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Social-démocratie française : prélèvements et redistribution à la scandinave, bilan à l'anglo-saxonne
©REUTERS/Miguel Vidal

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Social-démocratie française : prélèvements et redistribution à la scandinave, bilan à l'anglo-saxonne

Le problème n'est pas que la gauche de gouvernement ne soit pas social-démocrate, mais qu'elle soit aussi nulle en social-démocratie.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Je suis tombé sur une excellente tribune d'Henri Weber, cette semaine dans Libé, s'indignant du "procès en trahison libérale" régulièrement fait par la gauche de la gauche à Hollande en particulier et au PS en général.

Comment peut-on, demande le député socialiste au Parlement européen, dans un pays où les prélèvements (45% du PIB) et la redistribution (57%) sont de niveau scandinave (seul le Danemark fait mieux, ou pire selon les points de vue), émettre sérieusement l'idée que ses élites fassent désormais le boulot du grand capital apatride et n'aient plus que la casse sociale pour objectif ?

"Et jusqu’à quel niveau, persifle-t-il encore, faudrait-il porter ces scores pour mériter le doux nom de social-démocrate ? 60 %, 70 %, 80 % ?".

Quels que soient les critères observés, la France est effectivement une espèce de Scandinavie du Sud, où la puissance publique emploie 25% de la main d’œuvre salariée, surtaxe ses grandes fortunes et ses hauts revenus et fait passer les inégalités entre riches et pauvres de 1 à 3 à 1 à 8 après transferts sociaux. Excusez du peu. On a connu jungle plus sauvage.

Le hic, et c'est ce que Weber oublie de pointer, ce n'est pas que le PS ne soit pas social-démocrate (il  l'est, assurément), mais qu'il soit aussi nul en social-démocratie. Qu'il puisse se fixer les mêmes objectifs que la Suède ou le Danemark, se doter des mêmes moyens que la Finlande ou la Norvège, mais que son bilan soit aussi mauvais.

Les Français, de droite compris, n'ont de toute manière pas beaucoup de sympathie pour le libéralisme. Ils aiment la CAF, La Poste et la Sécu, les grandes entreprises industrielles que l’État possède ou contrôle au moins de loin, les règles et les normes qui leur disent comment passer de la maternité publique au cimetière municipal sans encombres. Ils détestent les trop gros salaires, les trop grosses voitures et les trop gros patrons.

Et pourquoi pas, après tout. Ça n'est pas spécialement flamboyant, ce n'est sans doute pas comme ça qu'on invente Google ou qu'on pose le pied sur Mars mais à chacun ses ambitions.

Ce que Weber oublie aussi de se demander, c'est comment les Vikings se débrouillent pour truster tous les hauts de tableaux, être les meilleurs en à peu près tout et n'importe quoi (égalité hommes-femmes, richesse par habitant, éducation, aide au développement, croissance, taux de chômage, relations sociales, liberté de la presse, innovation technique, environnement, agriculture bio, énergies renouvelables, bref, tout ce qui se mesure), quand les Gaulois dégringolent régulièrement dans les mêmes classements.

Et comment l'on se débrouille pour transformer un tel volume de dépenses publiques en autant de SDF, de mal-logés, de chômeurs de longue durée, de jeunes pauvres, de vieux pauvres, d'écoles inefficaces et inégalitaires, de seuils de pollution explosés, d'agriculteurs misérables, d'usines qui ferment, de couloirs d'hôpitaux dignes du tiers-monde...? Ou pourquoi un pays qui compte autant de fonctionnaires les entend constamment se plaindre d'être en sous-effectifs ?

Une nouvelle invasion normande, c'est peut-être ce qui pourrait nous arriver de mieux. La gestion par la Hollande ne nous réussit vraiment pas.

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