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"Le foot ne naît pas dans les pieds, mais dans la tête" : Arrigo Sacchi, ou le football de l’intellect
©Reuters

Bonnes feuilles

"Le foot ne naît pas dans les pieds, mais dans la tête" : Arrigo Sacchi, ou le football de l’intellect

Ils s'appellent Pep Guardiola, Johan Cruyff, Arrigo Sacchi, Valeri Lobanovski, Helenio Herrera... Entraîneurs visionnaires, ils ont porté leurs équipes vers les sommets mais ont surtout servi de modèles à des générations de coaches. Extrait de "Les entraîneurs révolutionnaires du football" de Julien Momont, Christophe Kuchly et Raphaël Cosmidis chez Solar Editions (1/2).

Julien  Momont, Raphaël Cosmidis et Christophe Kuchly

Julien Momont, Raphaël Cosmidis et Christophe Kuchly

Journalistes spécialistes de football, animateurs du site " Les Cahiers du Football ", Julien Momont, Raphaël Cosmidis, Christophe Kuchly, sont les auteurs du très remarqué " Comment regarder un match de foot ? " (Solar, 2016).

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Les principes d’Arrigo Sacchi sont à la fois précis et concis. ≪ Il vaut mieux avoir peu d’idées bien comprises que beaucoup mais confuses ≫, affirme-t‑il.

Dans son autobiographie, il liste ses objectifs en tant qu’entraineur :

• améliorer le garçon et le joueur ;

• pratiquer un football collectif ;

• pratiquer le football total ;

• grandir à travers le protagonisme, car y arriver autrement est impossible ;

• être le dominus de la situation ;

• être maitre du terrain et du ballon ;

• gagner avec respect, perdre avec dignité.

Dans le choix des joueurs, Sacchi a toujours donné la priorité à l’intellect : ≪ J’ai toujours pense que le foot ne naissait pas dans les pieds, mais dans la tête. ≫ C’est ce qui le poussera a recruter Carlo Ancelotti des son arrivée a Milan, malgré les réticences de Berlusconi sur l’état du genou du milieu de terrain. ≪ Sa blessure au genou ne m’inquiète pas, lui repond Sacchi. J’aurais été inquiet s’il avait été touche a la tête. ≫ A Milan, il peut compter sur Baresi, penseur a l’arrière, et Ancelotti, son lieutenant au coeur du jeu, permettant aux talents neerlandais, Rijkaard, Gullit et Van Basten, de s’exprimer, toujours ≪ dans le cadre des paramètres fixés par l’entraineur ≫, explique-t‑il. Quel que soit le niveau des ses joueurs, il pense d’abord au jeu, en tant que concept collectif, y compris a l’entraînement.

≪ On travaille la didactique collective et la didactique du jeu afin d’acquérir la technique individuelle a travers le jeu et l’équipe. Non pas une technique de cirque, mais une technique qui part de l’équipe et du jeu pour arriver a l’individu, et non le contraire. ≫

En Lombardie, Sacchi tend vers la préparation intégrée. Le ballon est partout et les entrainements reprennent toujours un contexte existant en match.

≪ J’ai réduit la préparation physique par rapport a ce que je faisais avec Parme, mais j’ai intégré le ballon dans tous les exercices, detaille-t‑il. On ne faisait rien sans. Les débuts ont été difficiles en termes de résultats. Le groupe devait comprendre la nouvelle façon de jouer. ≫ Milan perd ses deux premières rencontres sur des buts encaisses en contre-attaque. Berlusconi ne le lâche pas et annonce aux cadres de l’équipe qu’il restera coute que coute. ≪ Quand tu essaies de faire quelque chose de nouveau, quand tu essaies de faire les choses différemment, tu as besoin d’un énorme soutien ≫, appuie Sacchi. ≪ Les six premiers mois ont ete difficiles pour Sacchi et pour nous car il voulait transmettre des idées auxquelles nous n’étions pas habitues, se souvient Ancelotti. Apres six mois, c’est devenu naturel et très efficace. Il était extraordinaire, notamment dans la préparation des entrainements. ≫

Au-delà de ses idées sur le jeu, Sacchi met en place une intensité élevée lors de ses séances, utilise la video et apprend par coeur a ses joueurs leur positionnement et les deplacements qu’ils doivent réaliser en match, notamment a travers des exercices a onze contre zéro. Pour prouver a ses stars que le jeu sera toujours supérieur aux joueurs, il défie sept offensifs de marquer un but a sa ligne de quatre défenseurs. Son arrière-garde tient le coup et le légitime.

Extrait de "Les entraîneurs révolutionnaires du football" de Julien Momont et Christophe Kuchly chez Solar Editions

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