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Le Premier ministre turc Erdogan a bloqué Twitter.
Le Premier ministre turc Erdogan a bloqué Twitter.
©Reuters

Revue de blogs

Twitter, ennemi politique numéro un : comment contourner la censure

La Turquie, à la veille des élections municipales du 30 mars, a bloqué Twitter. Le réseau social, devenu le poumon de l'opposition dans de nombreux pays, est l'ennemi politique numéro un.

illustration du blog Yolar

Le Premier ministre turc Erdogan, qui n'est pas à une énormité près, a bloqué Twitter pour que des enregistrements et révélations sur des affaires de corruption un peu trop proches ne fassent pas surface, en soulignant bien qu'il se fichait de ce que dirait la communauté internationale.

L'Europe a tonné et même Hollywood a donné de la voix : Mia Farrow, Russel Crowe et d'autres stars se sont indignés sur le même Twitter. Rien n'y a fait : la Turquie a encore renforcé le blocage pour que les tentatives de contournement échouent et songerait même à bloquer Facebook et d'autres réseaux sociaux. Un coup de poing d'autant plus bizarre que, selon le blog d'universitaire L'observatoire de la vie politique turque, "beaucoup de ministres et de collaborateurs du premier ministre sont des utilisateurs assidus de Twitter où ils se sont faits encore remarquer récemment.(...) Depuis l’interdiction de Twitter, des responsables gouvernementaux de premier plan continuent à utiliser le réseau social. Abdullah Gül, le président de la République (turque), l’a fait quant à lui pour dire son désaccord, en affirmant : Comme je l’ai dit plusieurs fois, vu le niveau atteint par les technologies actuelles, il est impossible de bloquer un réseau social international comme Twitter. J’espère que cette affaire ne durera pas." Elle dure. Et le pouvoir turc n'est pas le seul schizophrène .

Caricature publiée sur le site Tekiano

Dans un premier temps, le siège de Twitter a donné publiquement le code informatique DNS permettant de reparamétrer un navigateur et d'échapper à ce blocage et Google a également tendu la main aux Turcs. Des DNS alternatifs ont vite circulé sur les réseaux sociaux. Ils ont été à leur tour bloqués par les FAI (fournisseurs d'accès) turcs, sur ordre du gouvernement. Ne reste plus pour l'heure aux twittos turcs que l'option officielle "Twitter par SMS", peu commode et coûteuse. 

A la suite des éléphants de la cybercensure, la Chine et l'Iran, une multitude de gouvernements, après s'être montré enthousiastes à propos des réseaux sociaux pour leur communication personnelle, montrent les dents contre ce qu'ils ne parviennent plus à juguler : le pouvoir de diffusion mondiale et d'organisation des réseaux sociaux. Tout récemment, le Venezuela a frappé pour tenter de bloquer l'organisation des manifestations populaires. Les pays du Golfe se font une spécialité de la peine de prison lourde pour un unique tweet. Le Mexique se durcit, au nom de la "sécurité nationale". La Russie, en mode belliqueux dans le monde réel, l'est également dans le cybermonde. Hackers, arrestations, piratages, capture de mots de passe sont devenus le lot quotidien des internautes un peu trop bavards et repérables sur le territoire national. 

L'oppression a cependant provoqué une réaction technologique pour contourner la censure. 

Le vétéran des outils d'anonymisation et de contournement de la cyber-censure, TOR, est pris d'assaut, même si le téléchargement n'est pas toujours simple depuis les pays à qui il est utile. Un graphique montre l'explosion des téléchargements et utilisations du logiciel depuis la Turquie.

Rojbas donne également la marche à suivre pour utiliser un VPN (Virtual private network), un réseau crypté très utilisé dans tous les pays censurés.

BRG signale le lancement d'une alternative parmi d'autres, Twister, créée d'abord pour échapper au contrôle de la NSA aux Etats-Unis mais qui pourrait être comme d'autres un QG de résistance. Il permet un échange de pair à pair sur un réseau crypté avec la plateforme Bitcoin comme ombrelle protectrice et anonyme.

Gliph propose également une option de tchat crypté et d'adresses mail "jetables" pour augmenter la sécurité. 

La tendance étant aux messageries sur mobile de style Whatsapp, la tendance "sécurité" et "confidentialité" a aussi ses spécialistes sur ce front, comme Text Secure. 

Mais jusqu'à quel point ces réseaux sont-ils vraiment sûrs ? Un blog du New York Times se pose la question. Difficile en tout cas d'y retrouver le même pouvoir de diffusion que sur Twitter.

 

 




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