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Valeurs Actuelles couronne Emmanuel Macron en escroc en chef ; L'Obs sacre le "premier vrai libéral à surgir sur la scène politique française"; dans le Point, Fillon règle ses comptes avec ceux qui l'ont abandonné ; Marianne redoute une victoire de Le Pen
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Revue de presse des hebdos

Valeurs Actuelles couronne Emmanuel Macron en escroc en chef ; L'Obs sacre le "premier vrai libéral à surgir sur la scène politique française"; dans le Point, Fillon règle ses comptes avec ceux qui l'ont abandonné ; Marianne redoute une victoire de Le Pen

Si L'Express se distingue en consacrant sa Une aux plus de 80 ans, les autres news magazines insistent quant à eux sur la situation politique en France. Et aussi l'enquête sur Kim Jong-Nam, le demi-frère du maître de Pyongyang assassiné en Malaisie, qui avait ses habitudes à Paris.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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Seul L'Express se distingue de ses confrères cette semaine en consacrant sa Une à un sujet de société, les plus de 80 ans : "Ils nous donnent des leçons de jeunesse" titre le mag qui met en avant  Jean d'Ormesson, 91 printemps, et en retrait l'historienne Mona Ozouf, 86 ans, qui voisine avec Michel Serres, 87ans. En pages intérieures, on rencontre aussi Hugues Aufray, qui affirme "ne pas s'être ennuyé une seconde en quatre-vingt sept ans", le médecin endocrinologue Etienne-Emile Beaulieu qui dirige l'institut éponyme pour la recherche sur la maladie d'Alzheimer qui affirme que "le corps résiste de mieux en mieux au vieillissement "; à 90 ans il en est le meilleur exemple.

Les autres news magazines, Le Point, L'Obs, Valeurs Actuelles, consacrent leurs couvertures et de nombreuses pages intérieures à la politique. "Fillon face à lui -même" titre Le Point. En fait, c'est Fillon face à Franz-Olivier Giesbert avec qui le candidat s'est mis à table dans le salon particulier d'un bon restaurant parisien. Interview personnelle dans laquelle on apprend que François Fillon qui a commencé à faire de la course automobile à 35 ans (donc trop vieux pour se lancer dans une carrière sportive), a toujours été fasciné par Jacky Ickx (ndlr: ancien coureur) "il y a chez lui une telle profondeur, tant de qualités .Il vit une partie de l'année avec sa femme dans une maison sans eau, ni électricité au Mali, au bord d'un fleuve". Pas vraiment la vie de château !!! Mais la question n'est pas là…

En coller une à certains commentateurs  

L'interview ou plutôt la conversation retranscrite glisse vers des questions plus actuelles. Et François Fillon se lâche... Contre les instituts de sondages : "les questions des sondages sont biaisées, et comme les instituts se contentent désormais d'utiliser Internet pour interroger les Français, ils sous-estiment toujours les catégories les plus âgées de la population qui jouent pourtant un rôle clé dans les scrutins. En fait, de plus en plus orientés et de moins en moins fiables, les sondages pervertissent gravement le débat démocratique". C'est lui qui le dit. Plus grave, FOG lui demande s'il n'a jamais songé à se suicider ? Réponse de François Fillon :" J'ai mieux compris que des gens, dans des situations de ce genre, soient allés jusqu’à cette extrémité, mais je n'y ai jamais pensé pour moi. Jamais! D'abord, j'ai la chance d'avoir une famille très soudée, à laquelle je me sens aujourd'hui très redevable. Ensuite, j'ai toujours eu la conviction que ce grand tohu-bohu finirait, comme un paquet d'affaires du même type, par des relaxes et des non-lieux. Quand on me rapporte ce que disent certains commentateurs, j'ai envie de leur coller une, mais ça n'est pas mon genre.Ca fait deux mois que je ne regarde pas les JT à la télé".

Autre question : "Dans votre portefeuille vous n'avez pas une petite fiche où vous avez inscrit les noms de tous ceux qui vous ont manqué, comme Pompidou après l'affaire Markovic ?"François Fillon, répond "je n'ai pas besoin de fiche. J'ai de la mémoire. Il y a des gens qui ont franchi les limites....Ce qui m'a le plus blessé, ce sont ceux qui, comme Bruno Le Maire ou certains juppéistes, ont quitté ma campagne du jour au lendemain, alors qu'après les résultats de la primaire, ils avaient souvent été parmi les premiers à l'avoir rejointe".

