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Un rallye boursier prévu pour la fin d’année 2015 ?
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Un rallye boursier prévu pour la fin d’année 2015 ?

Malgré toutes les mauvaises nouvelles accumulées depuis l’été, les indices boursiers ne sont qu’à 10-12% de leur plus hauts de mars-avril. Le marché résiste finalement très bien.

Alain Pitous

Alain Pitous

Alain Pitous, Directeur Général Adjoint Associé de Talence Gestion (@alainpitous).

Talence Gestion est une société de gestion de portefeuille indépendante spécialisée dans la gestion sous mandat pour les particuliers et la gestion de fonds commun de placement en actions.

Précédemment, il a été pendant 5 ans (2009-2014) Deputy CIO d’Amundi (850 Milliards d’Euro sous gestion) et gérant du fonds Amundi Patrimoine de 2012 à juillet 2014.

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lire les analyses de marché et les articles sur l’économie, il paraît difficile d’imaginer une forte hausse à court-terme. Tout indique au contraire que les marchés devraient au moins marquer une pause. Les faits sont là : les chiffres de conjoncture sont, au mieux, à peu près conformes aux attentes et bien souvent décevants pour ne pas dire inquiétants dans certains pays émergents. A très court-terme, il ne faut donc pas attendre de soutien de la macro-économie.

Les résultats des entreprises du 3ème trimestre publiés en ce moment peuvent-ils donner un nouvel élan au marché et permettre le traditionnel rallye de fin d’année. Si l’on en juge par les résultats des entreprises américaines cette semaine, il est permis d’en douter. Ce n’est pas très étonnant en effet dans une économie mondiale en croissance modérée annuelle de 3/3.5% il est difficile de voir les résultats de toutes les entreprises croitre durablement de 15 ou 20%.

Le constat est donc simple : il est difficile d’envisager une hausse sans discernement des marchés actions. Il y aura, encore plus que d’habitude, des gagnants et des laissés pour compte qui vont voir leur cours de bourse stagner. Les résultats publiés la semaine dernière apportent quelques indications pour distinguer les secteurs ou valeurs gagnant. Ils reflètent, à notre avis, une poursuite de tendances lourdes déjà à l’œuvre depuis un moment. Nous ne pouvons pas être surpris quand Wal-Mart (distribution aux Etats-Unis) annonce des résultats en baisse. La concurrence du e-commerce ne peut que peser sur les distributeurs traditionnels. Même remarque pour les banques américaines, les résultats sont médiocres : le coût du risque augmente, le trading a été défaillant, le niveau bas des taux pèse sur les marges, les coûts liés à la règlementation ne peuvent qu’augmenter, enfin l’émergence des "fintech" (le Uber de la Banque !) attaque l’ensemble de la chaine de valeurs des banques. Enfin, les entreprises qui tirent plus de 20 à 30% de leur Chiffre d’Affaires et/ou de leurs marges de l’international et des pays émergents en particulier ne pourront pas surprendre positivement (Exemple Nestlé vendredi).

D’où peuvent venir les bonnes nouvelles pour égayer ce tableau assez sombre ? Comme nous l’indiquons depuis des semaines, certaines entreprises européennes, partant de plus bas qu’aux Etats-Unis, pourraient afficher de très bons chiffres de croissance. En effet, la baisse de l’euro dope les comptes, mais surtout la timide reprise de la croissance s’installe. La consommation en particulier continue d’enregistrer des chiffres positifs. Les entreprises "domestiques" peu exposées à l’international en particulier devraient afficher des résultats corrects.

Si l’on fait le bilan de tout cela, il est difficile d’envisager une forte hausse pour la fin d’année. La balance penche trop du côté négatif à court-terme. Trop d’éléments de risque incitent à la prudence.

Mais… il y a un "mais" : les marchés financiers ont des comportements parfois complexes à analyser.

Le rallye de fin d’année ne peut pas être totalement exclu. En effet un constat s’impose : avec toutes ces mauvaises nouvelles accumulées depuis l’été, les indices ne sont qu’à 10-12% de leur plus hauts de mars-avril. Le marché résiste donc finalement très bien…

Beaucoup d’investisseurs sont pessimistes sur l’évolution des marchés et attendent des points plus bas sur les marchés pour investir. Statistiquement, ce type de scénario se passe rarement comme prévu et souvent les investisseurs sous-investis finissent par "courir" après la hausse du marché… Et c’est encore plus vrai en fin d’année, période à laquelle on assiste souvent à des rebonds aussi violents que difficilement explicable sur de simples raisons de macro ou de micro-économie.

Enfin les banques centrales restent incontournables : quoiqu’on en pense, elles continuent par leur politique accommodante, à soutenir la valorisation des actifs.

Par conséquent, à condition d’être réactifs et concentrés sur quelques actifs liés à la zone euro, il peut être tentant de se laisser porter pour profiter d’une fin d’année meilleure. Par contre, il faut toujours rester prudents voir à l’écart, comme nous le faisons, des actifs émergents, du Japon et des obligations High Yield (obligations d’entreprises les moins bien notées), dont le couple rendement / risque nous parait pencher du mauvais côté. 

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