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“Les réactionnaires s'agitent encore et cela ne cessera que lorsqu'ils seront morts” ou le si bel esprit de tolérance de Caroline Mécary...
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La haine

“Les réactionnaires s'agitent encore et cela ne cessera que lorsqu'ils seront morts” ou le si bel esprit de tolérance de Caroline Mécary...

Caroline Mécary, avocate de la fédération LGBT et membre d'Europe Ecologie Les Verts a tenu des propos pour le moins virulents sur Twitter à l'encontre des participants à la Marche pour la vie du dimanche 19 janvier. En réaction, le député de la Vendée littorale Yannick Moreau a adressé une question à la Garde des Sceaux, tandis que l'avocat des maires du Collectif des maires pour l'enfance, Geoffroy de Vries, répond à sa consœur.

La Marche pour la vie organisée à l’appel de plusieurs associations catholiques a réuni dimanche 19 janvier des dizaines de milliers de personnes. Un mouvement de protestation contre la suppression de la référence à la situation de détresse mentionnée dans la loi Veil pour justifier le recours à l’avortement qui a fait l’objet de nombreuses attaques.

A l’image d’un Pierre Bergé qui avait lors des manifestations anti-mariage homosexuel retwitté un message envisageant favorablement l'hypothèse d'un attentat contre la Manif pour Tous, l’avocate de la fédération LGBT, Caroline Mécary a réagi à la Marche pour la vie par ce tweet : "Vigilants nous devons être car les réactionnaires s'agitent encore et cela ne cessera que lorsqu'ils seront morts."

Atlantico est en mesure de vous révéler qu’une question écrite a été adressée à Christiane Taubira par le député de Vendée littorale Yannick Moreau :

Monsieur Yannick Moreau, Député de la Vendée littorale, alerte le Garde des Sceaux sur les propos tenus par une avocate au Barreau par le biais d’un message publié sur le réseau social Twitter le 22 janvier 2014 à 21h22, intitulé "Vigilants nous devons être car les réactionnaires s’agitent encore et cela ne cessera que lorsqu’ils seront morts."

Ce message, d’une incroyable violence, a provoqué un profond malaise en particulier compte tenu de la personnalité médiatique de cette avocate régulièrement invitée sur les plateaux télévisés et autres émissions médiatiques.

Il lui demande si des suites disciplinaires ou judiciaires sont envisagées par les autorités compétentes à l’encontre de cet avocat, auxiliaire de Justice. En effet, ces propos semblent directement constituer un manquement à la règle 1.2 du Code de Déontologie de la profession d’avocat qui dispose que « L’avocat exerce ses fonctions avec dignité. (…) Il respecte en outre, dans cet exercice, les principes d’honneur. »

Il lui demande en outre dans quelle mesure ces propos ne constituent pas une infraction à l’article 24 de la Loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la Presse, voire à l’article 222-17 du Code pénal.

NB : est toujours disponible au moment où cette question écrite vous est déposée à l’adresse suivante : https://twitter.com/carolinemecary/status/426087582427279360

Par ailleurs, Geoffroy de Vries, avocat au barreau de Paris a souhaité lui adresser cette lettre ouverte :

Cher confrère,

Comme vous, lorsqu’on est avocat dans des affaires sociétales sensibles, on prend des risques, on subit des sarcasmes, voire des menaces... J’en ai subi en défendant récemment devant le Conseil constitutionnel la QPC sur l’objection de conscience des maires soucieux des enfants à adopter....

Et lorsqu’on prend des risques, on peut déraper…

Et, vous avez dérapé, pas plus tard que mercredi 22 janvier en tweetant, sans doute emportée par l’index que vous vouliez vengeur, les propos suivants :"Vigilants nous devons être car les réactionnaires s'agitent encore et cela ne cessera que lorsqu'ils seront morts. "

Ces réactionnaires, ce sont, me semble t-il, ces manifestants de la Marche pour la Vie qui s'est tenue à Paris le dimanche 19 janvier et dont je ne faisais cependant pas partie.

Vous en conviendrez, de tels propos sont regrettables de la part d’un avocat, qui plus est, ancien membre du Conseil de l’Ordre des avocats de Paris…

Regrettables tout d’abord car peu conformes au serment d’avocat (*) que vous semblez avoir oublié. Et certains de ces soi-disant réactionnaires pourraient vous le reprocher, si ce n’est déjà fait, en déposant plainte …

Regrettables ensuite parce qu’en tant qu’avocat, vous devriez, pour faire avancer vos idées (même loufoques), votre idéologie (même morbide), chercher à comprendre vos opposants plutôt qu’à vous entêter, à convaincre plutôt qu’à insulter, à séduire plutôt qu’à haïr… De grâce, sortez de votre enfermement idéologique et acceptez le débat démocratique …

Regrettables enfin, pour vous, car ces soi-disant réactionnaires ont le cuir dur et se reproduisent facilement (ils ont généralement de nombreux enfants)… Croyez-moi, ils vous survivront. Certes, ils mourront un jour, tout comme vous et moi ! Mais d’autres prendront la relève…

La morale de cette histoire, cher confrère, c’est que vous devriez, vous aussi, apprendre à tourner sept fois votre pouce avant de tweeter…

Votre bien dévoué,

Geoffroy de Vries

* Serment d’avocat : « Je jure, comme avocat, d'exercer mes fonctions avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ». 

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