Et puis François Fillon déplore "ce dialogue de sourds avec la Justice. On peut leur apporter les preuves, ça ne change rien ou presque pour les magistrats. Mais je compte toujours, je le répète, sur des relaxes et des non-lieux". Au fil des pages du mag, on découvre un article sur " ces soutiens (de François Fillon) qui grognent". En tête, Laurent Wauquiez à qui il aurait "promis la direction du parti après la crise avec Juppé", et qui "ne voit rien venir, et le parti, pendant ce temps, ne fait pas vraiment campagne". Christian Estrosi "se souviendra longtemps des sifflets qu'il a dû endurer lors du meeting de François Fillon, à Toulon,  qui déclare :" les sifflets, passe encore dans cette campagne hystérisée. Mais que Fillon n'ai pas eu un mot pour moi, c'est pire!".

Des SMS de François Hollande

Est ce parce qu'il s'apprêtait à recevoir Emmanuel Macron que le président de la région PACA a été hué ? En tous cas la photo de son tête avec le candidat d'En Marche est reproduite dans Valeurs Actuelles, pour expliquer que Macron veut faire "oublier qu'il est de gauche". Car, Macron Hollande même combat ! Pour Valeurs Actuelles il n’y a pas de doute . Si Emmanuel Macron est élu, ce sera "Hollande saison 2", ou comme le mag l'annonce en couverture "Macron, la grande escroquerie 2017.". Emmanuel Hollande, comme l'a baptisé François Fillon, "l'angle d'attaque est d'une simplicité extrême. La charge est d'autant plus efficace qu'elle correspond à la réalité. N'est-ce pas François Hollande lui même qui confiait à Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans "un Président ne devrait pas dire ça..: Emmanuel Macron, c'est moi ?".Certes, depuis qu'il a démissionné du ministère de l'Economie celui-ci se garde bien de solliciter le moindre tête à tête avec le chef de l'Etat qui pourrait donner lieu à des interprétations dont il se défie ".

Cependant  le mag va jusqu'à se référer au Monde, qui n'est pourtant pas son quotidien favori pour citer un article racontant que "François Hollande dissèque la stratégie de son ancien protégé et lui conseille notamment de rester de gauche". Mieux, "François Hollande admet volontiers "se sentir en phase avec le programme d'Emmanuel Macron, dont il assure qu'il est un copier-coller du sien.

En d'autres termes, la victoire d'Emmanuel Macron permettrait à François Hollande de jouer les prolongations. De s'offrir une deuxième saison alors même que le public a déserté les salles". Et V.A. de préciser que les équipes de François Fillon ont beaucoup hésité entre Emmanuel Hollande ou François Macron, pour dénoncer l'absence d'alternance que serait l'élection de l'ancien Ministre de l'Economie. Pour preuve le mag avance "les marche arrière toute " du candidat d'En Marche sur les 35H, l'ISF, et l'assurance vie ".

Les sectarismes enkystés de gauche et de droite ne font plus recette

Avec qui peut-il gouverner ? s'interroge l'Obs à propos d'Emmanuel Macron, pensif, à la Une du quotidien. Le mag  a interviewé le philosophe Marcel Gauchet apparemment séduit par le projet du candidat. Il s'explique : "Au-delà du détail des programmes sur lequel les médias se concentrent de manière absurde, ce qui importe, c'est la philosophie sous-jacente qui les inspire et que les futurs électeurs perçoivent, en fait, au travers de la posture et de la personnalité des candidats. Emmanuel Macron porte le projet d'une société de l'ouverture dans tous les domaines. Macron est le premier vrai libéral, au sens philosophique du terme, à surgir sur la scène politique française depuis très longtemps. Il incarne un libéralisme positif, qui ne se contente pas de défaire des protections, mais pour lequel le jeu des libertés personnelles est, par principe, profitable à tous. C'est pourquoi son programme compte peu  et que les reproches qui lui sont faits ne l'atteignent pas. Il fait en outre une campagne très intelligente, purement politique, où il joue tout sur son positionnement. Il a eu le flair de saisir que les sectarismes enkystés de gauche et de droite ne faisaient plus recette et qu'il s'agissait de dépasser ce clivage sans  le nier". Le tout est maintenant de donner corps à cette théorie.

