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Les 288 horloges coordonnées de l’écran « A Million Times » peuvent afficher n’importe quelle heure et n’importe quel mot...
Les 288 horloges coordonnées de l’écran « A Million Times » peuvent afficher n’importe quelle heure et n’importe quel mot...
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Une coupole d'observation, un double réacteur en phase finale, une seconde mystérieuse : toute l'actualité des montres

Et aussi un remix plein d’humour des codes classiques, un grand frisson graphique et quelques montres sur tapis rouge...

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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• MB&F : La machine est repartie pour toujours

Les jeunes créateurs indépendants poussent la politesse éthique jusqu’à signaler, grâce à une « édition finale » qu’ils mettent un point final à des éditions déjà très limitées. HM4 (pour Horological Machine n° 4) restera dans les mémoires comme un des plus déroutants « ovnis » jamais proposés aux poignets au cours de ces dernières années : l’esthétique hésitait entre le podracer de Star Wars (épisode 1) et le Thunderbolt A-10, avion d’attaque américain que ses deux réacteurs massifs avaient fait surnommer Hog (« phacochère »). Une montre à deux « réacteurs » ? Pourquoi pas, puisque ça permet d’afficher les heures latéralement, dans l’axe du regard, sans tourner le poignet, comme dans les premières montres des gentlemen drivers de l’âge héroïque. Pour cette « Final Edition » [ce sont les huit derniers mouvements mécaniques de la série : après, on n’en fabriquera plus jamais !], HM4 affiche un habillage furtif, noir mat, avec un capotage des « cadrans » qui évoque le style bifocal des légendaires Rolleiflex...

• HARRY WINSTON : Les trois axes du tic-tac de l’extrême

Depuis Marilyn Monroe, qui avait fait de Harry Winston le « meilleur ami des filles » (elle parlait surtout des diamants), les femmes connaissent mieux cette marque de joaillerie que les hommes, qui ont pourtant quelques « joyaux horlogers » à leur disposition pour se trouver quelques « meilleurs amis » mécaniques. On en trouvera un bon exemple avec cette montre « Histoire de tourbillon 4 », qui propose sous un dôme très vernien (Jules, celui de Vingt mille lieues sous les mers) un tourbillon monté sur trois axes, dans trois cages qui tournent à des vitesses allant de 45 à 300 secondes : on distingue, sous le dôme, le triple axe de ces cages et une aiguille des secondes qui fait donc le tour du cadran en 300 secondes (cinq minutes). Les heures sont déportées à 2 h, et les minutes à 9 h. À quoi sert un tourbillon ? Du temps des montres de poche début du XIXe siècle), qui se portait verticalement, cette complication mécanique était destinée à faire « tourner » sur lui-même l’échappement de la montre (ce qui en règle la précision et qui fait tic-tac) en lui évitant de toujours fonctionner dans la même position. Au XXIe siècle, le problème ne se pose plus avec les montres-bracelets, toujours en mouvement à nos poignets, mais le tourbillon est toujours une complication chic, exclusive et chèrement tarifée, surtout quand les marques s’y risquent avec des avancées micro-mécaniques comme ce tourbillon tri-axial sous sa coupole d’observation.

• MARVIN : L’impertinence au cœur des codes ultra-classiques

Au premier regard, un style très traditionnel : boîtier rond (42 mm), cadran sobre aux chiffres romains et aux aiguilles bleuies, un « tracteur » comme mouvement automatique, une grande réserve de marche qu’on jurerait empruntée à une montre de poche du XIXe siècle (c’est le réservoir d’énergie de la montre, qu’il faudra remonter quand l’aiguille sera dans le rouge). Sauf qu’on perçoit très vite ce qu’il y a d’ironique dans cet hommage aux codes classiques de la montre suisse : le dessin de cette réserve de marche dessine même un sourire impertinent et malicieux, qui réjouira les amateurs de belle horlogerie soucieux d’afficher leur non-conformisme. Une jolie friandise mécanique suisse à moins de 1 700 euros : c’est exactement ce que le marché attend – et c’est le décalage subtil qu’adorent aujourd’hui les jeunes urbains professionnels de la Génération Y. Pas question pour eux d’entrer dans la vie en se mettant à l’heure d’hier, c’est-à-dire celle de leurs parents ou de leurs grands parents...

• MAURICE LACROIX : Le mystère de la seconde invisible

Faut-il exprimer le temps qui passe en heures, en minutes ou en secondes ? C’est finalement le battement des secondes que nous percevons le mieux : c’est ce rythme, associé à l’idée circulaire d’un éternel retour [très nietzschéen, tout ça !], que la maison suisse Maurice Lacroix a choisi de mettre en valeur, en reléguant sur un compteur annexe les heures et les minutes. Sur l’immense et mystérieux compteur des secondes de cette Masterpiece Seconde Mystérieuse (43 mm pour le confort), une aiguille bleuie « bat » les secondes, mais en les décomptant sur un disque en verre saphir invisible en rotation.  C’est bien la preuve que les secondes sont primaires, les autres affichages n’étant que... secondaires !

• BIZARRE : À l’heure des grands frissons graphiques

Imaginez un immense panneau mural blanc composé de 288 horloges blanches, dont les aiguilles sont noires : pilotées par un programme informatique ou par un iPad, ces aiguilles dessinent des figures, des vagues et des frissons en noir sur blanc. Les 576 moteurs électriques peuvent même écrire, en temps réel, une heure géante, avec les minutes en chiffres noirs sur fond blanc, ou former n’importe quel mot. A Million Times est un concept oxymorique d’affichage digital (chiffres), mais en même temps analogique, puisque les chiffres sont indiqués par des aiguilles : du jamais tenté dans l’histoire des objets du temps. Le ballet minimaliste, mais très expressif, de ces aiguilles (voir la vidéo ci-dessous) a été conçu par le groupe de designers suédois Humans Since 1982, qui n’en sont pas à leur coup d’essai en matière d’horloges kinético-philosophiques...

• GRAND ÉCRAN : Montres et cinéma, ça marche toujours !

Toutes les marques horlogères tentent de s’infiltrer dans les salles de cinéma en « plaçant » leurs montres dans les films, plus ou moins subrepticement, au poignet des acteurs, ou, dans le meilleur des cas, dans le scénario. On ne peut que se féliciter de voir Jean Dujardin porter, dans Möbius une montre F.P. Journe – un horloger français installé en Suisse. L’affaire impliquant un agent secret russe (joué par Jean Dujardin : ci-dessous), le choix de cette montre n’est pas absurde, cette marque ayant longtemps eu la faveur des riches amateurs post-soviétiques. Cette passion des marques pour le product placement était encore plus spectaculaire pour la récente cérémonie des Oscars, à Hollywood : pas une starlette qui n’ait été préalablement « bijoutée » par une marque de montre ou de joaillerie, au prix d’âpres négociations menées jusqu’à la dernière seconde dans les couloirs et même dans les suites des hôtels où descendent les vedettes avant de s’élancer sur le tapis rouge. Les tarifs imposés par les agents de stars sont variables et discrétionnaires, avec une forte part de caprice de la part de ces dames, qui changent de parure à la dernière seconde [leurs tenues de soirée griffées sont l’objet des mêmes marchandages] et qui ne peuvent donc pas porter un bracelet bleu avec un robe rouge. Prochaine chronique mondaine sur les red carpets : au mois de mai, pendant le Festival de Cannes...

• Le Quotidien des montres

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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