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Mélenchon face à un éventuel retour de bâton, Hollande face au doute et tous les candidats face aux psys
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Revue de presse

Mélenchon face à un éventuel retour de bâton, Hollande face au doute et tous les candidats face aux psys

Hollande et les jeunes ; Mélenchon, les lecteurs du Nouvel Obs en ont ras l'front ; les candidats face à leurs psys ; PPDA à l'académie ; Cécilia ne pipe mot ; Bertrand Cantat découvre le Mali...

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Mélenchon, ras l’front ?

Au NouvelObs, on ne peut sans doute pas dire trop de mal de Mélenchon. Ça s’appelle insulter l’avenir et c’est souvent une mauvaise idée. Alors on laisse les lecteurs s’en occuper, même s’il faut un préalable à leurs récriminations :  « Nos lecteurs fervents partisans de Mélenchon ne se plaignent plus d’un traitement insuffisant du leader du Front de Gauche dans « l’Obs ». Normal : les enquêtes furent nombreuses dans nos colonnes et ont d’ailleurs précédé l’envolée du candidat du Front de Gauche dans les sondages. Maintenant qu’il guigne au premier tour la troisième place, voire la seconde, c’est le retour de bâton. »

Et ça fuse : « « Je me méfie de ces tribuns qui savent si bien haranguer les foules que celles-ci semblent gagnées par une sorte d’euphorie hypnotique, complètement déconnectée de la réalité ». « J’ai attentivement écouté et observé Jean-Luc Mélenchon : l’Histoire ne nous a-t-elle pas déjà enseigné à quoi mène ce type de romantisme révolutionnaire ? »

« Jean-Luc Mélenchon est certainement le meilleur candidat de “la société du spectacle” analysée par Guy Debord. Il a une manière à lui de faire de l’Audimat : un discours vivant et proche des gens, un style à la Jean-Pierre Pernaut qui oscille entre le ras des pâquerettes et la philosophie poétique d’un Jean Jaurès. Jean-Luc, on l’aime ou on le quitte. Gare aux critiques ! La garde rapprochée du PC veille. »

Oh punaise, c’est dans le NouvelObs mais je n’aurais pas dit mieux…

Ah mais il y a aussi un dossier modèle «  Que Choisir ? » dans ce numéro, avec 10 programmes présidentiels au banc d'essai. Tout est passé en revue, ce n'est pas spécialement complaisant (« le dispositif hollandais des 500 000 emplois aidés est suspecté par certains économistes et quelques syndicalistes de créer un simple « effet d’aubaine » pour les employeurs sans véritablement résoudre le chômage endémique des jeunes et des seniors ». C'est qu'à l'Obs aussi, on s'est rendu compte de ce que les élections étaient le « temps des Pinocchio »« Plus on approche du vote, plus le nez des candidats s’allonge (...) Nicolas Sarkozy qui répète sur toutes les ondes que le pouvoir d’achat a augmenté de 1,4% chaque année, (...) Martine Aubry qui attribue deux tiers du déficit à la politique de Nicolas Sarkozy. Et François Hollande qui tripl le montant des cadeaux fiscaux accordés par le sortant aux plus aisés. Dans le brouhaha des bobards et contrebobards, il devient difficile de cerner la réalité ».

10 traumatisés résilients en course pour l'Élysée

Canon, la couverture du Point de cette semaine. On ne comprend pas immédiatement à quoi elle rime, mais canon tout de même !

C’est ce fameux procédé 3D dont je ne connais pas le nom (et que l’hebdo ne se donne même pas la peine de mentionner) qui m’impressionne, et qui ne laisse apparaitre la trombine des dix candidats à la présidence qu’en fonction de l’inclinaison du magazine par rapport à l’œil du lecteur. C’est canon, mais c’est aussi un peu gratuit puisque c’est pour illustrer un dossier sur « le diagnostic des psys » à leur sujet.

Le diagnostic des psys, il faut toujours s’en méfier un peu, surtout lorsque l’on commence à lire les mots « résilience », « blessures d’enfance », « désir de pouvoir », « traumatisme », etc. là où l’on préfèrerait tomber sur « crise », déficit », « Europe », « contrôle des dépenses »… Mais il parait que ceci découle de cela...