Alors, avec qui Emmanuel Macron va-t-il ou pourrait-il gouverner ? Avec une majorité, pardi, répond le mag qui détaille le processus de désignation des candidats d'En Marche ! aux législatives, et qui explique que c'en est "fini la double appartenance tolérée aux débuts d'En Marche ! L'objectif est double .D'abord s'assurer d'une majorité cohérente, sans frondeurs ou autres empêcheurs de légiférer en rond. Ensuite, capter la plus large part possible des financements publics, versés en fonction du nombre de voix et du nombre d'élus obtenus aux législatives. Avec une telle inflexibilité ses contempteurs lui promettent une centaine de députés tout au plus..."mais "Emmanuel Macron balaie l'hypothèse d'un revers de la main : " je compte bien avoir une majorité stable ! Si les Français ne veulent pas d'une refondation de notre vie politique, ils ne m'éliront pas président de la République. Mais permettez-moi de penser que s'ils décident de faire un tel choix, c'est qu'ils ont bien l'intention six semaines plus tard de me donner les moyens de présider et de gouverner". Et le candidat de promettre " une grande bouffée de renouveau à l'Assemblée Nationale". Avec quel Premier ministre ? Il sera "choisi pour son expérience politique". Emmanuel Macron aimerait que " ce soit une femme". Sans garantie.

Le Pen : le pire est possible

Marianne est le seul à y croire : Marine le Pen peut gagner cette élection présidentielle .Le mag décrète l'alerte rouge et  étaye ses affirmations. "Ils ne veulent pas le voir. Ils n’y croient pas. Ils s’aveuglent", tonne Marianne.  Une fois encore. Ils vous le répètent jour après jour, semaine après semaine :: « Marine Le Pen à l’Elysée ? Mais vous n’y pensez pas ! » Prenez tout ce que la bulle médiatique compte encore d’observateurs assermentés et de spécialistes autoproclamés…Consultez les augures des instituts de sondage qui continuent de dispenser leur mixture malgré tant d’erreurs : « La présidente du FN au pouvoir ? Enfin, vous voulez rire ? Il n’y a aucun risque…Résultat, les sujets de fond ont été occultés dans une fausse campagne qui tourne autour du naufrage éthique de François Fillon. Marine Le Pen, elle, passe entre les gouttes. Il a fallu attendre le débat télévisé du 4 avril et l’irruption du candidat du NPA, Philippe Poutou, pour que l’un de ses contradicteurs ose enfin renvoyer la candidate d’extrême droite à son statut de privilégiée usant des ficelles du « système », en l’occurrence l’« immunité parlementaire », pour refuser de répondre aux convocations de la police et de la justice. Depuis cinq ans, pourtant, scrutin après scrutin, municipales, cantonales, européennes et enfin régionales, le FN ne cesse de battre record après record. Bref, à chaque scrutin depuis cinq ans, le niveau du fameux "plafond de verre" qui s’imposerait au Front national semble remonter un peu plus. Jusqu’où ? Nul ne peut l’affirmer… sauf ces incontournables sondeurs qui nous serinent donc :" Marine Le Pen à l’Elysée ? Enfin, soyons sérieux ! Eh bien, oui, justement, soyons sérieux ! Les mêmes, qui affichent aujourd’hui leurs certitudes arrogantes, clamaient haut et fort en juin dernier, sans l’ombre d’un doute, que les Britanniques ne quitteraient pas l’Union européenne. Les mêmes encore juraient, la main sur le coeur, à l’automne que jamais, ô grand jamais, Donald Trump ne s’installerait à la Maison-Blanche. Comment ces prophètes de bazar dont la boussole indique le sud peuvent-ils encore assurer que jamais Marine Le Pen ne franchira la barre des 50 % des suffrages exprimés au second tour ? Pis encore, à les en croire, la patronne du FN se serait déjà résolue à la défaite cette année et ne viserait plus qu’une victoire en… 2022 !

