Son site : www.eric-verhaeghe.fr Il vient de créer un nouveau site : www.lecourrierdesstrateges.fr
 

Diplômé de l'Ena (promotion Copernic) et titulaire d'une maîtrise de philosophie et d'un Dea d'histoire à l'université Paris-I, il est né à Liège en 1968.

 

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Estrosi a de bonnes lectures. En l’espèce, il s’est plongé dans les résultats électoraux aux présidentielles à Nice, qui donnent ceci.

Un petit exercice de calcul mental permet de comprendre le désastre: au premier tour, François Fillon a réalisé 26% à Nice. Le Front National en a fait 25. Au second tour, le Front National est monté à 40%, soit 6 points de plus que le score national. Une rapide soustraction permet à Christian Estrosi de comprendre qu’il ne pourra disposer d’une majorité aux prochaines municipales à Nice sans un secours des centristes… d’En Marche.

Estrosi face au glissement centripète imposé par En Marche

Or… comment rassembler au centre et à gauche quand on appartient à un parti qui mène la lutte contre le centre et sa nouvelle forme appelée En Marche? Estrosi a bien compris le danger. Au moment des municipales, en 2020, il sera très compliqué de compter sur des voix que l’on s’emploie à combattre. Le maire de Nice, pour assurer sa réélection, a d’ores et déjà besoin d’arrondir les angles pour sauver son fauteuil.

On ne lira donc pas autrement la démission surprise du président du Conseil Régional ce soir: il y a le feu à la grange, et il devient urgent de revenir aux fondamentaux politiques (sa ville) en souquant ferme pour accueillir les centristes.

Force centripète et force centrifuge chez les Républicains

Pour François Baroin, désigné pour conduire la campagne des législatives, l’opération va se révéler de plus en plus complexe à mener. Les anciens de l’UDF, comme Raffarin, perçoivent en effet le danger d’une conduite trop à droite, très près du rail Front National, quand un centre structuré fait sa réapparition. Non seulement, les thématiques sarkoziennes traditionnelles les éloignent de leur socle idéologique, mais elles constituent un vrai appel d’air pour les électeurs plus modérés, sensibles aux sirènes d’En Marche.

Pour les Républicains, il va falloir la jouer fine pour se sortir de ce guêpier. Les avertissements à Baroin ne devraient pas rester lettre morte

Aujourd’hui encore, Estrosi s’est fendu d’une sortie sur la “radicalisation” des Républicains: “Le premier mot dans ma famille politique, au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron, ça doit être ‘rassemblement’, ça ne devrait pas être ‘exclusion’. Si on part sur le mot ‘exclusion’ plutôt que sur le mot rassemblement, c’est la radicalisation pour les législatives telle que nous l’avons eue pour la présidentielle, et comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, vous avez l’échec assuré”, a réagi Christian Estrosi sur CNews.

On comprend bien la difficulté… Rouler trop à droite signifie, pour beaucoup d’élus sortants talonnés par En Marche, brûler ses vaisseaux.

 

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