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"Aglaé" : le tapin par conviction, aguichant mais plutôt besogneux
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"Aglaé" : le tapin par conviction, aguichant mais plutôt besogneux

C'était un spectacle très attendu. Mais si "Aglaé" met en valeur un cas de prostitution volontaire, l'illustration s'avère plus prosaïque qu'attachante.

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Philippe Jousserand pour Culture-Tops

Est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).  Culture-Tops a été créé en novembre 2013 par Jacques Paugam , journaliste et écrivain, et son fils, Gabriel Lecarpentier-Paugam, 23 ans, en Master d'école de commerce, et grand amateur de One Man Shows.
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THEATRES-SPECTACLES

"Aglaé"
Texte et mise en scène de Jean-Michel Rabeux
D’après les mots d’Aglaé
Avec Claude Degliame

INFOS & RÉSERVATIONS

Théâtre du Rond-Point

2bis, avenue Franklin D. Roosevelt
75008 Paris
Réservation : 01 44 95 98 21
http://www.theatredurondpoint.fr
Du mardi au samedi à 20h30
Le dimanche à 15h30
ATTENTION: dernière, le 29 janvier

L'auteur

Auteur et metteur en scène de théâtre depuis quarante ans, Jean-Michel Rabeux, titulaire d’une licence de philosophie, a été successivement associé aux Scènes nationales des Gémeaux à Sceaux, de Cergy-Pontoise, de Villeneuve d’Ascq, dans la banlieue de Lille, et à la MC93 à Bobigny. Il a été aussi conseiller artistique pendant deux saisons au Théâtre de la Bastille. Il a écrit notamment « L’Éloge de la pornographie », « Légèrement sanglant », « Nous nous aimons tellement », « Déshabillages »…

Thème

Jean Michel Rabeux et la comédienne Claude Degliame ont rencontré à Marseille une prostituée de soixante-dix ans, toujours en activité, qui leur a raconté sa vie et son métier. Ils ont porté ses mots sur le théâtre et l’ont baptisée Aglaé pour respecter son anonymat.

Points forts

1) Claude Degliame fait totalement corps – c’est le cas de le dire – avec son personnage. En petite nuisette et noirs croquenots, elle impose le personnage d’Aglaé avec une telle véracité qu’on a du mal à séparer le rôle de son interprète. Un très beau travail de comédienne.

2) L’originalité de ce texte, c’est qu’Aglaé a choisi délibérément ce métier. Elle dit être née pour lui et qu’il correspond pleinement et intimement à sa personnalité. Elle se revendique femme libre. En voilà une qui tapine loin des sentiers battus ! Elle n’en déteste pas moins les souteneurs et les lois.

3) Le spectacle est court, environ 1h10, et c’est une bonne idée. Bon nombre d’auteurs qui tirent à la ligne devraient s’inspirer du format retenu ici par Jean-Michel Rabeux.

Points faibles

1) Il ne suffit pas de poser des questions à une prostituée et de faire tourner un magnéto pour écrire un monologue de théâtre. Ce serait trop simple ! Le théâtre demande un décalage, une transposition, de la dramaturgie ou un enjeu artistique, un objectif intellectuel. Certes, ici, Jean-Michel Rabeux dispose d’un personnage original et de propos inattendus comme les affectionnent certaines émissions de télévision, genre « C’est mon choix ». Mais est-ce suffisant pour affronter la scène ?

2) Modulable, la petite salle Roland Topor au premier étage du Théâtre du Rond-Point a été complètement transformée pour l’occasion. Des tubes de néon pendent du plafond à la verticale ; ils resteront plus ou moins allumés pendant la représentation. Pour asseoir le public, on a installé une banquette très haute et peu profonde le long de trois murs ; des tabourets sont aussi disposés dans la salle. Claude Degliame évolue dans tout cet espace. Où sommes nous ? Dans un bar de nuit ? Dans un bobinard new-look ? Sur un plateau de télévision? Ce qui est sûr, c’est que le public est mal assis et l’acoustique très discutable.

3) D’après Aglaé, le plus vieux métier du monde est le meilleur qu’elle eût pu choisir. Tant mieux pour elle ! Il est toujours agréable de rencontrer des gens qui s’épanouissent dans leur profession… Mais, plus sérieusement, pour une fois que le théâtre-vérité s’empare du thème de la prostitution, n’était-il pas plus urgent, avant de tendre le micro à une prostituée ravie de sa condition, de dénoncer la misère dans laquelle vivent celles qui se retrouvent sur un trottoir sans l’avoir choisi, par la force, par la violence, par la soumission ?

En deux mots

Un texte-vérité sur une prostituée très satisfaite de son métier. Mais où est le théâtre dans tout cela ? Et surtout, ces propos sont-ils passionnants à ce point ?

Un extrait

Aglaé : « Ce qui compte, c'est la liberté. Être obligée, jamais, jamais, à rien. Moi, on m'a obligée à rien, jamais. »

Recommandation : à la rigueur 

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