Selon le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, Marine Le Pen est la "psycho-Zorro qui vole au secours des vaincus de l'Histoire" de cette campagne.

Pour Joseph Messinger la gestuelle du président-candidat est celle d'un "adulescent cornarqué par ses images parentales (son surmoi)" qui n'aurait pas grandi depuis sa puberté. Faisant ainsi écho aux récents propos du PS qui le qualifie d' "enfant". Quant à François Hollande il serait en "contradiction avec sa vraie nature et la posture qu'il se sent obligé d'adopter pour faire président."

Pascal de Sutter soumet les candidats au profiling psychologique et et pour lui le volcanique Jean-Luc Mélenchon  est un "indigné susceptible"dont les "réactions disproportionnées masquent des déficits personnels : anxiété et mauvaise estime de soi"

 

Patrick Besson, qui s’était déjà fait taper sur les doigts en s’amusant de l’accent d’Eva Joly, va peut-être devoir se repasser de la crème sur les phalanges. Cette semaine, c’est à Stéphane Hessel qu’il s’en prend et chacun sait à quel point ça ne se fait pas. Mais il s’en contrefiche, le Besson. Il propose même carrément d’en finir avec saint Stéphane, qu’il trouve au moins aussi crispant que le docteur Dukan (le type du régime du même nom – je dis ça pour les maigres qui ne connaîtraient pas).

Mais de quoi s’indigne-t-il au juste, Besson ? Eh bien du dernier bouquin de Hessel (un pavé, pour le coup : 96 pages), dans lequel il fait du Hessel, comme d’hab. Je ne vous en dis pas davantage, hein ?

Des doutes sur la stratégie socialiste ?

L’Express ne fait pas follement confiance à François Hollande, cette semaine. Sa couverture, c’est « Va-t-il perdre ? » et les papiers qui suivent ont l’air de répondre oui : « Alors que Nicolas Sarkozy a retrouvé la hargne du candidat et que Jean-Luc Mélenchon cherche à surfer sur sa hausse dans les sondages, François Hollande veut faire taire les doutes naissants sur sa stratégie ».

Même « sa voix est rauque, grave et éraillée », parait-il… Mais là, il s’en fiche un peu parce que les « plus belles voix sont celles des campagnes électorales ». N’empêche, pour Christophe Barbier, « François Hollande s’étiole et François Bayrou s’éteint » pendant que Nicolas Sarkozy, « aujourd’hui combattant de rue et de ring » ne « manque ni d’audace ni d’idée ». Oui, pour les hebdos et depuis que Joffrin lui-même a lancé son « au secours Sarko revient » la semaine dernière, le candidat socialiste a l’air sacrément fragilisé. « Le panache, l’esbroufe et le bluff » attribués à Sarkozy ne lui font pourtant pas mériter un second mandat, constate pourtant Barbier…

Les jeunes : « On n’aime pas Hollande ! » (enfin, pas tant que ça…)

Alors là, je ne comprends plus, François Hollande est le candidat de la jeunesse, Challenges est l’hebdo frère du Nouvel Obs et l’on subodore qu’il le soutient un peu mais et c’est dans ses colonnes que j’apprends qu’en fait, les jeunes s’en fichent comme de leur première guigne ou presque. Bon, OK, j’avoue, c’est pas dit exactement comme ça. Ca dit juste que qu’il est loin de faire un tabac chez les 18-25 ans et même pas chez les 18-35 ans… Zut alors !

Sur ces tranches d’âge, « le candidat socialiste l’emporte largement, avec 55 % des voix dans cette catégorie. Mais on est loin des 63 % de Ségolène Royal.  Alors que, habituellement, c’est auprès des jeunes que la gauche réalise ses meilleurs scores, là, c’est chez les 35- 49 ans ».

Pire  « Les jeunes veulent des perspectives, du dynamisme et pas des allocations ou des contrats de génération. Ils sont nombreux à envisager de partir à l’étranger, dans des pays moins anxiogènes ».  Ouille.

Remarquez, on peut les comprendre puisque c’est aussi dans Challenges que je découvre que Décathlon veut ouvrir 880 magasins en Chine d’ici. Comme il n’en a encore que 593 dans le monde, pour une majorité en France. La Chine, elle est parfois flippante, mais elle sera bientôt moins anxiogène que la France.

