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Les ingrédients d'une série qui dure
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Les ingrédients d'une série qui dure

En mai, "Dr House" et "Desperate Housewives" tireront leur révérence après huit ans d'existence. Comment expliquer que certaines séries atteignent une telle longévité alors que près de 150 shows se disputent les écrans américains chaque année ?

Anne-Sophie Vermorel

Anne-Sophie Vermorel

Anne-Sophie Vermorel est journaliste pour SeriesAddict, le spécialiste des séries américaines. Pour suivre l’actualité des séries sur SeriesAddict. Pour suivre Anne-Sophie Vermorel sur Twitter.

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En mai, deux séries phares du "grand cru" de la saison télévisuelle 2004/2005, "Dr House" et "Desperate Housewives", vont tirer leur révérence, après huit ans de bons et loyaux services. Peu de séries peuvent se targuer d’une telle longévité, en particulier dans un paysage audiovisuel américain qui propose près de 150 shows par saison. Alors que la fin de saison approche et que les chaînes préparent déjà la prochaine rentrée, penchons-nous sur les ingrédients essentiels pour qu’une série dure !

1) Du charisme à revendre : toute série qui veut durer doit avoir une tête d’affiche charismatique, une référence à laquelle le téléspectateur peut se raccrocher. Si je vous dis "NCIS", nul doute que vous penserez en premier lieu à Gibbs. Même si la série est dotée de bons seconds rôles, il reste la pierre angulaire de son équipe et du show. De nombreuses séries, en particulier policières, fonctionnent sur le principe d’un leader et de son équipe : "The Mentalist" avec Patrick Jane, "Dr House" avec Gregory House… D’autres préfèrent se reposer sur un casting sans tête d’affiche clairement identifiée : "Urgences", "Lost" … Dans tous les cas, le choix des acteurs est primordial pour inscrire une série sur le long terme. Auriez-nous été aussi nombreux à regarder "Dr House" s’il avait été interprété par Patrick Dempsey plutôt que Hugh Laurie ?

2) Le duo que tout oppose : au début, ils se disputent plus qu’ils ne discutent. Au fil des épisodes, puis de la saison, ils commencent à s’apprécier, tant et si bien qu’ils envisageraient même un avenir ensemble… Cette dynamique des opposés qui s’attirent est un formidable fil conducteur pour une série, et la tension qui en résulte (sexuelle dans beaucoup de cas) suscite l’intérêt du téléspectateur, au point qu’il en viendrait même à vouloir jouer les entremetteurs pour que cela se concrétise. Les fans de "X-Files" auront ainsi dû attendre sept saisons avant que Mulder n’embrasse Scully, alors que ceux de "Castle" patientent encore…

3) Le méchant qu’on aime détester : contrepoids du héros, il est celui qui ignore la morale et qui aura parfois recours à des moyens peu recommandables pour arriver à ses fins. C’est le personnage que tout le monde veut faire tomber, mais au combien indispensable dans le développement d’une série : dans "Dallas", qui n’a jamais souhaité la mort de l’impitoyable JR ? Qu’aurait été "Desperate Housewives" sans les pics verbaux d’Edie Britt envers ses voisines de Wisteria Lane ? Le méchant de service fait parler de lui, et qu’on l’aime ou qu’on le déteste, on ne saurait s’en passer. D’ailleurs, les audiences de "Desperate Housewives" seraient-elles autant en berne ces dernières saisons si Edie Britt avait toujours été en vie ?

4) Esprit criminel : on dit que le crime ne paye pas, mais à la télévision, c’est tout le contraire. Il suffit de jeter un œil à une grille de programmes hebdomadaire pour constater que le procédural à la côte. Construit sur le schéma un épisode=une enquête, le genre est facile à suivre, et contrairement au feuilleton, on peut sans problème rater un épisode et revenir la semaine suivante, sans avoir le sentiment d’être perdu. La série la plus emblématique du genre reste "New York Police Judiciaire" et ses vingt saisons.

5) Une part de mystère : pour fidéliser le téléspectateur, certaines séries jouent la carte du mystère. C’est le cas de "Lost" qui, pendant six saisons, a suscité des débats animés entre les fans du monde entier pour tenter de percer les secrets de l’île. Mais le mystère peut aussi prendre une tournure comique, preuve en est avec" How I Met Your Mother", où le héros, Ted Mosby, raconte à ses enfants comment il a rencontré leur mère. Alors que la septième saison est en cours de diffusion, le mystère reste entier sur l’identité de la "mother"…

6) Soap-oudrez le tout : s’il y a un genre qui brille par sa longévité, c’est bien le soap. Sexe, argent, crime et trahison sont les maîtres mots d’un genre addictif. Avec "Desperate Housewives", Marc Cherry a réinventé le soap de prime time en détournant ses codes de manière humoristique et en jouant sur le second degré. Les téléspectateurs ont suivi, et même s’ils ne sont plus aussi nombreux que lors des premières saisons, nul doute que l’aspect soap a contribué au succès et à la longévité de "Desperate Housewives".

 Une fois ces ingrédients mélangés, vous obtenez une série qui devrait durer. Mais attention à ne pas confondre longévité et qualité : quand un concept ou un personnage sont arrivés à bout de souffle, il faut savoir dire stop. C’est le cas avec" Dr House" et "Desperate Housewives" : quand ces séries s’achèveront,  j’aurai un petit pincement au cœur, mais sachant que leurs meilleures années sont derrières elles, les adieux seront moins douloureux.

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