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Crédits Photo: Capture d'écran Youtube / Huffington Post

Valeurs du sport bafouées

Roxana Maracineanu, ministre des Sports, a été huée et menacée par des supporters lors d'un match du Red Star

Quelques supporters du Red Star n'ont pas apprécié la présence de la ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Les faits se sont déroulés dans la soirée du vendredi 13 décembre. La ministre des Sports assistait à la rencontre à domicile du Red Star et de l’US Quevilly-Rouen, à Saint-Ouen. 

Alors qu'elle portait une écharpe du club, l’ancienne championne du monde de natation a été confrontée derrière une grille, aux abords du parking, à des supporters très en colère. Cet incident s'est déroulé à la mi-temps du match. 
Les supporters ont violemment réagi face à la représentante du gouvernement d'Emmanuel Macron :

"Casse toi la ministre, casse-toi, on ne veut pas de toi! (…) Tout le monde déteste la ministre. Prends ta voiture et va-t’en".

Des supporters ont ensuite jeté des bières vers son véhicule.

La ministre s'est confiée au Parisien après cet incident : 

"J’étais venue pour une prise de contact avec un club qui défend des valeurs dans lesquelles je me reconnais. Il est situé à quelques pas du coeur des prochains JO de Paris 2024 et j’ai envie de le soutenir. Je reviendrai". 

La perspective de la rénovation du stade Bauer, prévue pour les Jeux olympiques de 2024, envenime également les relations entre les supporters et la ministre. 

Lors du match et pendant l'incident avec la ministre des supporters ont entonné des chants contre la réforme des retraites et contre le gouvernement. Certains ont indiqué à la ministre qu'ils étaient grévistes d'ailleurs dans le cadre de l'actuel mouvement contre la réforme des retraites. 

Le club du Red Star a tenu à condamner fermement ces incidents, des faits "inqualifiables" portés par une "minorité de supporters". Après l'exfiltration de Roxana Maracineanu du stade Bauer de Saint-Ouen, lors du match de National entre le Red Star et Quevilly, le club a promis des sanctions envers les supporters qui s'en sont pris à la ministre des Sports.

Selon le président du club Patrice Haddad, "nous prendrons les décisions justes mais fermes qui s'imposent vis-à-vis des fauteurs de troubles, et invitons les responsables des groupes de supporters à venir s'expliquer tant sur le fond que sur la forme de cet incident inacceptable. Si les opinions sont libres, je ne saurais tolérer de tels débordements physiques et politiques, qui sont contraires aux valeurs que le club a toujours véhiculées et inculquées jusqu'aux plus jeunes de ses licenciés: le respect et la tolérance".

Selon des informations du Huffington Post, le directeur général du club, Grégoire Potton, avait fait partie de la campagne du président de la République Emmanuel Macron et avait occupé la fonction de trésorier auprès de La République en marche. 

Roxana Maracineanu s'est confiée à Franceinfo ce samedi après ces incidents et ces intimidations : 

"Je suis en colère. Je pense que personne n’a le monopole du social et surtout pas ces quelques supporters qui prennent le football en otage. (…) Je respecte la colère de ces personnes qui étaient là. Maintenant, lorsque ça va jusqu'à des intimidations physiques sur moi qui suis une femme, qui mesure 1m65, et qu'ils sont quinze autour de moi, attroupés, ce n'est pas admissible. S'ils ont envie de parler, je suis là à visage découvert, je suis au milieu de la foule, je suis là dans la discussion et le dialogue. On est dans une démocratie. Donc je ne comprends pas ces manifestations de violence gratuite".

Roxana Maracineanu a relaté à Franceinfo les circonstances précises de l'incident : 

"J'ai passé la première mi-temps à discuter avec le maire de Saint-Ouen et avec Patrice Haddad, le président du club. A la mi-temps, je suis descendue boire un coup avec mes amis et à ce moment-là, j'ai été reconnue et interpellée par des personnes qui étaient là, des supporters, des spectateurs du match avec qui j'ai échangé sur mes prises de position, sur les supporters et sur d'autres sujets. Certains sont venus me dire : "Nous sommes en grève depuis quelques jours et voilà ce que nous voulons faire passer comme message". Autour de ces personnes s'est agrégée une autre dizaine de personnes qui, à ma grande surprise, avaient des foulards sur le visage. Et ils ont commencé à scander des cris qu'on peut entendre dans les manifestations. Et ils sont devenus intimidants".

La ministre a annoncé qu'elle n'allait pas porter plainte. 

Huffington Post

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