Bon, elle s’énerve ou pas, Cécilia ? Et DSK, il a des ennuis ou pas ?

Je suis bien déçu ! J’attrape VSD avec sa couve alléchante montrant une Cécilia déterminée sous le titre super original « Les raisons de la colère » et j’imagine que je vais avoir la réponse aux méchancetés de Catherine Nay… Mais bernique ! Dans ce canard, il n’y a rien du tout.

Mais souvenez-vous : la journaliste politique se promène de plateau en plateau depuis des semaines pour vendre le bouquin dans lequel elle explique que l’ex-femme de Sarkozy est responsable du calamiteux début de quinquennat (L’Impétueux, chez Grasset) et l’on attend la réponse de la bergère à la bergère. On salive même. Tu parles ! Page 19, il suffit d’un paragraphe à l’auteur de ce papier survendu pour expliquer que Cécilia n’a pas voulu lui parler parce qu’elle avait autre chose à faire.

Bah, on a tout de même droit à son nouvel époux Richard Attias, lequel explique que, non, c’est pas sa faute du tout mais ça, je l’avais déjà entendu le dire sur une radio la semaine dernière.

Notez que je n’ai pas tout perdu quand même : quelques pages plus loin, un dossier exclusif titré « DSK dans une mauvaise passe ». Oh ben ça alors, c’est dingue. Et c’est chapeauté « Les revers s’accumulent pour le mari d’Anne Sinclair ». Dingue. VSD de cette semaine, les amis, c’est de la bombe !

PPDA académicien… Non, je plaisante ! Le Marsupilami oscarisé… Hum, là aussi c’est pour rire !

Un drôle de papier sur PPDA dans Télérama. A la fois bienveillant et super-méchant. Le « roturier rémois » qui se fait « Breton à particule », plagiaire et truqueur à ses heures, briguerait l’Académie française au titre de son œuvre considérable (60 opus). Je lis, je relis, je ne sais pas si c’est du lard ou du cochon.  Mais je lève la tête à la rédac d’Atlantico et on me dit que, oui, PPDA est effectivement candidat à l’immortalité. La vie est vraiment pleine de surprises. Si ça se trouve un jour ça sera mon tour. Non je rigole. A moitié.

Il y a plein d’autres trucs dans le canard culturel des profs et des instits syndiqués, mais je passe directement aux critiques ciné pour vérifier si le Marsupilami est un navet ou non. C’est de Chabat, avec Debbouze donc ça peut-être bien, mais c’est aussi l’une de ces grosses comédies françaises et ça peut être nul. Télérama lui accorde un « Ulysse » circonspect, c’est-à-dire un passable. Le papier aussi est passable et j’en ressors sans certitude. Il va falloir que j’aille lire Thomas Sotinel dans Le Monde.  

Amadou, Mariam, Bertrand et les autres …

Drôle d’appariement : Bertrand Cantat, rocker déchu tentant un retour, collabore désormais avec Amadou et Mariam, world musiciens maliens et, accessoirement, aveugles. On ne les aurait pas imaginés ensemble, l’Afrique et la Gironde, mais Les Inrocks disent que ça fonctionne même si les références citées pour nous donner envie sont tellement nombreuses et variées qu’on a du mal à se faire une idée (« Les Africains, Jimi Hendrix, Led Zeppelin, AC/DC, Manu Chao, Keziah Jones… »). Un Dimanche à Bamako meets Le vent l’emportera, on va voir s’il y a du souffle.

C’est un papier assez neutre sur la fin de campagne de François Hollande que propose encore l’hebdo rock, mais il s’ouvre sur une immense photo d’un ciel bleu où le visage du candidat socialiste apparait en tout petit dans un coin. Impression de flottement, de stress provoqué par la montée en puissance de Mélenchon (« Il y a toujours une surprise dans une campagne ») et la « vigueur des coups portés » par Sarkozy (« Il ne faut rien laisser passer »). Mais la confiance a l’air d’être là, même mesurée : « Je ne me vois pas gagner avec 60% des voix au second tour et je ne me vois pas perdre ». Ah ben non en fait : c’est une plaisanterie qui daterait d’il y a quelques mois…

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