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Crédits Photo: Capture d'écran BFMTV

Commission européenne

Rejet de la candidature de Sylvie Goulard : l'incompréhension d'Emmanuel Macron sur la scène européenne

La candidature de Sylvie Goulard pour la Commission européenne a été rejetée ce jeudi par 82 députés européens contre 29. Ce rejet est lié à des raisons éthiques. 

Sylvie Goulard est notamment visée par deux enquêtes pour un système d'emplois présumés fictifs au sein du MoDem et pour des rémunérations présumées pour un travail effectué pour un groupe américain pendant qu'elle était eurodéputée. 

Emmanuel Macron a exprimé son incompréhension suite à cette décision. C'est la première fois qu'une candidate française est rejetée pour un poste à la Commission. 

Le président de la République considère que Sylvie Goulard fait face à une violence politicienne de la droite européenne qui serait vexée de ne pas avoir obtenu la présidence de la Commission européenne.

"J'ai besoin de comprendre ce qui s'est joué... De ressentiment, peut-être de petitesse mais j'ai besoin de comprendre".

Jean-Sébastien Ferjou s'est exprimé sur ce dossier sur le plateau de BFMTV :  

"Il y a deux histoires. Il y a l'histoire des assistants parlementaires du MoDem et il y a le contrat qu'avait Sylvie Goulard avec un think tank américain. Je pense qu'on a tout à fait sous-estimé l'affaire du think tank américain dans sa décision à l'époque. Cela a eu un vrai rôle sur les militaires français. Madame Goulard aurait été en charge des relations avec l'OTAN et en charge d'un certain nombre de questions liées à l'armement. Ses liens avec les Américains au sein de la haute hiérarchie militaire française posait problème. Cela n'a pas été racontée à l'époque mais ça faisait partie de l'équation de sa démission probablement autant que l'affaire des assistants parlementaires du MoDem".

Jean-Sébastien Ferjou a aussi évoqué le rôle d'Emmanuel Macron dans ce dossier et le contexte de ce camouflet politique pour la France et pour le chef de l'Etat :  

"Emmanuel Macron connaissait le contexte. Il sait que le Parlement européen a une culture du contrôle heureusement un peu plus démocratique (malheureusement pour la France) que le Parlement français. Il savait aussi parce que ça ne s'est pas joué que sur des considérations d'honnêteté ou de probité ou sur les loyautés réelles de Madame Goulard. Il savait aussi que la CDU avait très mal vécue l'épisode de l'éviction de Manfred Weber qui était son candidat naturel pour prendre la tête de la Commission européenne. Emmanuel Macron savait qu'il y avait un contexte dans lequel il s'était mis à dos, en quelque sorte, beaucoup de gens. Pourquoi présenter une candidate qui avait une faille majeure ? Personne ne peut remettre en cause les compétences de Madame Goulard à ce poste-là. En revanche, comment Emmanuel Macron pouvait-il imaginer, dans un contexte où il avait  des gens qui l'attendaient au tournant, qu'on lui aurait fait des fleurs sur ce dossier-là ? ".

Jean-Sébastien Ferjou souligne aussi la perte d'influence d'Angela Merkel : 

"En revanche, ça en dit long sur la perte d'autorité de Madame Merkel. C'est la fin d'Angela Merkel aujourd'hui. Ce que nous dit Emmanuel Macron aujourd'hui, "Je ne comprends pas, j'avais un deal en quelque sorte avec Madame Merkel et les chefs de groupe. Avec Angela Merkel, il y a cinq ans ou il y a dix ans, il y aurait eu un deal entre l'Allemagne et la France sur le nom de la commissaire française. Jamais, jamais, au grand jamais, les députés CDU du Parlement européen n'auraient été à l'encontre du deal proposé ou validé par Angela Merkel. Là, on voit que l'ère Merkel est terminée. Le grand paradoxe d'Emmanuel Macron c'est qu'il veut incarner le renouveau et reste attaché aux codes de l'ancien monde sans comprendre précisément que cet ancien monde n'est plus".  

 

BFMTV

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