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Il restera d'abord de ces tempêtes un patrimoine énorme de photos et de vidéos de vagues géantes sur YouTube et Flickr.
Il restera d'abord de ces tempêtes un patrimoine énorme de photos et de vidéos de vagues géantes sur YouTube et Flickr.
©Reuters

Revue de blogs

Tempêtes : que restera-t-il d'un hiver infernal ?

La Bretagne et l'ouest devraient bientôt être sortis d'affaire, mais cet hiver aura laissé des traces sur les plages, la faune et les esprits. Les lois sur la transition énergétique et le climat qui sont justement en attente vont-elles en tirer les conséquences ?

Intempéries, un blog de design pour T-shirt, s'est retrouvé propulsé en tête des résultats de recherches sur Google, sans bien sûr l'avoir cherché. Il ne fallait pas s'appeler comme le mot de l'année sur la cote Ouest. Maintenant que l'accalmie que les riverains espèrent s'approche, que reste-t-il d'un hiver infernal ? Les premiers bilans, relevés et les premières opinions laissent à penser que les écologistes et les puristes de la loi Littoral ont un boulevard et le soutien de l'opinion devant eux.

De cet hiver horribilis, il restera d'abord un patrimoine énorme de photos et de vidéos de vagues géantes sur YouTube et Flickr.

Photo Kate053 sur Flickr

Fans de Bretagne propose des images de méchantes vagues photogéniques. Un "paysan kiteur" de Dol a réalisé des photos et vidéos des tempêtes à Saint Malo, qu'il vend sur son site.

Jamais les cartes météo n'auront été si consultées, familiarisant toute une génération avec les tracés pointillés des vues satellites. Brindherbes, blog écologiste, a lui publié une cartographie d'anomalies climatiques qui seraient actuellement à l'étude : "Voici deux anomalies thermiques (les zones rouges déterminent des t° de +2 à +5°, les bleues -5 à -1°). Leur origine est en phase d’étude, car le climat ne peut plus être le seul vecteur de ce phénomène ! Mais l’air chaud qui s’en échappe engendre bien des perturbations climatiques régionales."

Les Moutons enragés, blog écologiste, a cartographié une anomalie climatique : les poches d'air chaud ci-dessous ne sont pas normales et provoqueraient des perturbations locales, actuellement à l'étude.

L'autre matière à recherche est l'érosion brutale et rapide du littoral suite à un hiver de tempêtes. Témoignage.re résume le rapport qui vient de paraître sur la partie sud du littoral atlantique : "Des observations et des relevés ont été effectués sur la quasi-totalité du littoral aquitain, hors estuaire de la Gironde : sur la côte sableuse, de la Pointe de Grave jusqu’à l’Adour, sur la côte rocheuse entre l’Adour et la Bidassoa et sur le Bassin d’Arcachon. Les observations concernent différents types d’aléas en fonction du contexte : l’érosion côtière (recul du trait de côte et abaissement des plages), les submersions marines et les mouvements de terrain (glissements, affaissements, éboulements, chutes de blocs). D’une manière générale, l’ensemble de la côte sableuse aquitaine a été fortement érodée à l’issue de ces tempêtes (recul du trait de côte dépassant 10 mètres sur de nombreux sites). Les plages se sont fortement abaissées et aplanies, limitant ainsi leur résistance aux assauts de l’océan. Cette fragilité est renforcée par la disparition temporaire des barres sableuses intertidales."

Une filière au moins est satisfaite : sur un blog de France 3 Picardie dans "Une tempête en or", on relève que les producteurs d'énergie éolienne sont contents : "Tous ces coups de vent ont eu une incidence très positive", explique Laurent Tokarski, responsable de l’agence Valorem d’Amiens. "Nous avons enregistré, au cours de quatre derniers mois, des productions bien supérieures à nos années de référence sur la plupart des parcs dont nous avons la gestion. A Criel-sur-Mer, par exemple, nous avons obtenu un rendement de plus 26 % par rapport à ce que nous attendions. Et malgré les tempêtes, très peu d’opérations de maintenance ont été réalisées. La plupart des machines ont produit à plein régime. Durant la nuit du 18 au 19 décembre 2013, RTE (1) a fait état d’un nouveau record de production d’électricité d’origine éolienne. L’opérateur indique sur son site une puissance cumulée de 6.108 MW vers minuit et demi, soit 9% du total produit (78% pour le nucléaire, 6% pour l’hydraulique, 4% pour le charbon, 3% pour le gaz et quelques litres de fioul)."

Subir ou Agir ? Les Verts ont saisi la balle au bond pour défendre, à la lumière de la si longue catastrophe, la nécessité de stopper l'urbanisation côtière et de changer d'énergie, dans une tribune sur TerraEco. Plusieurs lois sont en suspens et profiteront (peut-être) des images encore fraîches d'un hiver épouvantable à l'ouest :

"Les Français découvraient abasourdis les conséquences dramatiques de la tempête Xynthia sur la côte Atlantique, les 53 morts, les maisons dévastées, le littoral bouleversé. Tout l’hiver, la Bretagne a essuyé des tempêtes à répétition et a été noyée par des pluies sans fin. Il est évidemment impossible de relier un événement météo, aussi extrême soit-il, au dérèglement climatique en cours. Mais les scientifiques s’accordent sur le fait que, partout dans le monde, nous en vivons les premières conséquences. Si nous ne réduisons pas en urgence nos émissions de gaz à effet de serre, ils prévoient que notre vie quotidienne sera violemment percutée par la multiplication des canicules, tempêtes et cyclones, des sécheresses pour les zones arides, des précipitations pour les régions humides. Les zones côtières connaîtront quant à elles des submersions de plus en plus fréquentes et dramatiques."

La France a-t-elle seulement pris la mesure du défi climatique ? Sommes-nous vraiment condamnés à être les victimes d’un processus qui nous dépasse ? Des solutions existent pour modérer les conséquences du dérèglement climatique, mais elles dérangent : un kilowatt-heure (kWh) économisé sur la facture des ménages, c’est un kWh de moins dans le chiffre d’affaires d’EDF et d’Areva ; un litre d’essence économisé pour l’automobiliste, c’est un litre de moins dans le chiffre d’affaires de Total ! Il n’empêche : l’Ouest possède l’un des premiers potentiels européens en matière d’énergies renouvelables, terrestres et marines. A la France de choisir ! C’est l’enjeu de la loi de transition énergétique que le gouvernement doit présenter à la fin du printemps. C’est l’enjeu du paquet « climat-énergie » européen sur lequel les gouvernements doivent se décider en mars prochain."

 

 

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