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 Cigarette électronique : sa nocivité est-elle vraiment plus importante que la cigarette classique ?
©EVA HAMBACH / AFP

Fumeurs

Cigarette électronique : sa nocivité est-elle vraiment plus importante que la cigarette classique ?

De récentes études ont montré que la dangerosité de la cigarette électronique était largement inférieure à celui du tabac classique. Il y a un problème d’information crucial dans son ressenti dans la population.

Bertrand  Dautzenberg

Bertrand Dautzenberg

Bertrand Dautzenberg est professeur de pneumologie à l'université Paris VI. Il exerce à l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris au CHU Pitié-Salpêtrière. Il est également président de l'Office français du tabagisme et auteur de plusieurs ouvrages dont "Le petit livre pour arrêter de fumer"" (Editions First).

 
 
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Atlantico. Les composants de la cigarette électronique se sont-ils améliorés ? Y-a-t-il de rééls dangers à l'utiliser ? 

Bertrand Dautzenberg : Par rapport à ses débuts en 2012/2013, la cigarette électronique possède des liquides et composants plus sûrs, qui ne fuient plus hormis pour certains bricoleurs qui s'amusent à prendre des systèmes ultra-puissants et qui font des montages hasardeux. Dans le cas pratique, c'est un outil désormais tout à fait sûr et la plupart des liquides sont fabriqués en France et répondent aux normes françaises. On sait donc exactement ce qu'il y a dans les émissions de cigarettes électroniques, c'est la même chose que dans les liquides.
Le seul réel danger est de la faire fonctionner à vide ou avec trop peu de liquides ou bien avec une puissance totalement disproportionnée. Dans des conséquences normales il n'y a pas d'émission de substances toxiques si ce n'est la nicotine. Cette nicotine permet d'arrêter de fumer et un essai anglais paru en début d'année démontrait que la cigarette électronique marchait mieux que les substituts nicotiniques car la quantité de nicotine était supérieure et les fumeurs l'appréciaient davantage. C'est donc un substitut qui plaît aux usagers et qui, bien utilisé, permet d'arrêter davantage de fumer. C'est ce qu'explique cet essai prospectif.
Au sujet des traitements plus efficaces que la varénicline, il y a un grand essai en cours mené par l'AP-HP, mais nous ne pourront avoir de réponse qu'en 2022 et 2023. Mais les résultats issus des anciens essais montrent une sécurité d'utilisation qui est colossale et il n'y a pas de suspicion que les cigarettes électroniques provoquent autant d'incendies que les mégots de tabac ou qu'elle soit plus dangereuse.
Mais il y a tellement d'informations contradictoires que les gens pensent davantage en 2017 qu'en 2014 que la cigarette électronique est plus dangereuse que son homologue classique, on le remarque dans ce qu'a révélé hier l'étude de Santé Publique France. C'est entièrement et définitivement faux. Elle est dans toutes les circonstances moins dangereuse et il n'y a aucun début de discussion scientifique sur le sujet. Ce que révèlent les chiffres de Santé Publique France et qui est intéressant est de voir que les vapoteurs sont au courant de la moins grande dangerosité alors que les fumeurs sont au contraire persuadés de sa grande dangerosité. C'est un problème d'information.

La cigarette électronique est-elle meilleure pour la santé que le tabac classique ? 

Attention, la cigarette électronique ne sera jamais un produit 100% sain ! Il ne faut pas la consommer si l'on est non-fumeur. La bonne nouvelle que révèle Santé Publique France est justement qu'il n'y a presque pas d'utilisation de la cigarette électronique par les non-fumeurs. C'est donc un produit pour fumeurs qui est utilisé pour sortir du tabac.
Les nouvelles données révélées par cette étude de Santé Publique France montraient le nombre de fumeurs qui étaient passé à la cigarette électronique puis qui l'avait arrêtée. Ce montant était de l'ordre de 500 000 personnes, soit 1,2% de la population française de 18 à 75 ans et la moyenne d'utilisation est de 4 mois. Ca n'est pas la même chose observée qu'avec les substituts nicotiniques.
L'un des soucis restant est le nombre de fumeurs/vapoteurs, qui consomment les deux en même temps. Ce nombre est moins grand qu'en 2014 mais il reste trop élevé.
Les Français utilisent donc ce produit pour arrêter de fumer mais les autorités sanitaires ne disent pas que c'est un produit beaucoup plus sain que le tabac et c'est gênant car on remarque qu'un grand nombre de fumeurs surtout précaires pensent que c'est dangereux, alors que c'est parfaitement faux. 

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