"En attendant Godot" : quand l'oeuvre de Beckett prend vraiment "corps", une réussite | Atlantico.fr
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"En attendant Godot" : quand l'oeuvre de Beckett prend vraiment "corps", une réussite
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"En attendant Godot" : quand l'oeuvre de Beckett prend vraiment "corps", une réussite

Margaux Darblay pour Culture-Tops

Margaux Darblay pour Culture-Tops

Margaux Darblay est chroniqueuse pour Culture-Tops.

 

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio »

THEATRE

En attendant Godot

De Samuel Beckett

Mis en scène: Yann-Joël Collin

Avec Cyril Botherel, Yann-Joël Collin, Pascal Collin, Christian Esnay, Elie Collin

INFORMATIONS

Théâtre de Belleville

Réservation : 01 48 06 72 34

                      http://www.digitick.com/index-css5-theatredebelleville-pg1.html

94 Rue du Faubourg du Temple

75011 Paris

Jusqu’au 1er mai 2017

2 représentations par semaine : les lundis (20h) et dimanches (17h30)

L’AUTEUR

Comment présenter Samuel Beckett ? Par son Prix Nobel de Littérature, pour l’ensemble de son oeuvre, en 1969 ? Par son érudition ? A travers son ancrage culturel et ses amitiés émérites ? Ou par sa révélation d’après-guerre, sa participation à la résistance ? Serait-ce en commençant par son travail sur l’épure et son travail sur le sens profond de l’écriture, en résonance avec la longue analyse qu’il a entreprise dès les années 30… ? Quelles que soient les pistes que l’on choisit de retenir, Beckett est resté un auteur incontournable du XXé siècle…

THEME

Deux hommes attendent Godot. Ils sont seuls, le temps est incertain, l’époque et le lieu aussi. Ils sont interrompus, parfois, discutent sans cesse, interrogeant leur dualité, questionnant leur altérité ainsi que le sens de leur existence: peuvent-ils encore vivre ?

Cette pièce écrite en 1948, à la sortie de la seconde guerre mondiale, a acquis un statut particulier dans l’histoire de la littérature et du théâtre. Beckett bouleverse les codes de la dramaturgie théâtrale classique. Dans cet anti-théâtre, il arrache les personnages de tout cadre spatio-temporel prédéfini, leur refusant même une fonction.

POINTS FORTS

1) les acteurs, Yann-Joël Collin et Cyril Botherel, parviennent à incarner admirablement les personnages de Beckett. Or Vladimir et Estragon peuvent parfois rester théoriques et distants du public. Ici « l’histoire » prend corps et advient devant et avec le public.

2)  Le procédé scénographique et la mise en scène. L’idée principale étant d’intégrer le public à l’aventure de Vladimir et Estragon, et cela fonctionne ! Un arbre, des costumes plutôt contemporains, les va-et-vient parmi le public..

3) La contemporanéité du propos. On aura beau avoir vu cette même pièce des dizaine de fois, cette version parvient à l’actualiser de nouveau.

POINTS FAIBLES

 Un bémol sur le volume sonore des acteurs. La jauge de la petite salle du théâtre de Belleville est à la fois un avantage et un terrible inconvénient. Sa taille confidentielle facilite la proximité de acteurs avec le public. Cependant, la mise en scène ayant été crée sur la  grande scène de la Cité Internationale, le passage au petit théâtre de Belleville nécessite peut-être un ajustement… Du coup on se sent un peu agressé dès que les acteurs donnent de la voix. Et ils en ont !

EN DEUX MOTS

D’abord pour Beckett, allez-voir cette pièce. Et ensuite, la compagnie de « la nuit surprise par le jour » en donne une très actuelle et juste représentation…

UNE PHRASE

« Comment peut-on frapper un homme sans colère ? » à propos du comportement de Pozzo envers Lucky.

RECOMMANDATION

EXCELLENT

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