Démonstration : .... "Que Marine Le Pen arrive en tête du premier tour, et la dynamique qui jouerait en sa faveur pourrait lui permettre d’inverser ce rapport de forces. De même, l’abstention record qui s’annonce (de 33 à 35 % des électeurs inscrits) menace t- elle de la servir quand on observe que ses supporteurs sont les plus déterminés à se rendre aux urnes. Souvenons-nous que le précédent record d’abstention pour une présidentielle (28 % des inscrits) remonte précisément à l’élection de 2002..... Bref, au terme d’une folle campagne chamboule-tout, toutes les pièces du puzzle se mettent en place pour conduire à la catastrophe finale...Aujourd’hui, le discrédit qui frappe le candidat de la droite et le rejet qu’il suscite désormais à gauche, et jusqu’aux tréfonds de la société française, font sans nul doute de François Fillon le meilleur agent d’une victoire de Marine Le Pen. Le pire n’est jamais sûr. Il est devenu possible".

Kim-Jong-Nam, mystérieux héritier nord coréen

Il voyageait sous le nom de Kim Chol, mais s'appelait en réalité Kim Jong-nam, et était le demi-frère de Kim Jong-un, le "chef suprême" de la Corée du Nord. Il a été assassiné avec un "puissant agent neurotoxique" à l'aéroport de Kuala Lumpur le 13 février dernier, où " deux jeunes femmes se sont jetées sur lui et lui ont plaqué un tissu noir sur le visage". L'Express a tenté d'en savoir plus sur cet "héritier maudit". Dans les jours qui suivent les enquêteurs arrêtent les meurtrières. Ils s'intéressent aussi à quatre Nord-Coréens....dont l'un d'eux travaillerait pour les services secrets de Pyongyang. Les soupçons se portent sur le régime.

L'enquête s'avère d'autant plus difficile que les traces laissées par Kim-Jong-nam s'effacent très vite "écrit le mag qui précise que " à la seule évocation de son nom les visages se ferment, les conversations s'abrègent. Même à Paris où ce francophile se rendait régulièrement, ses amis requièrent l'anonymat-quand ils ne déclinent pas les demandes d'interview. Comme si le terrible poison VX menaçait de contaminer tous ceux qui l'on connu....".

On apprend que Kim Jong-nam est le fruit des amours de Kim Jong-il, le fils du " grand leader et d'une actrice appréciée dans le Pyongyang des années 1970, fille d'un riche propriétaire sud-coréen". Impossible pour Kim-Jong-il d'avouer à son père qu'il compte épouser une capitaliste; l'idylle reste secrète, tout comme la naissance de Kim Jong-nam.... qui " vit cloitré dans une résidence secrète de la capitale" avant d'être envoyé à Moscou pour être scolarisé au lycée français, puis d'intégrer l'Ecole Internationale de Genève".

"Son père veut le préparer au pouvoir", mais 2001, " en compagnie en compagnie de deux femmes et d'un enfant, Kim Jong-nam est arrêté à l'aéroport de Tokyo, muni d'un faux passeport de la République dominicaine. Aux policiers japonais il déclare qu'il voulait visiter Disneyland.

Son père ne lui pardonnera jamais et l'enfant chéri tombe en disgrâce. Commence alors un longue vie d'exil. Sous des noms divers -Lee, Kim Chol, ou encore Pang Xiong, il voyage à Pékin, à Bangkok, à Macao, où il finit par s'installer avec sa famille. Feat Bear (c'est son surnom) aime les femmes. Il fréquente les palaces parisiens...La presse sud coréenne et surtout nipponne le traque. Le Japon est passionné par tout ce qui se passe à Pyongyang"... A l'Express, certains de ses amis ont opposé une fin de non -recevoir ..."Car" Kim Jong-nam vivait dans la peur, et était devenu paranoïaque, selon un de ses vieux amis car il avait déjà échappé à deux tentatives d'assassinat, dont une en Chine.

Kim Jong-nam avait demandé à son demi-frère, devenu leader suprême de la Corée du Nord de les épargner, lui et sa  famille. Son fils, Kim Han-sol a  fait ses études en Europe. D'abord à Mostar en Bosnie, puis au Havre, entre 2013 et 2015, à Sciences-Po....où il faisait l'objet d'une protection policière car il avait traité son once de " dictateur "dans une interview...Depuis l'empoisonnement de son père, Kim Han-Sol a disparu. Comme sa mère et sa soeur. Ils seraient sous la protection des services secrets chinois", ou ...réfugiés aux Pays-Bas. Et l'Express s'interroge :" Han-Sol, le dernier descendant des Kim parviendra-tg-il à échapper à la malédiction" ? 

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